Archives de Catégorie: Abbesses de l’Ordre

La magnifique tombe en cuivre de l’Abbesse Anne d’Orléans au « choeur » de l’Abbatiale de Fontevraud

La 26 éme Abbesse  (1477-1491)  de l’Ordre de Fontevraud Anne d’Orléans légua en mourant, à son ordre, des joyaux précieux, des vases d’or et d’argent, et

plusieurs autres objets de prix: pour la grande église, des tapisseries d’or et des livres « utiles et ornés ».

Pour consacrer la mémoire de celte seconde réformatrice morte le 9 septembre   1491, la 27 éme Abbesse  Renée de Bourbon( 1468-1491-1534)  fit ériger en 1498 , au milieu du

choeur du Grand Moutier une magnifique tombe en cuivre du poids de cinq cent livres (*)

  • Sainte Famille ; Tome II p. 572

L’Abbesse Marie de Bretagne et la réforme de l’Ordre de Fontevraud par Alfred Jubien p. 32

 

https://archive.org/details/MN5112ucmf_0/page/n33

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16986n/f210.image

 

 

 

 

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Classé dans Abbesses de l'Ordre

La vocation contrariée d ‘Antoinette d’Orléans-Longueville Feuillantine, un temps quasi Fontevriste puis fondatrice d’un nouvel ordre monastique avec l’aide du Père Joseph.

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb343631418

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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GRANDE DAME ET SAINTE MONIALE

Mme AnMMtt8 fOf!M!i~Lon~t~m~t)u!~ t)~e!t8-)~. fondatrice des de Notre-Dame du Calvaire

Dans les premières années de ce xvii* siècle, qui devait à tant de titres devenir gorteux dans l’histoire de notre paya, la jeune veuve du marquis de Belle-laie, née Antoinette d’Orléans-LongueiviUe, devenue par sa professiuii religieuse Mère Antoinette de Saiut«-5olu>lastique, fondait la Congrégation des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire. Une moniale du môm« Institut vient d’écrire une remarquable biographie de la vénérée fondatrice (1).

Elle était née au château de Trie, non loin de Glsors, en 1572.

Par sa naissance, et plus tard par son mariage, à 16 ans ellal épousera Charles de Gondi, marquis de Balle-Isle, Antoinette d’Orléans appartenait à deux familles qui jouèrent un rôle important dans notre histoire religieuse dans notre histoire, tout court, au xvipsiècle.

La première est une famille de sang royal oelle des Orléans-Longusville descendant de Dunois et allié aux Bourbons. Le père d’Antoinette, Léonor d’Orléans. avait épousé Marie de Bourbon, coualne germaine du père de Henri IV. Henri, leurs fils aîné, eut pour bellesœur la fameuse duohesae de Longueville, sœur du grand Condé, l’amazone, la frondeuse, dont les aventures et les passions allèrent s’expier au seuil de Port-Royal. Leur cadet, François, ne vaut la peine d’Ptre cité qu’en faveur de sa femme, Anne de Caumont, qui compte ̃ parmi ies saintes du règne de Louis XIII ». Deux sœurs de notre hérolne, Catherine et Marguerite, furent des religieuses dans le monde. C’est à Catherine de Longueville qu’il faut rendre l’honneur d’avoir instauré la première maison du Carmel en France. Charles de Gondi, marquis de Balle-Isle, mari d’Antoinette d’Orléans, était l’héritier d’une race beaucoup moins ancienne, venue d’Italie en France, au cours du xvi* siècle, pour chercher fortune au service du roi, et qui avait merveilleusement réussi, dans l’Eglise et à la cour. Amblj tleux, alertes, souples, intelligents et braves, oes Italiens, rapidement francisés, étaient, sous Henri IV, l’un, Albert de Gondi, marchai de France et duc de Retz; l’autre, Pierre, éveque de Paris et cardinal. Deux flis d’Albert, par la suite, président encore aux destinées du diocèse de Paris, qui devient m£me archevêché. Un de leurs frères, PhilippeEmmanuel, général des galères, ami de saint Vincent de Paul, entrera dans les ordres après son veuvage, mais aura un fils, le cardinal de Retz, qui laissera un renom moins édifiant.

Mariée a Parte, le 1″ mars 1588, en présenoe du roi Henri III et de la reine-mère Catherine de Médlols, à Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle, Antoinette d’Orléane vient demeurer avec son époux à la ooar frivole dHeairi III. Là, elle se fait remarquer par sa beauté et son esprit, mats plus encore par s« vertu, à tel point que « lorsque les reines permettaient à sors demoiselles d’honneur de se recréer et pa»»er le temps en quelque honnête divertissement, c’était toujours avec oette condition que ce fût en la présence de la marquise de Belle-Isle ».

