-L- HISTOIRE DU PRIEURE FONTEVRISTE DE LENCLOITRE(86140).

NDLRB. L’original du texte  ci-dessus figure  à l’intérieur de l’église de Lencloître.

Histoire de Lencloître

Lencloître au XIe siècle                                                                                                                                                                                            Avant l’an Mille une villa d’une certaine importance était établie à quatre lieues à l’ouest de Châtellerault, dans une vallée fertile arrosée par de modestes cours d’eau, dont l’Envigne  et son affluent, la Fontpoise, et entourée de cultures variées de légumes, de vins et de chanvre.

Une charte du Roi de France Eudes, datée de 893, donne cette terre de Gironde à l’abbaye de Cormery dépendante de Saint-Martin de Tours.

Des pièces de monnaie romaines découvertes sur le sol attestent de l’établissement ancien des hommes sur ces lieux.

Robert d’Arbrissel naquit à Arbrissec ou Arbrissel près de Rennes en 1060. Brillant élève, remarqué par l’Archevêque de Paris, ville où il obtint le titre de docteur en théologie, il est rappelé par Sylvestre de la Guerche, Evêque de Rennes, qui le nomme Archiprêtre à vingt-cinq ans et lui donne pour mission de combattre la simonie et le concubinage, ce qui lui donne beaucoup d’ennuis et d’ennemis.

A la mort de Sylvestre de la Guerche, il préfère se faire nommer à Angers où il suit les cours d’écoles très renommées à l’époque et se fait remarquer par son austérité.

Un petit groupe de disciples se forme autour de lui, attirés par ses vertus, et le suit dans la forêt de Craon que lui donne Robert de sable, où il construit le monastère de Roë auquel il impose la primitive observance claustrale. Il est alors appelé à prêcher devant le Pape urbain II de passage à Angers où il consacre l’abbaye Saint-Nicolas bâtie par Geoffroy Martel.

Urbain II, enthousiasmé par le talent oratoire de Robert d’Arbrissel le nomme prédicateur apostolique. Il quitte la Roë avec quelques disciples et parvient aux confins de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou en un lieu nommé Font-Evrault où coule une fontaine, dans une vallée bordée de côteaux boisés et éloignés de toute agglomération.

Gratifié de ce domaine par le propriétaire, bienfaisant seigneur, il construit trois couvents distincts réservés aux vierges et dames restées vertueuses, aux malheureuses filles repenties et aux lépreuses. Les hommes construisent eux-mêmes leur couvent et l’ensemble groupe bientôt plus de cinq mille religieux et religieuses recrutés dans toutes les classes de la société et jusque sur les marches du trône.

Il donne la règle de saint Benoît à l’ordre et organise la communauté de telle manière que le couvent d’hommes appelés au rôle d’aumoniers et de travailleurs de la ferme, soit placé sous la direction des abbesses.

Apôtre infatigable, il repart et parcourt la France en prêchant dès qu’il rencontre le moindre auditoire. Il demande à l’Abbesse de Sainte-Croix de Poitiers et à l’Evêque de Poitiers leur aide pour Fontevrault et leur promet la fondation de cinq prieurés en Poitou.

Deux de ceux-ci furent créés, l’un à La Puiges et l’autre en forêt de Gironde où il reçut le nom de Sainte-Marie des Cloîtres en Gironde.

Le Pape Pascal II donna l’approbation par bulle, le 25 avril 1106 et l’Evêque de Poitiers, Pierre II soutint constamment Robert d’Arbrissel  dans son apostolat jusqu’au jour où ayant excommunié le Comte de Poitiers pour sa conduite scandaleuse avec Maubergeonne, femme du Vicomte de Châtellerault, le Comte exile Pierre II dans le château des Evêques de Poitiers à Chauvigny .

Se rendant à Orsan, prieuré fontevriste, Robert d’Arbrissel tombe malade, s’y fait ransporter et appelle à son chevet l’Archevêque de Bourges …. sa mort son corps…

Présentation du Prieuré.

