Exposition sur l’ordre fontevriste à Tusson (16140) du 5 octobre au 18 décembre 2016

Morgane FLANDIN

L’ordre fontevriste à Tusson

Robert d’Arbrissel est un prédicateur qui fonde l’ordre fontevriste en 1101, un ordre qui a pour particularité d’être « double » (hommes et femmes) et d’inclure des personnes de toutes origines sociales. Il fait construire une Abbaye à Fontevraud (près de Saumur) pour en faire un lieu d’exaltation de la foi dédié à la prière et au travail, dans l’abstinence, le silence et la pauvreté.

Vous pensez que cela n’a aucun lien avec le village de Tusson? Détrompez-vous! Robert d’Arbrissel est venu jusqu’à Tusson, village qui naquit avec l’arrivée de l’ordre fontevriste, avec l’intervention de l’évêque de Poitiers, fonder un prieuré. Au plus fort de l’histoire nous avons dénombré plus de 150 prieurés fontevristes.

Venez découvrir l’histoire de l’ordre fontevriste et de son fondateur à la Maison du Patrimoine de Tusson au travers d’une exposition du 5 octobre 2016 au 18 décembre 2016.

http://www.clubmarpen.org/google451706b299b93125.html/2016/10/04/exposition-lordre-fontevriste-a-tusson-5-octobre-16-novembre-2016/

 

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Sept vidéos sur le prieuré d’Orsans; Commune de Maisonnais (18170)

Mémoires du Futur : Le Prieuré Notre Dame d’Orsan (Cher).

https://www.youtube.com/watch?v=C_yqgZJHFMs&feature=share

PAYSAGES : le prieuré d’Orsan et son jardin remarquable

https://www.youtube.com/watch?v=qTKuRv-KA14

Les jardins du Prieuré d’Orsan

https://www.youtube.com/watch?v=m9zs7lCgrno

le jardin médiéval du prieuré d’Orsan

https://www.youtube.com/watch?v=BdVuSCVaBRA

le jardin médiéval du prieuré d’Orsan

https://www.facebook.com/profile.php?id=100011419570291&fref=ts

Prieuré D’Orsan in the Berry Val de Loire

https://www.youtube.com/watch?v=IHn4gju9ORg

Prieuré d’Orsan in central France

https://www.youtube.com/watch?v=I72wxMQjgoQ

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Christine Delas-Wiker. Couvent des Hommes et Chapelle St Jean L’Habit (vestiges) -Tusson

Couvent des Hommes et Chapelle St Jean L’Habit (vestiges) -Tusson

Post  riche de  sept  photos

Les bâtiments existants sont plus récents (XV-XVII°) . Certains ont été restaurés, d’autres sont en cours de restauration.
Des fouilles ont été récemment effectuées à l’emplacement de la chapelle et ont été mises au jour diverses sépultures (études en cours).

https://www.facebook.com/christine.delaswicker/media_set?set=a.10206318948164689.1073743668.1596247433&type=3

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BRETAGNE ( Marie de ). 25 éme Abbesse et Réformatrice de l’Ordre.

Dite la première réformatrice de l’Ordre, Marie de Bretagne fut la 25 éme abbesse de Fontevraud de 1457 à 1477. Ses Armoiries sont « d’hermine au lambel d’azur semé de fleurs de lys d’or. Née de Richard, comte d’Étampes, seigneur de Clisson (fils de Jean V, duc de Bretagne) et de Marguerite d’Orléans, Elle Était cousine de Louis XII et soeur du duc de Bretagne François II.

vers 1438 à Pierrre Mariée de Rieux, Maréchal de France, Elle devint veuve au cours de la même année, à quatorze ans. Elle rejoignit Alors sa mère à l’abbaye de Longchamps where Elle se fit remarquer par sa grande piété, fils par Dévouement en vers les Pauvres et les lépreux Qu’elle soignait elle-même; Son oncle Arthur III désireux de la faire abbesse de Fontevraud, le départ de obtint l’Abbesse Marie de Montmorency grâce à l’intervention de l’évêque de Condom, Guillaume d’Étampes, et aux bulles papales.

Devenue Abbesse à Trente trois ans, Marie confronté à la ruine des prieurés, et au relâchement des Principes amorça en 1459 sa reforme qui était une retour à la stricte observance de la règle. Mais le visage aux Résistances et après le difficile Chapître général de 1461, Elle se retira  Quelques religieuses au prieuré de la Madeleine d ‘Orléans ou elle lle inaugura en 1475 sa reforme, assistée d’une commission de l’ONU Nommée par le Pape Sixte IV.

Le 13 mars 1476, le Pape promulgua une  bulle déclarant Les Nouveaux statuts obligatoires verser visite l’Ordre à partir de l ‘année suivante.

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Marie mourut le 19 octobre 1477, DANS LES fonctions, et FUT Inhumée les Réclamations des du Malgré Moniales de l’Abbaye de Fontevraud à la Madeleine d’Orléans where Elle Avait found refuge.

Le Mouvement de reforme AINSI AMORCE s’étendit sur Deux siècles et redonna à l’Ordre et spiritualité Prospérité.

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Mémoires du Futur : Le Prieuré Notre Dame d’Orsan (Cher)

Via la page FB d’Antoine Font, membre de l’APF,  Ajoutée le 24 nov. 2015

Fondé en 1107 par Robert d’Arbrissel, créateur de l’abbaye de Fontevraud, le prieuré d’Orsan abrite au cœur de ses bâtiments, monuments historiques du Berry, des jardins d’inspiration monastique médiévale, où l’utilitaire et la symbolique se mêlent intimement.

https://www.youtube.com/watch?v=C_yqgZJHFMs&feature=share

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Joëlle Gautier-Ernoul 1996. LE RENOUVEAU DE L’ORDRE FONTEVRISTE AUX XIXe ET XXe SIECLES.


LE RENOUVEAU DE L’  ORDRE FONTEVRISTE AUX XIXe ET XXe SIECLES

Joëlle Gautier-Ernoul, 1996. (Membre de l’APF- Association des Prieurés Fontevristes-).

L’histoire du renouveau fontevriste ne peut se concevoir sans évoquer l’ordre et sa 32 éme et dernière abbesse Madame d’Antin (1765-1792 +1797), ainsi que la période révolutionnaire qui frappa l’abbaye mère et ses prieurés, et le devenir de ces moniales et moines après la loi du 2 novembre 1789 confisquant les biens du clergé, et celle du 13 février 1790 supprimant les vœux perpétuels.

Mais avant tout je parlerai de Robert d’Arbrissel, ce « fou de Dieu« , qui fonde l’abbaye en 1101.

La particularité fontevriste tient moins à son caractère double qu’au pouvoir des femmes sur les hommes.

