-P- Petit dictionnaire amoureux du cinéma en Pays de Loire

Article mis en ligne le  vendredi 11 janvier 2013

Fontevraud

La qualité architecturale de l’Abbaye royale ne pouvait qu’attirer les cinéastes. Mais tous n’eurent pas la chance de pouvoir y tourner malgré leur souhait. Le tournage du film La Religieuse, film de Jacques Rivette d’aprés l’oeuvre de Diderot, y fut en effet interdit en 1965.

Le CNC (Centre national du cinéma) autorisa le tournage de la Religieuse, mais le fort catholique et réactionnaire Jean Foyer, ministre de la justice et élu de Maine et Loire, refusa que le tournage ait lieu à l’abbaye de Fontevraud, craignant une réaction électoralement catastrophique. C’est le maire socialiste d’Avignon qui autorisa finalement le tournage à Villeneuve‐lès‐Avignon. Les ennuis du film ne s’arrêtèrent pas là puisque les forces religieuses appelèrent à censurer La Religieuse, sans que personne lait pu le voir en salle. Les associations de parents d’élèves de l’enseignement privé et, surtout, de sœurs s’alarment dès 1965 : la présidente de l’Union des supérieures majeures écrit au ministre de l’Information Alain Peyrefitte et décrit : « Un film blasphématoire qui déshonore les religieuses ». Lequel lui répond : « Je partage entièrement les sentiments qui vous animent » et lui donne l’assurance qu’il utilisera tous ses pouvoirs pour empêcher le film de nuire à l’image de l’église.

Une vague de protestations s’ensuivra dont une lettre ouverte de Jean-Luc Godard à André Malraux, surnommé « Ministre de la Kultur ». mais il faudra un an pour que le film obtienne finalement un visa d’exploitation et sorte dans les salles. L’Office catholique français du cinéma continue cependant de vivement déconseiller le film, jugé immoral.

Bertrand Tavernier eut plus de chance en 1974 avec Que la fête commence, l’histoire du marquis de Pontcallec, membre de la noblesse bretonne, organisant un complot contre le régent. Un film pourtant bien plus libertin que le précédent, avec Jean Rochefort, formidable en ecclésiastique débauché, un Jean-Pierre Marielle, truculent et Philippe Noiret, magistral, qui animent un des films les plus réjouissants de sa décennie.

Le téléfilm La Dame de Montsoreau fut également tourné en partie ici.

Non loin de l’Abbaye royale fut également tourné un documentaire militant, Fontevraud- Fontevraud (1975), un film à réalisation collective divisé en trois parties : la destruction des sols agricoles par l’armée, la descriprion de l’activité économique locale, dont les champignonnières Blanchaud) la lutte des paysans contre l’extension du camp militaire.

Enfin Le Chant des Oiseaux, d’Albert Serra, a été partiellement tourné en l’abbaye de Fontevraud et dans le pays de Saumur.

http://www.versionoriginale.ouvaton.org/article.php3?id_article=1438

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Classé dans Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud

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