-R- ROLE DES FEMMES DANS LA CHRETIENTE; L’Abbaye de Fontevrault citée en exemple.

Eblouissant et prématurément écourté, le destin d’Elena Cornaro Piscopia est fascinant.
Cette frêle jeune fille issue de la plus haute aristocratie vénitienne -les Cornaro illustraient fastueusement l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses familles de la sérénissime République de Venise- orne sa personnalité de talents si divers que l’on ne sait par où commencer.
Confronté à un esprit protéiforme et à un profil psychologique et humain si déroutant, la meilleure solution consiste probablement à se réfugier dans la quiétude réconfortante d’une banale déambulation chronologique.
Elena Lucrezia Cornaro Piscopia est née le 5 Juin 1664 à Venise.
….
En quelques années, la jeune fille maîtrisa parfaitement six langues en plus de l’italien, sa langue natale. C’est ainsi qu’elle parlait couramment le grec, le latin, l’hébreu, l’arabe, le français et l’espagnol, ce qui lui valut le titre exceptionnel de Oraculum Septilingue. A notre époque, les personnes parlant couramment sept langues demeurent encore des exceptions que les plus grandes administrations et les entreprises multinationales s’arrachent à prix d’or…
Son éducation ne pouvant se satisfaire d’une simple diversité linguistique, Elena apprit la grammaire, les mathématiques, la physique, l’astronomie et la musique.

….
Elena Cornaro Piscopia jouait à merveille du clavecin, de la harpe, du clavicorde (ancêtre du piano) et du violon. Ne pouvant se satisfaire d’être simplement une instrumentiste talentueuse, elle composa de nombreuses œuvres que sa famille conserva jalousement.
La liste non exhaustive de ses capacités serait notoirement insuffisante si l’on omettait les deux matières où son génie s’exprima avec le plus d’aisance : la philosophie et la théologie.


Le 25 Juin 1678 Elena passa brillamment son Doctorat de Philosophie devant un aréopage réunit spécialement à cette attention à l’Université de Padoue. La conclusion des Docteurs qui examinèrent ses compétences relatives à l’examen de deux thèses aristotéliciennes fut sans ambages et d’une clarté lumineuse car ils déclarèrent que : « ses connaissances surpassaient largement le niveau requis pour le Doctorat de Philosophie ».
Elena fut donc la première femme au monde à obtenir un Doctorat universitaire. Cet exploit ne fut renouvelé que 70 ans plus tard.
Afin de compléter encore l’étendue presque universelle de ses talents, il convient de préciser que la jeune vénitienne aurait dû simultanément passer son Doctorat de Théologie. Mais le Vatican s’y opposa fermement car une femme ne pouvait en aucun cas prétendre accéder à un tel niveau d’excellence.
Là encore, lorsque l’on se remémore le rôle des femmes dans la chrétienté depuis la mort du Christ jusqu’au XIVe siècle -l‘abbaye de Fontevraud par exemple était dirigée par des abbesses et les hommes étaient soumis à l’autorité féminine– on ne peut qu’être abasourdi en contemplant amèrement l’érosion permanente du statut de la femme.

http://oksanaetgil.skyrock.com/2773194120-Elena-Cornaro-Piscopia-une-ode-a-l-intelligence-et-a-l-humanisme.html

Advertisements

Poster un commentaire

Classé dans * Italie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s