Le renom de Robert d’Arbrissel atteint le Pape Urbain II, venu prêcher la croisade à Angers (49000). Il l’honore du titre de « semeur du Verbe Divin« .

Robert d’Arbrissel prêche dans le diocèse d’Angers et connaît un immense succès.

LE TEMPS DES FONDATIONS (*)

(*) Les sous-titres sont  du webmestre  de ce blog.

Concile de Poitiers en 1100 :

Constitution de l’ordre afin de canaliser la troupe errante qui représente une gêne potentielle du fait de l’absence de structure.

Le vallon de Fontevraud, proche de la confluence de Loire et Vienne (Candes-Saint-Martin (37500)) se situe à la limite des provinces de Poitou et d’Anjou et non loin de celle de la Touraine. Il dépend de la  paroisse de Roiffé (86120), et donc du diocèse de Poitiers dont l’Évêque est Pierre II.

Robert d’Arbrissel est le « magister » d’une communauté de femmes et d’hommes qu’il appelle les « pauperes Christi« .

Il confie la direction de son ordre à une abbesse qui a toute autorité sur les moines et les moniales. Il ordonne que les hommes, à l’exemple de Saint Jean l’Évangéliste obéissent aux femmes et que celles-ci, à l’exemple de la Vierge, aiment et soignent les religieux comme leurs enfants, en référence aux dernières paroles du Christ en croix : « Fils, voilà ta mère. Mère, voilà ton fils.

Il crée des statuts visant à renforcer la sévérité de la règle bénédictine.Grâce à l’évêque  Pierre II de Poitiers http://www.martyretsaint.com/pierre-ii-de-poitiers/, l’ordre est placé directement sous l’autorité du Saint Siège qui à travers les siècles ne contestera jamais l’autorité de l’abbesse.

De nombreux dons sont consentis par les seigneurs qui agissent à l’instigation des évêques.

Robert d’Arbrissel poursuit sa prédication et crée des prieurés à travers la France, l’Espagne et l’Angleterre.

A la fin du XIIe siècle, 154 prieurés ont été fondés.

A partir du XIIIe siècle, l’abbaye connaît une longue décadence durant trois siècles. Les malheurs de la guerre de Cent ans dépeuplent les communautés. Dans les prieurés, le relâchement s’installe.

XV e SIECLE

Il faudra attendre l’Abbesse Marie de Bretagne – 25 éme Abbesse- (1457-1477) pour qu’un mouvement de réforme s’ébauche. Avec l’aide de conseillers délégués du Saint Siège, elle rédige de nouveaux statuts qui furent approuvés par le Pape Sixte IV en 1475.

XVII e SIECLE

Puis encore deux siècles pour que l’ordre retrouve sa prospérité initiale grâce aux abbesses de la famille de Bourbon pour finalement s’éteindre avec l’expulsion de la dernière abbesse Julie de Pardaillan d’Antin le 21 septembre 1792.

XVIII e SIECLE

Madame d’Antin, 36e et dernière abbesse (1725-1792)

Julie d’Antin est née le 2 avril 1725 à Paris, fille du duc et pair de France Monsieur Louis d’Epernon d’Antin.

Elle arrive à Fontevraud à l’âge de deux ans pour y être élevée.

A sa majorité, elle retourne dans le monde, mais demande bientôt de revenir à l’abbaye où elle devient novice en 1742, à l’âge de 16 ans. Elle s’occupe de l’éducation des filles de Louis XV.

Elle y devient professe en 1753, à l’âge de 18 ans.

A la mort de l’abbesse, Mesdames de France, c’est à dire les filles du roi Louis XV,  lui écrivent pour qu’il nomme Abbesse leur ancienne institutrice du temps  qu’elles étaient en l’Abbaye royale.

Ce qui fut fait le 10 juillet 1765 jour où elle  prit possession de sa nouvelle dignité

Trois jours de fête s’en suivirent ainsi que les manifestations suivantes

  • soutenance d’une thèse de théologie dédiée à l’abbesse
  • feu d’artifice donné par les religieux sur les hauteurs des bois

La nouvelle  Abbesse  se fit ensuite bénir à Paris afin d’obtenir la confirmation de tous les privilèges royaux. Son absence durera deux ans.

Madame d’Antin revient à Fontevraud le 3 septembre 1767.

Les carabiniers et les gardes de la prévôté de Saumur l’accompagnent jusqu’à l’abbaye où elle est accueillie par le prieur de Saint-Jean-de-l’Habit et par l’ensemble de la communauté.

Un dîner en son honneur, avec le Père Curé, réunit 29 personnes.

Elle va rendre visite aux moines de Saint-Jean-de-l’Habit, puis rentre par la grande porte, accompagnée par les religieux, les troupes de son escorte, et par plus de 2 000 personnes.

Un Te Deum est chanté dans l’église, et ce seront trois jours de festivités.

Le faste ne lui fait pas oublier la charge qui l’attend. Elle se consacre à l’administration de l’ordre, qui comprend encore 52 prieurés, et révise la Règle.

julie

                   http://www.cite-ideale.fr/julie-dantin-en-trois-mots/

La prospérité de l’abbaye n’est qu’apparente. Dès 1760, un édit ordonne la suppression des couvents isolés comptant moins de 16 religieux.

L’abbesse est obligée de fermer plusieurs prieurés dont celui des Loges à La Breille-les-Pins (49390).

P1060648.JPGUn relâchement s’installe chez les moines. Certains quitteront leur cloître pour aller vivre hors clôture à la Segrétainerie en bordure de l’actuelle rue Saint Jean de l’Habit  qui conduit au cimetière du bourg.

<——–( Photo de la Segrétainerie ci-contre)

Lettre de Madame l’abbesse en date du 17 juin 1786 :

Mandement du 17 juin 1786.

 » Chères filles et bien-aimées religieuses…

… mais aujourd’hui notre douleur est à son comble à la vue du triste spectacle de dissipation, de relâchement et d’insubordination qui règne dans la plupart de nos communautés où la piété, la ferveur, la régularité qui les caractérisaient autrefois ne nous laissent apercevoir aujourd’hui que les tristes restes de leur première splendeur.

Plusieurs de nos religieux, plus jaloux de briller aux yeux des hommes que de soutenir la gloire et la décence de leur état, rejettent avec mépris l’habit respectable que la religion leur a donné, pour lui préférer la soutane et même des habits courts, qu’ils ne rougissent point d’étaler dans les plaisirs du monde.

Ignorez-vous que dès les premières pierres d’un édifice commencent à tomber, tout s’ébranle, tout est sur le point de s’écrouler… »

La désaffection générale des monastères en France n’affecte pas Fontevraud car c’est un honneur pour une famille d’y faire entrer une de ses filles. Entre 1769 et 1789, il y aura 74 prises d’habits.