Après l’assassinat du roi Henri III, Charles de Gondi, qui était entré dans la Ligue, ae retira au château de Ma-

checoul, dans le duché de Retz. Rangé sous les drapeaux du dur’, de Mereceur, chef de la Ligue, après 1 assassinat des Guise, le mari d’Antoinette se signale entre tous les seigneurs bretons par son zMe à défendre son parti. Zèle quelque peu intéressé, 11 faut l’avouer, car le marquis sollicita pour prix d© se& services le commandement du Mont-SaintMichel, place plusieurs fois prise et reprise par les ligueurs et leurs adversaire-s. Mais le duc de Mereœur l’avait déjà donné au sieur de Qnéroland. Le marquis de Belle-Isle ne renonça pas pour cela à son désir ambitieux. Il résolut de surprendre la plaoe et de s’en rendre maître, dans le secret dessein d’en faire le prix de sa paix avec Henri IV.

C’était une déloyauté il la paya de #a vie.

Averti du projet de son rival, Quéroland dressa un guet-ap**n» à la petite troupe qui devait investir le Mont-SaintMichel. Charles de Gondi y pi’rit, âgé de Ti ans.

Si. durant les huit anm union avec lui, le bonheur d’Anr« léans ne fut pas. sans nua£> .1

avait pas moins tendrfpnent .11 mari, et la mort tragique, à laquelie les circonstance» donnèrent le oflractèrp d’un assassinat, lui bris Sous le coup de son imin-e: ur, la jeune veuve nVnt plus qi. d»;sir fuir le monde et s’enfermer dans un cloître.

C’est ce qu’elle devait faire, trois anplus tard, en- 1899, api*s avoir mis urd: jà ses affaires domestiques et asaiin: l’a\<i nir de ses deux ills, Henri et Léonor «le Gondi. Telle Jeanne de Chantai (qui, en 1610. onze ans après elle, accomplira le même geste), pour éviter des luttes pénibles à ceux quelle aimait, et surtout pour garder entière sa force d’âme, la marquise de Belle-Isle prit congé desiens en prétextant un voyage à Toulous leur laissant croire qu’un procès qu’eli avait en cette ville nécessitait ce déplacement. Elle dut doni\ pour ne pas trahir son secret, dissimuler à ton- ̃• ̃» de son cœur.

1 Le couvent des Feuillantines de Toulouse, où s’enfermait Antoinette de Bell »Isle, était un couvent d’une pauvreté < d’une austérité insignes. Là, malgré d’in- croyables oppositions suscitées par la ta- mille, elle revêt l’habit blanc des Bén dictines de cette Congrégation. Le jour

i (1) Madame. Antoinette rt’Uttéan» Lon-

guevjllB, fort vnlume de 504 pages. n«n>-

j breuses illustrations. A Poitiers, impiî

l, breuses illustrations, A. Renault 4~t c

i raerle moderne. Nicolas. Renault et C

15, rue ArUiur-Banc, Prix 25 franc;-

de l’Epiphanie 1601, elle se lie 1 jamais à Dieu par la profession religieuse. Aux austérités de la règle viennent bientôt se Joindre, pour Antoinette <ir Sainte-Sonolastique o’est le nom qu’elle a reçu, des souffrances qu’elle n’avait point cherchées. Le 10 mai ltKM,elle doit. malgré ses réslstanoes, accepter la charge de prieure. Mais ce lu sera pas pour longtemps.

Le 4 juin 1605, le Pape Paul V lui ordonne de quitter Toulouse pour aller à Fontevrault, en Anjou, aider l’Abbesse Eléonore de Bourbon dans ses projets de réforme. Taone infiniment délicate et ardue, devant laquelle Sœur Antoinette ne tarde pas à se déclarer impuissante. Elle pensait à demander au Pape la permission de rentrer dans son clottre de Toulouse, quand la Providence mit sur son chemin de P. Joseph du Tremblay, œltu-là même qui devait devenir plus tard V • Eminenoe grise du cardinal de Richelieu.

Le romantisme du siècle dernier était Incapable de comprendre une nature aussi riche, un esprit aussi divers, aussi complexe aussi, s’est-il Ingénié à le travestir.

