Archives quotidiennes : 22 mars 2012

-P- Jean dit « Robert » PHILIPPOT (1889-1942). DEPUTE COMMUNISTE DU LOT-ET-GARONNE interné à FONTEVRAUD 1940-1941.

Jean, dit “Robert”, Philippot naît le 13 ou 14 mars 1889 à Castet-en-Dorthe (Gironde – 33), il est fils de marin.

Engagé en 1908 comme soldat-musicien, il est mobilisé à l’armée d’Orient durant la Première guerre mondiale, et participe à la campagne de Salonique. En 1923, il est élu Président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) pour le Lot-et-Garonne.

Dès 1920, Robert Philippot est militant du Parti communiste, membre du Bureau fédéral, et secrétaire de Rayon à Saint-Laurent, près de Port-Sainte-Marie, réputé en particulier pour ses qualités d’orateur.

Syndicaliste, ses activités politiques lui valent des sanctions : il est déplacé au Havre en 1923.

Domicilié ordinairement à Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne – 47), il est marié et a trois enfants.

Il est postier ambulant, puis, après sa démobilisation, facteur rural à Feugarolles (47).

Élu successivement Conseiller général du canton de Port-Sainte-Marie, conseiller municipal de cette ville, et enfin député du Lot-et-Garonne en 1936. À la Chambre, il est membre de plusieurs commissions : PTT, Marine marchande, boissons.

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Le 8 octobre 1939, Robert Philippot est arrêté pour “constitution du groupe Ouvrier et Paysan”, groupement politique créé pour se substituer au Parti communiste, lequel a été dissous après la signature de pacte germano-soviétique. Il est laissé en liberté pour raisons de santé.

Le 20 janvier, le Sénat et la Chambre des députés votent la loi de déchéance des députés communistes. En janvier 1940, Robert Philippot est de nouveau arrêté à Paris, au sortir de la Chambre des Députés, et écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 3 avril 1940, lors du procès de 44 députés communistes devant le 3e tribunal militaire permanent à Paris, il est condamné à 4000 F d’amende, cinq ans de privation de ses droits civiques et politiques et quatre ans de prison avec sursis. Mais il n’est pas libéré pour autant : le jour-même, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.

Peut-être est-il alors conduit à Baillet (Val-d’Oise – 95), au Nord de Paris, camp ouvert en septembre 1939 dans l’ancien parc de loisirs des métallos CGT, où 300 internés, principalement des élus et des militants communistes, sont internés jusqu’en avril 1940.

Le 30 avril 1940, Robert Philippot est parmi les 282 élus et militants communistes venant de la Région parisienne – en particulier de Baillet – qui arrivent au Fort de la Pierre Levée à l’Ile d’Yeu, escortés par 81 soldats français.

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En même temps, il est demandé au préfet de la Vendée de prendre des mesures pour remettre entre les mains du gouvernement de Pétain les 265 autres internés du Fort de la Pierre Levée pour les transférer en zone non occupée et sous l’autorité de Vichy. Les internés sont conduits sous haute surveillance en captivité dans le camp d’internement de Riom-ès-Montagnes (Cantal) en zone Sud, non occupée.

Le 11 octobre 1940, le préfet de police de Paris signe un nouvel arrêté ordonnant l’internement administratif de Robert Philippot. Il est conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé au début du mois d’octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt afin d’y enfermer des hommes connus de la police pour avoir été militants communistes avant-guerre.

Le 4 décembre, Robert Philippot fait partie d’un groupe d’une centaine d’internés « choisis parmi les plus dangereux » transférés, par mesure préventive ou disciplinaire (?), à la Maison centrale de Fontevrault-L’Abbaye, près de Saumur (Maine-et-Loire – 49) ; leur transport s’effectue en car et sous escorte. Les détenus sont enfermés dans une grande salle commune de la Centrale. Le 20 janvier 1941, sans être informés de leur destination, la même centaine d’internés est conduite à la gare de Saumur où les attentent deux wagons de voyageurs à destination de Paris-Austerlitz. À leur arrivée, ils sont conduits à la gare de l’Est. Ils y rejoignent 69 autres militants communistes en attente de transfert.

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http://www.memoire-vive.net/spip.php?article1161

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