REVOLUTION

Le 2 novembre 1789, les biens du clergé sont confisqués.

La loi du 13 février 1790 supprime les vœux perpétuels.

Une seule moniale prêtera serment à la constitution civile du clergé national, Mademoiselle Delavau. Les autres moniales disent être bien à l’abbaye et ne pas vouloir la quitter.

Par contre, dans leur grande majorité, les moines préfèrent quitter l’abbaye et fonder une famille. Les autres refusent de prêter serment à la constitution civile du clergé et choisissent l’exil.

 

Le 19 juillet 1790, l’abbaye compte 70 dames professes et 39 sœurs converses.

La vie s’y poursuit tant bien que mal jusqu’en 1792 : le 17 août, un décret ordonne de libérer les maisons occupées par les religieuses.

La municipalité de Fontevraud, dont le maire est Alexandre Guerrier, ancien confesseur des moniales, https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2012/06/30/g-des-avis-divergents-sur-alexandre-guerrier-moine-defroque-de-saint-jean-de-lhabit-fontevraud-et-ancien-maire-de-la-commune/ donne à chaque religieuse une table, un bureau, une commode, un lit, un fauteuil et six chaises. Celles qui désirent rester dans la commune prêtent serment, la majorité décide de retourner dans leurs familles respectives.

Le 25 septembre 1792, Madame d’Antin est la dernière à quitter l’abbaye, déguisée en paysanne.

D’abord retirée à Angers, on la retrouve à Chartres (28000) en compagnie de l’ancien prieur de Saint-Jean-de-l’Habit. Elle mourra dans la misère à l’Hôtel-Dieu de Paris le 25 octobre 1797.

Les sœurs Liret, anciennes converses, Jeanne Rousseau, et Madame de Dillon, irlandaise de Dublin et ancienne sous-prieure vécurent à Fontevraud dans une maison de la Grande Rue( aujourd’hui rue Robert d’Arbrissel).

Elles ouvrirent une école pour les enfants du bourg et jouèrent le rôle d’infirmières.

Elles s’occuperont également de l’église paroissiale après la restauration du culte.

En 1794, Madame Aubert du Petit-Thouars, ex-chanoinesse de Fontevraud, fait une demande pour réclamer une partie des bâtiments de l’ancienne abbaye pour y loger trois ex-religieuses fontevristes qui vivent ensemble à Fontevraud et ne peuvent payer un logement à cause de leur moyens modiques. Elles n’ont reçu que le 1/6 de leur pension depuis trois ans, et ne vivent que des « petits ouvrages qu’on leur donne » ; elles pansent les malades et donnent des remèdes le plus souvent gratuitement.

Cette lettre fut-elle une approche pour essayer de faire revivre une communauté fontevriste à l’abbaye puisque Madame du Petit-Thouars termine sa lettre par « pourriez-vous accorder la même grâce à d’autres religieuses de cette même abbaye qui demeurent à Fontevraud par deux ou trois« , et précise « qu’il n’y aura aucune crainte qu’elles se réunissent en communauté« . Le renouveau fontevriste va suivre les événements politiques de l’époque.

 

Après la mort de Robespierre (28 juillet 1794), une accalmie se fait sentir, mais elle n’entraîne pas immédiatement la fin des persécutions religieuses.

Le 21 février 1795, la Convention étend la liberté du culte à toute la nation. La liberté continue sous le Directoire mais elle n’est pas entière. Les manifestations publiques, processions et cérémonies hors des églises, sont interdites.

DIRECTOIRE

Le coup d’État du 18 Fructidor an V (4 septembre 1797) ramène les Jacobins au pouvoir. Ils remettent en vigueur les lois persécutrices. Il faut attendre le Concordat de 1801 (15 juillet) pour que la liberté s’installe définitivement. Il n’est nullement question dans le Concordat des congrégations religieuses, mais le gouvernement commence à donner les premières autorisations aux sœurs de St Vincent-de-Paul durant les négociations du Concordat.

CONSULAT

Les instituts de religieuses sont nombreux à voir le jour, plus ou moins clandestinement. Le renouveau du catholicisme se marque avec vigueur dans la renaissance des monastères.

Le renouveau fontevriste s’établit dans trois petites villes, Boulaur (Gers), Brioude (Haute-Loire) et Chemillé (Maine-et-Loire), dès 1801, dû à la volonté d’anciennes moniales regrettant la vie monastique.

Après la mort de Robespierre, deux moniales du prieuré fontevriste de Longages  -31410-(diocèse de Toulouse), et quatre autres religieuses venant de Toulouse font un premier essai de résurrection dans l’ancien prieuré fontevriste de Boulaur (Gers). Les habitants de Boulaur les accueillent avec beaucoup de plaisir et les aident à s’installer.

Malheureusement au bout d’un an, elles doivent quitter les lieux suite à des tracasseries politiques. Tandis que les autres religieuses gagnent Toulouse, les deux fontevristes restent à proximité de Boulaur. Après le Concordat, les deux fontevristes réintègrent le prieuré (1801).

A la même période, quatre religieuses de l’ancien prieuré de Brioude (Haute-Loire), après avoir été recueillies chez des habitants de Brioude et subi ensuite onze mois d’emprisonnement, se regroupent en 1801 dans un immeuble qu’elles viennent d’acheter dans les faubourgs de la ville de Brioude. Elles ne peuvent s’installer dans leur ancien prieuré car les bâtiments claustraux sont occupés par la mairie et la chapelle est détruite.

En 1800 la ville de Chemillé (Maine-et-Loire) se relève péniblement de ses ruines. Le curé de la paroisse de Notre-Dame songe en premier lieu à l’œuvre scolaire car la jeunesse est privée de l’instruction chrétienne. En accord avec le maire de Chemillé, il fait appel en 1802 aux deux sœurs Rosé, anciennes moniales de l’Ordre de Fontevraud, l’une de l’abbaye mère, l’autre du prieuré fontevriste de la Regrippière (44330)- (diocèse de Nantes). Ces anciennes moniales avaient en 1792 trouvé refuge chez leur père à Angers et, bien qu’elles soient insermentées, avaient ouvert une école où elles enseignaient la musique, l’arithmétique, la grammaire et le catéchisme. Les autorités peu après les condamnèrent car elles donnaient à leurs élèves une éducation « antirépublicaine« . Elles se séparèrent et devinrent institutrices, l’une dans un château des environs de Saumur, l’autre au château de la Sorinière de Chemillé.

A partir de 1801, des suppliques sont adressées par d’anciennes religieuses de l’abbaye mère pour le rétablissement d’une communauté dans l’ex abbaye mère ou à la Sénatorerie de Saint-Florent.

Certaines moniales en 1802 abjureront le serment de Liberté-Égalité.