Il faut convenir que la silhouette, attentivement regardée, demeure pittoresque. François Leclerc du Trembla y (1571-1638;, gentilhomme et humaniste garde sous le froc une hardles«e de cavalier, une éloquence de poète. Son historien, M. Fagnlez, a montré en lui l’admirable auxiliaire et conseiller du grand «ardin&i. Et un autre érudtt, M. le chanoine Dedouvres, qui l’étudla pendant plus de trente ans, a profondément pénétré en son âme religieuse.

Le P. Joseph a voulu être partout un agent de reoonstltution chrétienne en ses négociations diplomatiques, comme en sa prédication, comme en sa dlrectiiia apirituelle, comme en- ses fondations monastiques. Ce moine san« oease en action est bien d&na la tradition de son Ordre. C’est un contemplatif qui, à la suite de son maître saint François, descend d» su montagne, par amour pour les hommes et s’en Irait volontiers precher Dieu au Maroc ou en %vpte Il court l’aventure. Il n’a ni préjugés ni oraintes. Serviteur de Jésus-Oirist et de dame Pauvreté, a va droit au but, dégagé de tous les soucis de ce monde.

Par deux fois, d’une façon miraculeuse, le P. Joseph fut mis, bien contre son gré, en rapports aveo la Mère Vntoinette. Sûr désormais de la volonté de Dieu, il prit, dès 1607, la direction de cette ame d’élite, qui venait, sur l’ordre du Pape, d’être nommée coadjutrice de l’Abbewe de Fontevrault. L’hostilité des moniales n’avait nullement déposé les armée, et la tâche de la réformatrice malgré elle devenait de jour en jour plue dlfnolle.

Un jour, tendis que le Père priait t avec ferveur devant un crucifix, 11 fut saisi oomme par une puissance surnaturelle, et 11 eut la révélation que la Mère Antoinette sortlratt do Fontevrault pour établir ailleurs un nonriolait de religieuses riéterméae. En même temps, Madame d’Orléans était l’objet d’une semblable faveur. D’un autre 00W, la bienheureuse Anne de Saint-Barthélémy, la sainte compagne de Thérèse d’Avlla, »pr^disait ausal au P. Joseph, en parlant de son œuvre Les commencements en seront confua, mats a la nn on parviendra à un grand Ordre.

Le 25 Juillet 1611, Madame d’Orléans, accompagnée de deux autres religieuses de Fontevrault, était reçue avec joie au oouvent de Lenclottre, en Poitou. Le cardinal de Richelieu, en personne procéda à l’installation de la nouvelle crwiljutrioe et prononça un discours devant la grille. Dix-neuf Sœurs acceptèrent, la réforme et firent refleurir la salnl.i’t » dans le clottre poitevin. Le P. Joseph se dévoua toute une année à cette restauration. Moln» de fllx an» après cent jeunes filles s’étaient adjointes à la fervente communauté.

Nouvelles persécutions, venant toujours de Fontevrault. L’œuvre de la Mère Antoinette et du P. Joseph est de nouveau en péril. C’est alors en 1616. que le P. Joseph part pour Home, résolu d’obtenir du Pape un Bref autorisant Madame d’Orléans à Instituer une ijingrégatlon bértfdicttoe Indépendante et i s’établir à Poitiers; ce qu’il obtient. Le 25 octobre 1617, 1 a Mère Antoinette quittait Lencioitre, où elle laissait 75 religieuses désolées, et venait s’Installer, avec 24 professes, dans le nouveau monastère de Poitiers, dédié à Notre-Dame du Calvaire.

La nouvelle Congrégation avait à cœur, avant tout, d’observer, dans sa rigueur la règle bénédictine. Elle se plaçait’ sous la protection de Notre-Dame au pied de la croix. Elle se vouait spécialement à la tâche d’implorer de Dieu l’exaltai ion de la foi et la délivrance des Lieux Saints. A Poitiers, la sainte fondatrice ne devait vivre que six mois, juste le t«mp« d’y implanter solidement la ferveur religieuse et d’y accueillir de nombreuses vocations. Vers la fin du Carême de 1618, la maladie triompha. Malgré lcs supplications des religieuses de Poitiers et de Lencioftre, le ciel l’appela et, le 25 avril 10t«. les tintements de la oloche du monastère apprirent la ville que l’illustre princesse Antoinette d’Orléans-Longwville, marquise de Belle-Isle, devenue pour l’amour de son céleste Epoux l’humble Sœur Antoinette de Salnte-Sctmlastique, avait cessé de vivre.