En 1109, le prieuré existait richement doté de forêts et de terres de culture par le Vicomte de Châtellerault. Bâti sans doute par le même architecte que le prieuré de Fontevrault, il lui ressemble, par l’orientation des bâtiments, le nombre des salles, le style et l’ornementation. La cour carrée était entourée de bâtiments simples aux voûtes en plein cintre qui ouvraient directement sur un préau découvert. La sacristie, le chapitre et le réfectoire occupaient au rez-de-chaussée l’espace compris entre le cloître et les jardins. Un noviciat fut ajouté.

Du cloître la communauté pénétrait dans l’église par une belle arcade ( arcade murée  que l’on voit  au milieu du mur de l’église ci-dessus)  face à la porte latérale droite. L’église est bâtie en style roman de la seconde période. Trois nefs d’égale longueur, celle du milieu à peu près trois fois plus large que les collatérales, s’arrêtaient à un grand transept surmonté d’un coupole hémisphérique . L’édifice est légèrement dévié à droite, en forme de croix latine, couronné à son sommet d’une absidiole haute et profonde. Le transept était lui-même terminé par deux absidioles de proportion moyenne, une de chaque côté. Les massifs de colonnes sont ornés de chapiteaux sculptés de personnages, animaux, oiseaux et arbres symboliques. Un remarquable clocher supporté par de puissants arcs doublons couronne l’édifice.

En même temps que Robert d’Arbrissel fondait le couvent de religieuses, il créait le couvent d’hommes, placé comme à Fontevrault sous les ordres de l’Abbesse générale et des prieures locales. Les restes de ce couvent se trouvent sur le côté gauche de la place Notre Dame.

La chapelle conserve encore sa charpente remarquable et une niche dorée d’un angelot. Son nom était Chapelle Saint-Jean l’Evangéliste. Un tableau de Saint-Jean se trouve dans la collection de l’église Notre Dame et provient probablement de cette chapelle.

La dépendance des hommes par rapport aux femmes était une formule déjà en honneur à l’abbaye de Saint-Croix de Poitiers et dans plusieurs maisons de Camadules en Italie. Les dots parfois considérables des religieuses et la charité publique  très vive en ce siècle faisaient vivre ces communautés.

Aymeri, Vicomte de Châtellerault, René de Piolent, Pierre II Evéque de Poitiers et Roger Barbe dotèrent largement en fermes et en terres le nouveau prieuré . Autour de celui-ci se groupa une population  nombreuse et laborieuse. La nécessité des échanges et la vente du surplus des récoltes amena la création de foires le premier lundi de Carême et aux fêtes de Saint-Jean, Saint-Roch, Saint-Simon et Saint-Jude, moyennant redevance au prieuré.

Après contestation des édiles de Châtellerault  pour les dates de foires et sur supplique de Marie-Antoinette d’Orléans, un édit de Louis XIII fixe celles-ci au premier lundi du mois

La vie s’écoule alors sans incident notable à notre connaissance jusqu’au pillage et à l’incendie par les hommes de La Loue qui s’emparent de Châtellerault sur l’ordre de Coligny et se répandent dans les campagnes et à Lencloître.

Seule la défaite de Coligny par le Duc d’Anjou dans les plaines de Moncontour en septembre 1565 ramène l’ordre dans cette région.

La discipline, au fil des sicles, avait fléchi comme dans la maison mère de Fontevrault. Les abbesses étaient élues plus en fonction de leur richesse et de leurs relations, utiles d’ailleurs, que de leurs qualités monastiques. Les couvents d’hommes se rebellaient contre la domination des abbesses.

Le Prieuré au XVIIe siècle.