1 er EMPIRE

Le curé de Notre-Dame de Chemillé, en 1805, choisit les sœurs Rosé pour diriger une école de filles dans sa paroisse.

Peu à peu, les anciennes religieuses de l’abbaye mère se joignent aux deux sœurs. Ce n’est pas encore la restauration de l’Ordre, mais elles pensent à reprendre une vie régulière et suivre de nouveau la règle de Fontevraud.

En 1805, elles écrivent au cardinal Caprara https://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Battista_Caprara, nonce de Pie VII à Paris, et évoquent leur ancienne abbaye.

Le nonce leur répond que Fontevraud ne peut redevenir un asile de prière et de silence, car un décret de 1804 l’a transformée en maison de force et de correction. Il leur permet toutefois de reprendre une vie communautaire et de faire des vœux simples et provisoires. Le curé Alliot rédige des statuts provisoires.

 

Une première profession, l’une des toutes premières du diocèse d’Angers, a lieu en 1806, dans l’église paroissiale. Les vœux sont rédigés en latin, selon l’usage de Fontevraud pour les religieuses de chœur. La formule des vœux se rapproche énormément de celle prononcée dans l’ex abbaye.

Plusieurs religieuses fontevristes de la Regrippière, https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2013/08/08/l-le-prieure-de-la-regrippiere-en-vallet-44330-detruit-en-1793-par-les-colonnes-infernales/ ancien prieuré fontevriste du diocèse de Nantes, entendent parler de la maison de Madame Rosé. Elles sollicitent la faveur d’y être admises.

En 1808, les locaux deviennent exigus et Madame Rosé, avec l’aide de ses parents et des pensions des anciennes religieuses, de nouveaux locaux sont achetés pour y installer la communauté naissante.

En 1809, deux anciennes fontevristes de l’abbaye mère s’ajoutent à la communauté. Les habitants de Chemillé appellent l’immeuble « le couvent de Fontevraud ».

Quelques jeunes filles de Chemillé sont admises comme sœurs converses et vont prononcer leurs vœux en français (rite de l’ancienne abbaye).

 

Peu à peu la vie de la communauté s’installe avec l’école, l’instruction des novices après les heures de classe.

Ensuite, elles se réunissent dans la chambre basse qui sert de salle commune et de réfectoire. Les anciennes professes récitent le grand office, les jeunes professeurs et les postulantes récitent le petit office de la Sainte Vierge.

Après la prière, Madame Rosé prend la parole, leur raconte l’histoire de l’abbaye de Fontevraud, la vie des religieuses, et donne un avis sur la manière de tenir une classe.

D’autres religieuses demandent au Ministre Secrétaire d’État, Ministère de l’Intérieur, la cession de la maison de Saint Florent.

RESTAURATION

En 1817, les religieuses reprennent leur habit de religieuse, et une cérémonie de profession a lieu le 28 août 1817 en présence de nombreux centres de la région d’Angers, Seiches (49140) , Brigné (49700) , St-Rémy-en-Mauges (49110). Trois novices font profession de foi dans l’église de Notre Dame de Chemillé, et seront reconduites au couvent.

La nouvelle se répand dans la région. Sept ancienne religieuses de l’abbaye viennent à Chemillé, avec l’espoir de retrouver leur vie cloîtrée, orante, et observer la règle sous laquelle elles avaient prononcé leurs vœux.

 

En 1818, elles obtiennent l’autorisation de construire une chapelle et d’y conserver le Saint-Sacrement. Cela leur permet d’organiser d’une manière plus régulière leur vie conventuelle, de visiter le Saint-Sacrement sans sortir de la communauté.

La bénédiction de l’oratoire a lieu le 22 janvier 1818. A cette occasion, Monseigneur Montault, (Charles Montault des Isles ?  http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1988_num_95_3_3294 évêque d’Angers, va nommer un confesseur ordinaire pour les religieuses.

En 1819, Madame Rosé écrit au Souverain Pontife afin de donner à son monastère le nom que portait le principal cloître de Fontevraud : Sainte Marie de Fontevraud. Elle fait également une demande auprès de Monseigneur Montault pour avoir un aumônier.

A partir de 1820, le but de Madame Rosé est de restaurer l’ordre de Fontevraud. Monseigneur Montault, entrant pleinement dans ses vues, entreprendra toutes les démarches auprès de la Papauté.

Pendant ce temps, Madame Rosé agrandit la maison, établit la clôture, construit un parloir, bâtit deux chambres basses et deux dortoirs car les pensionnaires sont de plus en plus nombreuses.

Deux anciennes fontevristes venues du prieuré de Montaigu (85000) se joignent à la communauté.

 

pont-neuf-1817

le Village du Pont-Neuf de Montaigu, 20 ans après le passage des troupes révolutionnaires (en rose, les bâtiments encore utilisés ; en jaune, les bâtiments ruinés – cadastre de 1814); http://montaiguvendee.fr/cms/index.php?page=montaigu-histoire-et-citoyennete

Deux ans plus tard, madame Rosé est très inquiète car elle n’a aucune nouvelle de la Papauté.

 

La vie continue. Monseigneur Montault nomme son premier vicaire général comme supérieur ecclésiastique de la communauté, et fait procéder à l’élection canonique de la Supérieure. L’élection a lieu le 25 juillet 1822 et les suffrages désignent Madame Rosé.

Mais aucun acte de l’autorité ecclésiastique ne vient entériner cette nomination et donner à la fondatrice le droit de commander au nom de l’Église. Malgré son titre de supérieure, elle signait tout simplement Rosé religieuse.

 

Deux longues années se passent encore dans l’attente. Enfin, le 30 septembre 1824, Monseigneur Montault se présente à la communauté en qualité de visiteur. Il interroge chaque sœur en particulier : il veut savoir si elle désire suivre la règle du Bienheureux Robert d’Arbrissel.

La communauté est reconnue par la Papauté. Ce n’est plus la communauté religieuse de Chemillé, mais bien l’Institution de « Sainte Marie de Fontevrault ».

Approuvée par le Pape, Madame Rosé veut l’être aussi par le Roi. Un dossier dressé par Monseigneur Montault est adressé au Ministère de l’Instruction Publique et des Affaires Ecclésiastiques.

Madame Rosé voulait aussi construire une chapelle extérieure pour isoler complètement les religieuses.

L’approbation du Roi Charles X est reçue à Chemillé au mois de février 1827.

Enfin, Madame Rosé, pour établir la clôture, pose la première pierre de la chapelle extérieure en mars 1827. La bénédiction de la chapelle aura lieu un an plus tard. A la même époque, elle fait bâtir plusieurs parloirs fermés par une grille.

Monseigneur Montault leur accorde l’autorisation d’établir un cimetière dans leur enclos.