Tpllft est, dans les grandes lignes, la biographie de cette femme illustre, dont t’exercice de vertus héroïques, et, a pris sa mort. de nombreux mirarles ont consiirré lu mémoire. Les religieuses du (Jalvairp avaient bien des fois supplié in P. Joseph « d<* mettre en lumière la \j- de lf)iir Mère ». Le saint religieux se mit i ri t j tr;»v;< muluri » <w-<* n’iml» »»tisps nm:.iif-Mfis i Ll’u l’i.j’i, un religieux Feuillant (« ̃- -<mstraire à l’oubli cette grande- son travail ne devait voir le jour que deux siècle» après, on isr,5 par les soins de l’aumonier du C, Vendôme.

même époque, deux hagiorjv talent Mgr Bougaud, puis unard eurent la pensée d’écrire ‘̃̃’ Mère Antoinette. Maïs’, pour d’ inconnues, faute de temps fi » ‘r pieux dessein ne fut point <

Une If la Congrégation >\c, Notre-D.ii. ,t, iJalvaire, vient enfin de publier le livre dont nous venons le donner If! un bref résumé. Telle quelle,- -immaire suffira, nous

pour dnnnf-r aux V>r-xvir siècle, à i ‘histoire de l’Ordre Bénédictin, le désir do llrr ce livre el di s’eviifk’r au contact, ()• ‘iiic virMe et saiolc df> Madnn ;t»5 d’Or

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k413556d/texteBrut

Voir aussi :

https://www.francebleu.fr/emissions/au-nom-des-lieux/107-1/filles-du-calvaire

https://www.benedictines-ndc.com/antoinette-dorleans-feuillantine.html

https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2011/09/24/c-antoinette-dorleans-longueville-1572-1618-transferee-des-feuillantines-de-toulouse-a-labbaye-de-fontevraud-sous-peine-dexcommunication/

https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/tag/antoinette-dorleans-longueville/

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Classé dans Abbesses de l'Ordre, Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud, Département 86

Le vin du château d’Eternes( 86120). Le clos préféré des Abbesses de Fontevraud.

Un château de conte de fée

Il était une fois un château fort…

Idéalement situé aux confins du Poitou, de l’Anjou et de la Touraine, une situation stratégique par excellence, le château d’Éternes est bâti sur un ancien Château fort du IXème siècle.

photo 2

Cité par le Roi Eudes et le Roi Louis IV d’Outre-Mer dans leurs diplômes respectifs du 30 décembre 889 et du  5 janvier 942, Éternes est la propriété aux IXè et Xè siècle des chanoines de l’église de Saint-Hilaire.

Les siècles passent, les actes de propriété aussi… En 1379, il est fait mention du Prieur de St Ladre (autre nom du prieuré de St Lazare de Fontevraud), Éternes est ainsi une dépendance du Prieuré de Saint Ladre et verse la dîme à Fontevraud.

Clos préféré des abbesses de Fontevraud

Créée en 1101 par Robert d’Arbrissel, l‘abbaye de Fontevraud, d’inspiration bénédictine, est l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe.

Au Moyen-Age, le vin est un élément clé du quotidien, chaque habitant en consomme environ 3 litres par jour.
L’abbaye, situés non loin du Château d’Éternes, dispose de plus de 8000 hectares rattachés au château, permettant d’obtenir 4 hectolitres de vin blanc par hectare. La petite histoire dit que l’abbesse pouvait aller de Fontevraud à Loudun sans quitter ses terres (+de 20km)

Éternes reste le « clos préféré » des abbesses, si bien qu’un des moments solennels de l’année est la remise des premiers sarments de vigne, tout un symbole.

À cette époque, il n’y a pas de seigneur d’Éternes. Le domaine est mis en location par l’abbaye à des fermiers et les baux durent 5, 7 ou 9 ans. Dans ces baux, l’abbaye décrit tout ce qui doit être fait par le locataire : de l’entretien des fossés aux pratiques culturales et à la plantation des céréales. On apprend que les vignes d’Eternes, contrairement à la coutume, étaient faites à « long bois » et que la taille nécessitait l’embauche de journaliers (mais pas trop, l’abbaye veillait aux dépenses superflues). Ce sont les moines de St Jean de l’Habit qui se chargent de l’administration des domaines. Un logement à été construit en 1635 pour les héberger, notamment ceux « commis aux comptes et aux réparations ». 

