L- Dialogue d’outre-tombe avec Marie Leszczynska à propos de ses filles élevées à l’Abbaye royale de Fontevraud.

http://www.dialogus2.org/LES/fontevrault.html

Fontevrault
Anaïs Votre Altesse,Vos filles Victoire, Sophie, Félicité et Louise ont été envoyées en 1738 à Fontevrault pour y passer une dizaine d’années. Leur avez-vous rendu visite ?Avez-vous été vous recueillir sur la tombe de Félicité après son décès en 1744 ?Si ma question ne vous paraît pas trop indiscrète, est-il exact que l’enfant que vous avez malheureusement perdu à la suite d’une fausse couche en 1735 était un garçon (selon les médecins).Recevez tous mes respectsAnaïs
Marie Leszczynska Bonjour,Je n’ai hélas pas eu l’occasion d’aller voir mes filles à Fontevrault, mais je leur écrivais beaucoup. Elles sont parties seulement un an après mon dernier accouchement (et c’était le dixième) et je devais demeurer à Paris pour me reposer et pour demeurer auprès de lui, mais j’eus le malheur de faire connaissance, peu avant le départ de mes filles, avec sa maîtresse qu’il cachait depuis 1732, la comtesse de Mailly.J’espérais bien que cela ne durerait pas, qu’il ne s’agissait que d’une passade sans importance et que Louis reviendrait vers moi. Nullement. Combien aurais-je donné pour tout quitter, rejoindre incognito mes filles à Fontevraud, m’en occuper, même si le fait de ne plus enchaîner les grossesses ne me déplaisait pas. Même si j’avais encore auprès de moi Anne-Henriette, Louis et Adélaïde, mes autres filles me manquaient, celles à Fontevraud, et Marie Louise qui se maria un an après leur départ.On me les avait prises, on s’était chargé avec satisfaction de m’en ôter la charge, bien que ce n’était pas vraiment à moi de m’en occuper, mais je prenais beaucoup de plaisir à leur enseigner des petites choses, à leur chanter des chansons, à jouer aux cartes avec elles.Alors que Louis est à la chasse, je prends grand plaisir à écouter de la musique ou réaliser des aquarelles avec mes enfants. Après le départ de cinq d’entre mes enfants, ce fut pour moi un immense chagrin, une solitude infinie. C’est comme si une partie de mon être avait disparu avec elles.Et ce qui m’a «abattue» c’est la mort de ma petite Félicité, survenue la même année que l’atroce maladie qui s’est emparée de Louis. J’allais bien sûr me recueillir sur sa tombe, la réponse paraît évidente!Quant à votre dernière question, ma fausse couche, je pense qu’il s’agissait d’un garçon, mais je n’en suis pas sûre. Croyez-vous qu’une femme qui vient de perdre son bébé va se précipiter vers les médecins de la cour, en leur demandant de quel sexe était l’enfant? J’ai préféré oublier ce sinistre épisode de ma vie.

Sur ce, je vous laisse Anaïs,

Marie

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Classé dans Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud

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