La clôture est totalement rétablie. Il a fallu 22 ans à cette communauté pour enfin vivre une vie monastique au couvent de Saint Marie de Fontevrault de Chemillé.

 

La reconnaissance légale de la communauté de Brioude n’est obtenue qu’en 1829.

A Boulaur, devant la menace de fermeture de l’établissement, les religieuses demandent l’autorisation légale d’exister. Elles ne l’obtiendront qu’en 1847, après une enquête auprès du maire de la commune qui écrit : »que l’esprit de charité, de sagesse, de religion et d’ordre qui préside à la direction de ces sœurs a toujours concilié et leur concilie plus que jamais l’estime et la vénération des habitants du pays« .

II nde REPUBLIQUE

Réunion à Brioude, 1849 

Les trois prieurés de Chemillé, Brioude et Boulaur vivent indépendants les uns des autres. Les prieures vont se réunir en 1849 à Brioude. Peut-être voulaient-elles recréer l’Ordre qui est déjà amputé de la branche masculine. Elles vont réciter ensemble les 48 articles de la règle et unifier leur coutume.

Elles ne vont pas réformer l’Ordre de Fontevraud en plaçant une abbesse à la tête de l’Ordre : chaque supérieure dirigera indépendamment son couvent. Peut-être les évêques des trois diocèses n’ont-ils pas voulu voir diminuer leurs prérogatives sur ces couvents car l’abbaye de Fontevraud dépendait directement de la papauté.

 

Translation des cendres de Robert d’Arbrissel

Quelle ne fut pas la joie des religieuses de Chemillé lorsqu’elles reçurent en 1847 l’autorisation de la Préfecture d’Angers de transférer les cendres de Robert d’Arbrissel, le fondateur de l’Ordre de Fontevraud.

 

p1140729

  Les cendres qui sont restées depuis la Révolution à la Centrale de Fontevraud.

Elles écrivent à M. Lucas, Directeur de la Centrale. La capse qui renferme les cendres du Bienheureux Robert est remise aux religieuses de Chemillé le 22 octobre 1847. Cette capse en plomb, de forme ovoïde porte l’inscription suivante :

 » En ceste capse sont les os et cendres du digne corps du vénérable Robert d’Arbrissel, instituteur et fondateur de l’Ordre de Fontevraud, selon qu’on les trouva en son tombeau quand il fut livré et érigé en ce lieu pour faire le grand autel par le commandement et bon soing de digne abbesse et chef du dict Ordre Madame Louise de Bourbon le 5 octobre 1622« .

Après la translation des cendres, les supérieures de trois prieurés de Chemillé, Brioude et Boulaur se mobilisent de 1848 à 1860 pour obtenir de la Papauté la canonisation de leur bienheureux fondateur. Elles se font aider par Dom Guéranger, abbé de Solesmes, et par les évêques d’une dizaine de diocèses où existaient avant la Révolution des prieurés fontevristes. Une étude sérieuse serait nécessaire afin de savoir pourquoi cette canonisation n’a pas été obtenue.

La vie se poursuit dans les trois communautés.

Vie des nouvelles moniales fontevristes

Chaque jour :

5h       Signal du lever

Oraison qui dure une heure

Messe

Office de Tierce

10h     Office de Sexte

12h     None

15h     Vêpres

18h     Complies

20h     Matines et Laudes

Avant la Révolution, elles récitaient Matines et Laudes pendant la nuit, à minuit et 3h.

Nous retrouvons comme avant la Révolution deux classes de religieuses : religieuses de chœur astreintes à la prière religieuse, et converses plus particulièrement affectées aux travaux manuels (jardinage, ménage, étable, etc.).

Ces converses, souvent appelées les « Marthe » du couvent, suppléent à la récitation des offices par des prières et le chapelet tout en travaillant.

Comment  devient-on religieuse

Postulat

Une future religieuse rentre au postulat qui dure de six mois à un an. Elle s’initie aux usages de la maison.

Ensuite, elle entre au noviciat : la postulante prend la vêture, vêtue de blanc, comme une fiancée, couronnée de roses, elle est conduite par la sous-prieure et la maîtresse des novices devant la Révérende Mère Prieure qui se tient près de la grille, côté de l’Épître.

« Ma fille, que voulez-vous ?

Ma Mère, je demande la Miséricorde de Dieu, le pain et l’eau, votre Sainte Société et l’habit de Sainte Religieuse s’il vous plait de me l’accorder« .

Elle est dépouillée des livrées du monde.

Quelques instants après, la porte du fond du chœur s’ouvre et la postulante s’avance tête nue, portant une large robe de laine blanche. Un fichu blanc entoure le cou. Les cheveux flottent sur ses épaules. Elle s’avance vers le chœur en chantant le Veni Creator, tenant à la main un cierge allumé, et va s’agenouiller devant la Révérende Mère Prieure qui lui coupera trois longues mèches de cheveux et prononcera « que les boucles qui tombent de votre tête vous apprennent à retrancher de votre cœur les vanités du siècle« .

Elle reçoit alors le voile, la guimpe, le bandeau, la ceinture de laine, la coule, le voile blanc, ce voile qui symbolise l’humilité et la modestie.

La postulante devient novice.

Le postulat dure 12 à 18 mois. Elle se prépare à la profession.

Le jour de sa profession, elle fera les vœux de chasteté, de pauvreté, d’obéissance et de clôture. La profession se fera en latin pour les sœurs de chœur, en français pour les sœurs converses.

A Chemillé, en dehors de la prière, les religieuses se partagent entre les travaux manuels, les travaux d’aiguille (comme dans l’ex abbaye de Fontevraud) et l’enseignement.

Des religieuses enseignantes

Depuis 1806, le nombre d’élèves augmente considérablement.

Les religieuses enseignent le catéchisme, la lecture et l’écriture, les mathématiques, l’histoire et la géographie, et aussi des travaux manuels, la couture ordinaire et l’art de broder.

A partir de 1817, un pensionnat est ajouté à l’externat pour recevoir les élèves des environs (Chalonnes (49290) , Trémentines (49340), etc.).

Après les anciennes religieuses de l’ex abbaye de Fontevraud, la supérieure constate un affaiblissement dans l’enseignement donné aux enfants par les autres sœurs. Elle envoie une des sœurs de Chemillé reprendre des études à Angers.

II nde REPUBLIQUE

Mais à partir de 1850, une école s’ouvre à Notre Dame de Chemillé. Elles s’inquiètent, mais la confiance des parents va toujours aux dames fontevristes. Tandis que les autres écoles perdent des élèves, celle du monastère remonte et rivalise avec « les meilleurs établissements de ce genre ».