La Révolution marque un tournant dans l’histoire du domaine

En 1790, l’inventaire d’Éternes mentionne : un logement de maître, celui du fermier et du métayer, le logement de 1635 pour les moines, une cour, un jardin, une cave, 37 arpents de vignes, un pressoir, un colombier. Le domaine fait 510 hectares à cette époque.

La Révolution donne naissance à une légende d’Éternes : les religieuses de Fontevraud (contrairement aux moines) refusent de se soumettre aux révolutionnaires et ce jusqu’en 1792 ! Aucune d’elles ne prononce le « serment civique », sauf une. Cette dernière obtient la permission de quitter l’abbaye. La légende dit qu’elle se serait donc sauvée avec une partie du trésor de Fontevraud, qu’elle aurait caché à Éternes… pour l’instant, il n’a jamais été retrouvé

Vendu comme d’autres monuments, le château est racheté en 1881 par le Colonel Charles Léonce Delavau (1827-1889), maire de Saix de 1884 à 1889.  Il réalise des travaux dans le style « néo-renaissance ». Lors de son décès, le château revient à son aîné Guy (1889-1899), puis à son frère, le général Gaston Delavau (1864-1951), maire de Saix de 1935 à 1945.

Pendant la deuxième moitié du XXème siècle, le château change de propriétaire régulièrement, jusqu’en juillet 1992, où il est acheté par Robert Marteling, qui s’investit dans la restauration de l’édifice et surtout la reconstitution du vignoble autrefois disparu.

Le temps des projets oenotouristiques

Robert Marteling était certainement prédestiné à cette vie de château !

Ce n’est pas son aïeul qui dirait le contraire : un noble chevalier, originaire de Marteling dans le Luxembourg, parti en croisade en Blason1099 avec Godefroy le Bouillon.

En 1992, le rêve devient réalité, avec ce coup de cœur pour le château d’Éternes. Il y séjourne depuis 2009, tout en continuant de gérer sa société spécialisée dans l’événementiel et l’agencement intérieur.

 

Faire vivre son château : tel est son crédo !

Éternes est un lieu magique propice aux soirées d’exception.
Alliance du charme, du patrimoine, de l’insolite, Éternes est un décor parfait pour les séminaires, les mariages, les soirées événementielles, avec entre autres deux salles toutes équipées de 220 et 100 personnes à disposition : Si vous êtes intéressé par la privatisation de salles du château nous vous invitons à prendre contacte directement avec le châtelain M. Marteling ! (si vous préférez le vin que la pierre alors contactez nous !)

Un vignoble de 35 hectaresphoto 3

Depuis 20 ans, Robert Marteling s’attelle à reconstituer son vignoble avec son équipe : investissement, plantation de vignes…
Aujourd’hui, pari réussi avec un vignoble qui a retrouvé son prestige d’antan et des cuvées puissantes et généreuses : Saumur blanc, Saumur rouge, Saumur Puy Notre Dame.

Découvrez nos vins sur ce site

Le chai, créé en 1999 a été décoré par l’artiste peintre hongrois Geza Szekelyi. Chaque cuve est numérotée (les Abbesses, la Chapelle, le Pigeonnier, le Clos des Aubreis, la Parcelle de la fuie, le Haut clos) et de magnifiques tableaux illustrent chaque saison.

http://www.chateau-d-eternes.com/le-domaine/notre-histoire/

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Classé dans Abbesses de l'Ordre, Département 86

Pour la première fois en trois siècles, une cloche est spécialement conçue pour trouver sa place dans le beffroi de l’Abbaye Royale de Fontevraud.

Culture. Le glas va à nouveau sonner à l’Abbaye de Fontevraud.

NDLRB. Et probablement pas que le glas étant rappelé ce qui suit : Le glas est la sonnerie de cloche signalant l’agonie, la mort ou les obsèques d’une personne, couramment un fidèle chrétien. Il peut être sonné entre le décès et les funérailles, mais également pendant celles-ci.https://fr.wikipedia.org/wiki/Glas

Pour la première fois en 3 siècles, une cloche est spécialement conçue pour trouver sa place dans le beffroi de l’Abbaye Royale de Fontevraud, comme pour inscrire dans l’airain un message pour les générations futures.