Une réformatrice allait naître en la personne d’Antoinette d’Orléans lointaine descendante de Dunois, le vaillant compagnon de jeanne d’Arc, et cousine de Henri IV. Née en 1572, elle est attirée par la vie religieuses mais ses parents à épouser un jeune seigneur de haute noblesse, Charles de Gondi. Devenue veuve et confiant ses deux enfants à ses parents, après avoir assuré leur avenir, elle s’enfuit secrètement au couvent des Feuillantines à Toulouse, au grand scandale de toute sa famille. Malheureusement pour son désir de retraite et d’oubli l’Abbesse de Fontevrault, sa tante Eléonore de Bourbon, n’arrivait pas alors à imposer la réforme  …   adjoindre malgré sa résistance sa pieuse nièce

Celle-ci resta six ans à Fontevrault en butte aux tracasseries et aux persécutions des religieuses peu ferventes et qui n’avaient pas la moindre envie de se laisser réformer.

Entre temps elle fit la connaissance de Joseph du Tremblay, connu sous le nom d’Eminence Grise, de Père Joseph, et alors conseiller de Richelieu. A la mort d’Eléonore de Bourbon, elle reçut enfin la permission de quitter Fontevrault pour Lencloître où elle fut installée par Richelieu et le Père Joseph, en présence de la Duchesse de Retz.

Antoinette remet en ordre le couvent et se voit confirmer par le pape Paul V dans ses fonctions de coadjutrice.

Dès lors, le Père Joseph s’installe à Lencloître et commence ses instructions, étend la réforme et construit un noviciat. Les bâtiments sont remis en état et trente postulants hommes sont admis.

Devant les vexations successives de la Supérieure Générale, le Père Joseph décide avec Antoinette de la création de l’ordre du Calvaire à Poitiers avec l’accord de Monseigneur de La Roche-Posay, Evêque de Poitiers.

Des travaux sont commencés entre Saint-Hilaire et la rive gauche du Clain, mais survint alors la révolte des princes royaux. Condé veut s’emparer de Poitiers mais sans succès. Un traité de paix est signé à Loudun en 1616, par l’intermédiaire du Père Joseph. Le Père Joseph demande alors au pape l’autorisation de quitter Lencloître et de fonder un ordre nouveau, ce qui est accepté après un premier refus par un bref du Pape. Un second bref autorise la fondation de monastères à Angers, Saint-Paul de Léon en Bretagne et Laval, à partir de religieuses sorties de Lencloître et sous l’autorité de Madame d’Orléans. Grâce à l’intervention de Marie de Médicis, les lettres patentes du Roi, nécessaires à la création, arrivent enfin.

Fondation du Calvaire                                                                                                                                               Le 25 octobre 1617, des carrosses arrivent à Lencloître, destinés à Madame d’Orléans et aux vingt-quatre religieuses choisies pour la suivre. Avec Antoinette d’Orléans montèrent les marquises de Villars, de Lisle du Rouey et leur suite.

L’installation eut lieu à Poitiers dans un couvent inachevé et en mauvais état mais la foi dans l’avenir régnait et l’absence de confort fut acceptée avec joie. La première messe fut célébrée par Monsieur de Kerguillic, Prêtre le plus dévoué au prieuré de Lencloître pendant la gestion d’Antoinette. Celle-ci, six mois après sa retraite de Lencloître, tombe malade et meurt le 25 avril 1618.

Le Père Joseph garde fermement la direction et alors commence les fondations du Clavaire de Paris et d’Angers que la mort prématurée de la fondatrice risquait de condamner à tout jamais.

Les sœurs de Lencloître sont dispersées à la Révolution et la chapelle du monastère devient alors écurie à chevaux et parc à fourrage.

Fondation de la commune de Lencloître                                                                                                        En 1805 fut inaugurée la nouvelle paroisse maintenant appelée LENCLOÎTRE composée d’une partie de la Commune de Saint-Genest comprise entre la Fontpoise et l’Envigne et toute l’ancienne paroisse de Boussageau.

L’église de Boussageau ayant été saccagée et brûlée à la Révolution, il n’en reste plus que la vieille statue de bois appelée la Bonne Vierge de Boussageau et la nouvelle église paroissiale de Lencloître( que l’on voit  sur la photo ci-dessus)  se trouve être l’ancienne chapelle prieurale restaurée et consacrée  en 1805, année du concordat.

Daniel Martin

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