III éme REPUBLIQUE

A partir de 1875 toute une série de lois va entraîner la laïcisation de l’enseignement. Dès 1880, Jules Ferry s’attaque aux congrégations religieuses non autorisées qui tiennent des établissements scolaires. Les religieuses sont très inquiètes sur leur avenir. Peu à peu toutes ces lois aboutissent en 1901-1904 à la loi sur les associations et spoliation des ordres religieux et l’interdiction d’enseigner à tous les congréganistes.

imagesDès le 17 juin 1902 Waldeck-Rousseau ordonne par décret la fermeture de 135 établissements congréganistes. Sur 12000 dossiers de demande d’autorisation, 7500 sont rejetés sans examen. La loi du 13 juillet 1904 rompt avec le concordat de 1801. La loi de Séparation de l’Église et de l’État est l’aboutissement de la série de lois de laïcisation prise par la troisième République. La promulgation de la loi de juillet 1904 vise exclusivement les congrégations enseignantes condamnées à disparaître avant dix ans. Cette loi supprime le budget des cultes. Depuis lors l’Église de France vit sans statut légal. Pour obéir au Pape, elle fait le sacrifice de ses biens et accepte résolument la pauvreté.

L’exil

Les religieuses tentent une démarche auprès de la Direction des cultes, alléguant que les communautés ne sont pas qu’enseignantes mais aussi contemplatives. Peine perdue car, dans l’optique du gouvernement d’alors, il convient de faire disparaître aussi les communautés contemplatives.

La suppression des communautés enseignantes met un terme à une période de prospérité et oblige les sœurs à s’exiler à l’étranger, condamnant à brève échéance le développement, voire l’existence même de l’Ordre.

Seules les sœurs de Chemillé obtiennent l’autorisation de demeurer dans leur prieuré à titre d’occupantes avec néanmoins l’interdiction de recruter et d’enseigner.

Boulaur

Les habitants de Boulaur vont en pèlerinage à Notre Dame de Cahuzac pour demander la conservation du monastère. Les pères et les mères considèrent la présence des sœurs comme un honneur et un précieux avantage pour le village.

Le liquidateur fait un inventaire et expulse définitivement les religieuses le 11 novembre 1904. Il fait appel à la force armée car les habitants de Boulaur défendent le monastère. Certaines religieuses sont accueillies dans les familles, d’autres vont se séculariser.

Les habitants vont les aider à s’exiler en portant par des chemins détournés les effets de religieuses jusqu’à la frontière espagnole.

Elles vont s’installer à Vera en Navarre.

Elles commencent par demander l’autorisation au gouvernement espagnol de pouvoir vivre en communauté, de les autoriser ensuite à revêtir leur habit religieux, à dire la Saint Messe chez elles tous les jours.

Les habitants de Vera vont les aider à s’installer, et l’évêque de Pampelune leur donne l’autorisation de vivre en communauté, de suivre leur règle, et d’ouvrir une école où elles peuvent enseigner le français.

En 1910, elles accueillent avec joie les religieuses de Brioude.

Et la vie continue. Elles recrutent parmi les espagnoles.

En février 1916, elles célèbrent le huitième centenaire de la mort du Bienheureux Robert d’Arbrissel.

Brioude

Les religieuses infirmes sont autorisées à rester dans leur couvent.

Les sœurs valides s’exilent dans la province de Navarre. Elles font deux essais de reconstitution à Lesaca et Elizondo, non loin de Vera où sont installées celles de Boulaur.

Elles enseignent le français, l’anglais et le dessin.

Mais les difficultés financières les obligent à se joindre à la communauté de Boulaur exilée à Vera en 1910.

Mais elles sont inquiètes pour celles qui sont restées à Brioude car le prieuré va être mis en vente.

Chemillé

Les sœurs valides de Chemillé veulent rejoindre celles de Boulaur et de Brioude en Espagne, mais aucun bâtiment n’est libre pour les accueillir.

Elles se dirigent vers l’Italie où elles s’installent dans une « villa » dès 1906 aux environs de Turin.

Le prieur de l’Ordre de Cîteaux en Italie, Monseigneur l’évêque de Turin et Monseigneur Baudriller Évêque d’Angers feront tout pour les aider à s’installer par des donations.

Elles projettent d’ouvrir un pensionnat.

Plusieurs prises d’habit ont lieu en 1911 et 1913.

Elles appellent leur villa  italienne le « Petit Fontevraud ».

La première guerre mondiale favorise le retour des religieuses : les exilées italiennes réintègrent Chemillé dès le début du conflit. Elles essaieront vainement de faire rapatrier leur mobilier et effets restés en garde meuble dans la cité du Bon Pasteur de Turin.

Durant la guerre, les religieuses ouvrent une ambulance, puis un hôpital où elles vont soigner les blessés de guerre.

Elles reçoivent des décorations en 1919.

Puis dès 1921 les relations officielles entre la France et le Vatican sont rétablies.

La vie communautaire reprend avec beaucoup de difficultés, sans reconnaissance légale.

 

Brioude (43100)

Le couvent est transformé en caserne pendant la guerre 1914/1918. Les religieuses infirmes occupent une partie des bâtiments.

Afin de les aider, deux religieuses exilées en Espagne reviennent à Brioude en 1916.

Le reste de la communauté exilée en Espagne regagne le couvent de Brioude en 1921.

Au début des années quarante, Brioude est fermée par l’évêque du Puy.

Les deux sœurs qui restent, après un séjour dans la communauté de la Visitation de Brioude, regagnent le prieuré de Chemillé en 1942.

 

Boulaur (32450)

En 1919 à la demande des habitants de Boulaur et de l’archevêque d’Auch, les religieuses exilées à Vera envoient deux d’entre elles pour préparer et restaurer leur couvent de Boulaur, en vue du retour de la communauté.

Les deux religieuses d’origine française vivront seules dans leur couvent de Boulaur.

En 1926, elles louent plusieurs pièces de leur couvent, ouvrent une école, un ouvroir, et espèrent le retour des exilées.

Mère Eutrope meurt en 1932. Mère Medous reste seule. Elle ouvre son couvent à des réfugiés espagnols en 1939. Puis un établissement d’enfants anormaux s’installe en 1940 avec tout son personnel.

Le retour des exilées ne se fera pas pour des raisons liées au recrutement opéré pendant les années d’exil : la presque totalité des sœurs est d’origine espagnole et elles ne se sentent pas d’affinité particulière avec la France.

 

En Espagne

En 1931, les troubles politiques en Espagne inquiètent la communauté. Des lois franc-maçonniques et de spoliation sont votées contre l’Église en Espagne. En 1932, l’enseignement libre est supprimé, et les communautés doivent avoir 1/3 de leurs membres de nationalité espagnole pour exister.

En 1933 les écoles tenues par les religieux sont fermées.

La communauté des religieuses exilées de Boulaur à Vera n’a plus de moyen d’existence.