 

La cloche façonnée en Normandie telle qu’elle va arriver à l’Abbaye avant le démoulage en public (© Didier LAGET)

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Une cloche dans le beffroi de l’Abbatiale de Fontevraud, il y en a bien une, datant du XIXème siècle, mais elle ne sonne plus, son accroche étant fragilisée. Mais à compter de l’automne prochain, on pourra à nouveau entendre le glas sonner depuis le beffroi : une cloche de 170 kg en airain est actuellement en fabrication dans les ateliers de l’une des deux fonderies françaises encore existantes, la Maison Laumaillé en Normandie. Et le démoulage se fera en public le dimanche 21 avril à 16h, à l’occasion des animations du week-end de Pâques à Fontevraud (lire notre article par ailleurs *). Une cloche bien inédite, mêlant patrimoine et création, tous les dessins ornant la cloche étant des fenêtres, symbolisant ce qu’est l’abbaye aujourd’hui, des fenêtres sur le monde. « L’idée de cette nouvelle cloche c’est bien de s’inscrire dans ce qu’est Fontevraud, un lieu de patrimoine, mais aussi de création, une cité monastique, mais aussi une cité d’ouverture », explique Emmanuel Morin, responsable artistique site historique. « C’est un budget de 10 000 €, avec un amortissement de 300 ans », se plaît à dire Régine Catin, Maire de Fontevraud, mais aussi conseillère régionale et à ce titre membre du Conseil d’Administration du Centre Culturel de l’Ouest.Un parcours campanaire, une exposition de cloches inéditesAvant de prendre sa place dans le clocher pour les siècles à venir, la nouvelle cloche sera le clou de l’exposition campanaire « La chambre des cloches » qui sera visible dans l’Abbaye du 19 avril au 21 septembre. Parlant à tous, objet de culte, mais aussi objet d’art, dans une volonté de rendre audible et visible un patrimoine qui parle des hommes et des civilisations, « La chambre des cloches », installation artistique de Nicolas Barreau et Jules Charbonnet prendra place dans la galerie Renée de Bourbon, à proximité du logis du sonneur et à l’ombre du clocher de l’église abbatiale. Ainsi, pas moins de 12 cloches, dont les 2 de l’église Saint-Michel de Fontevraud seront suspendues. « Avec ce projet inédit qui mêle avec respect et audace, création et patrimoine, les deux artistes ont construit et installé une chambre des cloches, avec la connivence d’experts et de spécialistes de l’art campanaire : le campaniste Vincent Laumaillé (1), le fondeur Bergamo et le conservateur délégué des antiquités et objets d’art, Thierry Buron », se réjouit Emmanuel Morin.(1) Un campaniste est une personne spécialisée dans l’ingénierie des clochers (civils ou religieux) et assure l’installation des équipements permettant les sonneries de cloches.

Article du 30 mars 2019 I Catégorie : Culture

http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=49356

 

* Du vendredi 19 avril au samedi 21 septembre : Exposition / patrimoine & création « la chambre des cloches »
Cette 1ère exposition sur l’art campanaire à Fontevraud est une installation artistique scénographiée par le duo de plasticien designers nantais BARREAU – CHARBONNET mettant à l’honneur un savoir-faire multiséculaire : celui du campaniste et des objets d’art d’aujourd’hui. Accompagné d’un livret, le public découvre 3 espaces évoquant les cloches dans l’abbatiale, le cloître et le jardin du noviciat. Une exposition accompagnée d’ateliers famille, de visite thématiques et de conférence…
En partenariat avec l’Entreprise Lussault-Laumaillé. (Inclus dans le droit d’entrée)

http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=49337

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Classé dans Abbaye royale de Fontevraud, Abbesses de l'Ordre

La galerie des portraits des 32 abbesses de Fontevrault, nobles, illustres et saintes devancière de Marie-Madeleine Gabrielle Adélaïde de Rochechouart de Mortemart .

Ainsi qu’il est dit dans l’article de ce blog au quel conduit le lien suivant : https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2014/04/30/g-gardelles-jean-baptiste-de/

G- Gardelles (Jean-Baptiste de) l’ermite.

Né en 1607 de Henri IV et de Jacqueline de Bueil,  Antoine de Bourbon, comte de Moret,  se retira de  bonne heure du monde. Il établit un ermitage à Gardelles, à proximité de l’abbaye d’Asnières (49700. Cizay-la-Madeleine) et non loin  de Fontevraud. Il prit alors le nom de frère Jean-Baptiste. Il ne sortait  jamais de sa retraite. Cependant, il fit  exception pour aller rendre  visite à Fontevraud et  ceci grâce à l’intervention de M. de Dreux, marquis de Brezé, porte-parole des religieuses. Jean-Baptiste fut reçu par l’Abbesse  Marie-Madeleine Gabrielle de Rochechouart-Mortemart  qui fit faire  la peinture  de la salle capitulaire les représentant  tous les deux.

Et voici maintenant quelques échos de cette visite telle que la relate la 6 éme livraison en date du Samedi 7 novembre 1840 de La Mode: revue des modes ;

https://books.google.fr/books?id=15qcDBIt2lEC&pg=PA159&lpg=PA159&dq=La+mode.+Revue+des+modes.+p%C3%A9tronille+mathilde&source=bl&ots=Wkwoc7SQSP&sig=5Cd2srA2y7eLw0oOR-4AgWY2l04&hl=en&sa=X&ved=2ahUKEwiItMGQ_8neAhUDixoKHcPeDvYQ6AEwCnoECAIQAQ#v=onepage&q=La%20mode.%20Revue%20des%20modes.%20p%C3%A9tronille%20mathilde&f=false

(P. 159) Pour parvenir au parloir de celle qui commandait à tant de volontés, il fallait parcourir dans toute sa longueur la galerie des portraits des 32 abbesses de Fontevrault, nobles, illustres et saintes devancière de Marie-Madeleine Gabrielle Adélaïde de Rochechouart de Mortemart .

Le premier de ces portraits était celui de Pétronille de Chemillé , contemporaine du bienheureux Robert d’Arbrissel, fondateur de l’ordre, qui lui avais remis la crosse du pouvoir abbatial comme la plus digne de commander aux hommes et aux femmes qui s’étaient faits ses disciples. Elle était morte en 1149

Le seconde montrait sous les voûtes du couvent un jeune front de 15 ans. front,qui avait préféré le voile de Récluse à la couronne de reine , celui de Mathilde d’Anjou fille de Foulques, roi de Jérusalem et comte d’Anjou. Ella avait épousé à 14 ans Guillaume ; fils de Henri I er, roi au d’Angleterre. A près le naufrage de la Blanche nef ( NDLRB. Le 25 novembre 1120) dans laquelle périt son mari et toute une foule de Princes, de princesses, de comtes et de chevaliers elle se retira à Fontevraud pour pleurer les morts et prier pour eux . Elle mourut en 1151.

(P. 169) Mathilde de Flandres…

Puis une autre Mathilde…

Marie de Champagne …

Après elle, Alix de Bourgogne

Alisson de Champagne

Adèle

Jeanne de Brenne

Isabeau d’Avoir

Aliènor de Bretagne

Alix ou Adelain de Ventadour

Aliènor de Parthenay

Marie d’Harcourt

Marguerite de Montmorency

Marie de Montmorency

Marie de Bretagne

Anne d’Orléans

Renée de Bourbon

Louise de Bourbon

Jeanne-Baptiste de Bourbon

Le dernier portrait de cette précieuse collection, celui qui était placé prés de la porte du parloir de l’Abbesse était celui de la titulaire vivante ; Sur la toile, au dessous des armoiries , était écrite la date de sa nomination, et tout à côté une place restait vide et attendait la date de sa mort.

 

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Des liens entre l’Abbaye royale de Fontevraud et celle de Maubuisson (95310)

Abbaye royale de  Maubuisson (95310-Saint-Ouen l’Aumône) dite autrefois Notre-Dame-la-Royale. https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Maubuisson

Abbaye royale de Fontevraud (49590. Fontevraud l’abbaye)

 

Charlotte Ier de Bourbon -Soissons.   Abbesse de Maubuisson de 1623 à 1626. Elle avairt été élevée à Fontevraud qu’elle ne  quitta  que pour rejoindre Maubuisson comme Abbesse en 1622.

Charlottte III de  Colbert-Croissy . Abbesse de Maubuisson de 1719 à 1765. Dés que Mme de Chateaumorand eut démissionné, la princesse douairière de Condé demanda l’abbaye pour  sa petite-fille, Gabrielle-Eléonore de Condé, qui religieuse à Fontevraud, refusa d’être abbesse à Maubuisson.

https://www.tombes-sepultures.com/crbst_1393.html

 

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Moniale Charlotte de Bourbon-Vendôme morte à Fontevrault le mardi 14 décembre 1520.

crbst_charlotte_20de_20bourbonCharlotte de Bourbon(-Vendôme) (1474 + Mardi 14 décembre 1520) fille de Jean de Bourbon et d’isabelle de Beauveau, après la mort de son mari Engibert de Clèves , comte de Nevers, d’Auxerre, d’Etampes, et de Rethel, en 1506, elle prit le voile à l’abbaye de Malnoue ( 77184-Emerainville) puis à FONTEVRAULT où elle mourut et où elle aussi où elle était aussi réputée avoir été inhumée.