Monseigneur Baudriller Évêque d’Angers refuse de recevoir ces exilées à Chemillé.

Le défaut de recrutement et les difficultés matérielles les obligent à fusionner avec la communauté bénédictine de Lumbier (Navarre) en 1941.

 

La Mère Medous, restée seule à Boulaur, y mourra en octobre 1960.

REGIME DE VICHY

Après la loi Pétain du 8 avril 1942 *,  le couvent Sainte Marie de Fontevraud à Chemillé sera reconnu légalement en juillet 1942.

  • Loi n° 505 du 8 avril 1942 modifiant l’article 13 de la loi du 1er juillet 1901

  • Art. 1er. – L’article 13 de la loi du 1er juillet 1901 est abrogé et remplacé par les dispositions suivantes :

        « Art. 13. – Toute congrégation religieuse peut obtenir la reconnaissance légale par décret rendu sur avis conforme du conseil d’État;

IV éme REPUBLIQUE

A la fin de la seconde guerre mondiale commence une période d’agonie pour la communauté de Chemillé, seule survivante, due au décès des sœurs et à la crise du recrutement.

La dernière fontevriste de Brioude vivant à Chemillé meurt en 1955. L’avenir des fontevristes est incertain. L’évêque d’Angers( Mgr Chappoulie) pense sérieusement à les intégrer dans une autre communauté.

En 1951, une association des « Amis de Fontevraud » est créée dans le but de perpétuer le souvenir de l’abbaye. En 1952, cette association fait estimer les bâtiments et jardins de la communauté des fontevristes de Chemillé dans l’espoir de les acquérir.

En 1953, Monseigneur Henri-Alexandre Chappoulie, Évêque d’Angers, leur rend visite et parle toujours de leur fusion. Il leur propose une fusion avec les Bénédictines Missionnaires de Vanves.

« Fusion extinctive »

Le 4 mars 1956, les fontevristes de Chemillé intègrent la congrégation missionnaire de Vanves (92170) http://www.benedictines-ste-bathilde.fr/ . Le monastère de Chemillé est en très mauvais état. Il est préférable de chercher une autre maison.

En 1959, elles s’installent à la Barre à Martigné-Briand (49540), où elles ouvrent une hôtellerie

Le 18 septembre 1963 a lieu la translation des restes des religieuses fontevristes et de leurs aumôniers de Chemillé à Martigné-Briand. A cette occasion, les Chemillois montrent leur gratitude envers les fontevristes sœur Thérèse et sœur Gabrielle.

« Le monastère de Chemillé est le dernier du Grand Ordre de Fontevraud qui fut si florissant en France » (Cardinal Feltin, Paris 1956).

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les gisants de Fontevraud revisités. Place à la couleur.

effigies-at-fontevraud-abbey-of-english-kings-richard-i-henry-ii-and-queen-eleanor

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L’accés à Fontevraud l’Abbaye un peu facilité par les travaux de raccordement de l’A 85 à l’A 10 (Tours) .

Les travaux de raccordement de l’A 85 à l’A 10 commencent la semaine prochaine pour fluidifier le trafic et éviter d’avoir à emprunter le périphérique.

Jusqu’à présent, l’automobiliste venant de Paris et désirant se rendre à Angers par l’autoroute était contraint de quitter l’A 10 au niveau de Joué-lès-Tours, d’emprunter le périphérique puis de « récupérer », beaucoup plus loin, l’A 85.

Mise en service en 2007, cette autoroute dite d’aménagement du territoire (NDLR : axe visant à désenclaver des territoires ruraux) assurait bien, via un échangeur, les connexions entre Angers-Poitiers, Poitiers-Vierzon, Vierzon-Tours mais pas entre Angers-Tours-Paris ni réciproquement.

Fin 2018, ç’en sera fini de ce « chaînon manquant ». La réalisation de cette nouvelle liaison par « enrichissement » de l’échangeur déjà existant était prévue dès la conception de l’A 85.

Elle induit la réalisation de deux bretelles autoroutières, de trois ouvrages d’art (sur l’A 85, sur l’A 10 et au-dessus de la bretelle de raccordement à l’A 10) ainsi que d’une barrière de péage commune aux deux bretelles.

…..

Les travaux de raccordement de l’A 85 à l’A 10 commencent la semaine prochaine pour fluidifier le trafic et éviter d’avoir à emprunter le périphérique.

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2016/11/17/Angers-Tours-l-A-85-va-se-raccrocher-a-l-A-10-2905740

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De nouveaux projets pour une nouvelle majorité au bénéfice de l’Abbaye de Fontevrault

Le projet de l’Abbaye de Fontevraud dévoilé en mode teasing… !

Les 12 et 13 novembre derniers, l’Abbaye de Fontevraud ouvrait ses portes à l’occasion des 900 ans de la mort de Robert d’Arbrissel, fondateur du site. L’occasion saisie par Bruno Retailleau, Président de Région de lancer son teasing sur son projet pour le site…

image: http://www.saumur-kiosque.com/images/articles/thumbnails/Video-Retailleau-Fontevraud_300x0.jpg

« Fontevraud doit devenir la marque de l’excellence de la Région », c’est ce qu’a une nouvelle fois scandé le Président de Région à l’occasion de sa première apparition publique à l’Abbaye de Fontevraud, samedi 12 novembre dernier, en prélude au concert de musique sacrée de l’ensemble vocal Macadam, moment fort des festivités des 900 ans de la mort du fondateur de l’Abbaye, Robert d’Arbrissel. Et tout comme ses prédécesseurs, Bruno Retailleau veut « apporter sa griffe » au site. L’un des sujets phares de la campagne des régionales, son projet est encore dans le flou, le nouveau directeur missionné pour le mettre en place, Antoine Godbert, ou encore la vice-Présidente au tourisme, Laurence Garnier ) et même le Président lui-même n’en dévoilant que des brides à chacune de leurs interventions. A minima, il l’a dit « ce projet sera dans la continuité mais aussi dans l’évolution. » Et de rajouter : « Depuis Olivier Guichard (NDLR Président de Région de 1974 à 1998), tous les présidents ont porté une attention particulière à l’abbaye, par delà les étiquettes partisanes. Je m’emploierai à la prolonger. »

Double exigence patrimoniale et intellectuelle

Sans en savoir beaucoup plus, le président a stipulé que le projet aura une double exigence, patrimoniale et intellectuelle, mais voulant « s’adresser à un public le plus large possible » en donnant « des clés de lecture de cette architecture », en créant « un parcours interactif » ou encore en revenant « à des grandes expositions patrimoniales tirées de grands fonds et musées français et européens». Et enfin, une annonce : Au printemps prochain, un grand colloque autour d’un sujet éminemment d’actualité en cette année électorale : « Autour de la notion de cité idéale, est-ce notre démocratie moderne peut encore porter un idéal ? »

Résumé de son intervention 4’16

En savoir plus sur http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=33877#0bGJ4aRULh8Ip6th.99

http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=33877

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Nuages sur les résultats financiers de « Fontevraud Resort » *

*http://www.societe.com/societe/fontevraud-resort-793129362.html

Edito de Michel Choupauvert : un flop à 21.3 millions pour « Fontevraud Resort » ?

Ils l’aiment leur Abbaye, les présidents de la Région des Pays de la Loire ! C’est le baron du Gaullisme Olivier Guichard qui a commencé les investissements dans lieu. Puis, le socialiste Jacques Auxiette s’est attaché à l’héritage de son prédécesseur. Le nouveau président, le vendéen Bruno Retailleau, en avait même fait un scud durant sa campagne, critiquant vertement les choix d’investissement… Il ne devait pas être loin de la réalité. Les élus viennent de faire un chèque de 1.1 millions d’euros pour recapitaliser la société d’exploitation « Fontevraud Resort » pour que « l’expérience » hôtelière continue dans l’Abbaye (Lire l’article du kiosque de ce jour). Un flop cet Hôtel Restaurant ?

image: http://www.saumur-kiosque.com/images/articles/thumbnails/fd_300x0.jpg

Souvenez-vous, nous sommes en juin 2015… Le Républicain Bruno Retailleau attaque son concurrent, sur « la gestion et les investissements à Fontevraud. » Le président en place alors, Jacques Auxiette, répond : « Le coût des travaux pour l’ensemble hôtelier s’est élevé en réalité à 19,2 M€ y compris l’Ibar de la Chapelle ouvert au public, loin des 25 M€ annoncés par la droite qui englobent d’autres travaux. (…) L’hôtel a d’ores et déjà réalisé 65% de ses objectifs de 2015, bien au-dessus des 20 à 45% annoncés de façon erronée par l’opposition. » (relire l’article du Kiosque :http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=33827). Tout allait bien alors… Aujourd’hui aux affaires, Franck Louvrier, le Monsieur Tourisme de la Région livre les chiffres. Il ne parle plus de 25 millions de travaux mais de 16 millions pour les réfections intérieures. Et surtout, il précise les déficits : – 790 000 euros en 2014 ayant nécessité une 1ère recapitalisation, – 152 000 euros en 2015 et, surtout, – 248 000 euros en 2016. (Ah !, ce n’est pas en un mois et demi qu’ils vont rattraper le retard)…

24 à 36 mois pour arriver à l’équilibre

Dans un article du Kiosque de mars 2014, au moment de l’ouverture du nouvel espace hôtelier, le directeur général de l’Abbaye, David Martin, annonçait qu’il faudrait 24 à 36 mois pour arriver à l’équilibre (relire : http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=25373). Bon… Il reste quelques mois pour réussir. Dans un commentaire pour répondre aux détracteurs du Kiosque, qui, pour beaucoup considérait que la gestion devraient être déléguée, (relire  : hhttp://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=17863) David Martin valorisait la création de 50 emplois et expliquait l’impact positif en termes d’attractivité pour la région. Mais surtout, il donnait rendez-vous début 2015 : « Mais comme souvent, il conviendra d’en faire le bilan non pas à priori, mais après une année de fonctionnement. Rendez-vous donc début 2015 pour juger à l’épreuve des faits et non des préjugés, si ce projet est vraiment « indécent » ou au contraire pertinent, et produit des effets bénéfiques pour l’Abbaye Royale et le Saumurois ! » Des chiffres que le Kiosque a demandé plusieurs fois, mais qu’il n’a jamais obtenus. Maintenant, on les a.

Alors pourquoi ce flop ?

Restaurer le patrimoine par une activité économique, c’est plutôt une bonne idée. Hop… Des travaux pour les entreprises et de l’emploi pour des salariés… Les loyers payés par « Fontevraud Resort » équilibrant les investissements, ce serait même parfait. Un léger déficit, pour « retour de taxes », pourrait même être toléré. Cela va peut-être venir. Mais pourquoi les touristes ne viennent pas ? Peut-être du fait de la situation géographique ? Il y a 900 ans tout juste, Robert d’Arbrissel avait choisi l’endroit pour créer sa cité idéale au milieu de « nulle part », pour être tranquille. Humm, cela ne tient pas, il y a des voitures désormais et la région est attractive. Le prix ? Non, il y a des clients pour ça. Un petit tour sur tripadvisor permet de comprendre. Tous les commentateurs adorent l’Abbaye. Pour l’hôtel et le restaurant, ce n’est pas pareil, les avis sont en majorité positifs, mais un tiers sont négatifs et nombreux sont du genre « bien, mais… » La qualité du service et la distance (300 mètres) entre le parking et l’entrée sont souvent critiquées. Beaucoup aiment le côté minimaliste et d’autres, par contre, le détestent. Une chose est certaine, c’est que la « déco » ne fait pas l’unanimité.

Le parti pris qui fait peur et ne plait pas à tous.

Les initiateurs ont fait un choix, celui de s’inspirer de l’histoire du lieu. A l’ouverture, l’architecte et designer, de dimension internationale, Patrick Juin, déclarait : « Je n’avais jamais fait un projet aussi sobre. Nous travaillons sur l’hôtel Plaza Athénée à Paris. C’est plus pétillant, plus artistique, mais c’est le projet qui veut cela. Notre approche ici est contextuelle. » Bah oui, c’est réussi… Je me rappelle avoir dit à mon voisin de table la première fois que j’y suis allé : « Chut, fais pas de bruit, tu va réveiller les bonnes sœurs. Heureusement qu’ils ne sont pas inspirés de la période carcérale de l’histoire du lieu… » C’est comme ça, l’atmosphère est glaciale, même si certains apprécient « l’expérience » comme on se plait à le répéter chez les cadres de Fontevraud, ce n’est pas certain qu’un directeur d’entreprise ait envie d’emmener ses salariés y passer une soirée de séminaire. Ces derniers, fatigués après une journée de travail et énervés par le fait de passer quelques jours hors de leurs foyers, n’ont pas forcément envie de passer une soirée de séminaire entre esprit monacale et pureté du design… Cela ne bouge peut-être pas assez pour eux et le patron n’a pas envie de se faire engueuler…

Finalement, c’est peut-être le mot séminaire que les décideurs ont mal compris.

Attendons de voir comment les nouveaux arrivants interprètent le sujet…

Michel Choupauvert

PS. Pour les 21.3 millions énoncés, nous avons additionné le chiffre donné par Jacques Auxiette en juin 2015 et la recapitalisation récente.

Article du 12 novembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

En savoir plus sur http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=33861#hp8Rzt9rdb7kTicS.99

http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=33861

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