On se demande donc comment cette tombe dans l’église Notre-dame des Blanc manteaux peut lui être attribuée. L’inscription n’étant pas lisible dans sa totalité mais qui semble pourtant l’ identifier avec certitude est peut-être à l’origine d’une confusion renforcée par le blason de son époux. Sa tombe de cuivre avec son effigie la représente en habit de cour et non en habit religieux. Des recherches plus approfondies pourrait apporter une explication.

 

https://www.tombes-sepultures.com/crbst_1911.html

NDLRB.

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L’Abbesse Marie de Bretagne, sa vie,son oeuvre.

mariedebretagne-ohnk-storycode-transmedia-thierrybohnke

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/index.html

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/introduction.html

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/undestindeprincesse.html

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/labibliothequedisparue.html

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/abbessereformatrice.html

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/credits.html

 

 

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Marie-Françoise Damongeot-Bourdat : Marie de Bretagne, une des grandes dames de Fontevraud

Madame Marie-Françoise Damongeot-Bourdat, Conservateur  Général honoraire des  Bibliothéques, présente : l’Abbesse Marie de Bretagne.

http://app.ohnk.net/mariedebretagne/introduction.htm

Pour  visionner la  vidéo, merci de  cliquer  sur le lien ci-aprés :                                           http://app.ohnk.net/mariedebretagne/

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Classé dans Abbaye royale de Fontevraud, Abbesses de l'Ordre, Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud, Ordre monastique de Fontevraud en son ensemble

Joëlle Gautier-Ernoul 1996. LE RENOUVEAU DE L’ORDRE FONTEVRISTE AUX XIXe ET XXe SIECLES.


LE RENOUVEAU DE L’  ORDRE FONTEVRISTE AUX XIXe ET XXe SIECLES

Joëlle Gautier-Ernoul, 1996. (Membre de l’APF- Association des Prieurés Fontevristes-).

L’histoire du renouveau fontevriste ne peut se concevoir sans évoquer l’ordre et sa 32 éme et dernière abbesse Madame d’Antin (1765-1792 +1797), ainsi que la période révolutionnaire qui frappa l’abbaye mère et ses prieurés, et le devenir de ces moniales et moines après la loi du 2 novembre 1789 confisquant les biens du clergé, et celle du 13 février 1790 supprimant les vœux perpétuels.

Mais avant tout je parlerai de Robert d’Arbrissel, ce « fou de Dieu« , qui fonde l’abbaye en 1101.

La particularité fontevriste tient moins à son caractère double qu’au pouvoir des femmes sur les hommes.

Le renom de Robert d’Arbrissel atteint le Pape Urbain II, venu prêcher la croisade à Angers (49000). Il l’honore du titre de « semeur du Verbe Divin« .

Robert d’Arbrissel prêche dans le diocèse d’Angers et connaît un immense succès.

LE TEMPS DES FONDATIONS (*)

(*) Les sous-titres sont  du webmestre  de ce blog.

Concile de Poitiers en 1100 :

Constitution de l’ordre afin de canaliser la troupe errante qui représente une gêne potentielle du fait de l’absence de structure.

Le vallon de Fontevraud, proche de la confluence de Loire et Vienne (Candes-Saint-Martin (37500)) se situe à la limite des provinces de Poitou et d’Anjou et non loin de celle de la Touraine. Il dépend de la  paroisse de Roiffé (86120), et donc du diocèse de Poitiers dont l’Évêque est Pierre II.

Robert d’Arbrissel est le « magister » d’une communauté de femmes et d’hommes qu’il appelle les « pauperes Christi« .

Il confie la direction de son ordre à une abbesse qui a toute autorité sur les moines et les moniales. Il ordonne que les hommes, à l’exemple de Saint Jean l’Évangéliste obéissent aux femmes et que celles-ci, à l’exemple de la Vierge, aiment et soignent les religieux comme leurs enfants, en référence aux dernières paroles du Christ en croix : « Fils, voilà ta mère. Mère, voilà ton fils.

Il crée des statuts visant à renforcer la sévérité de la règle bénédictine.Grâce à l’évêque  Pierre II de Poitiers http://www.martyretsaint.com/pierre-ii-de-poitiers/, l’ordre est placé directement sous l’autorité du Saint Siège qui à travers les siècles ne contestera jamais l’autorité de l’abbesse.

De nombreux dons sont consentis par les seigneurs qui agissent à l’instigation des évêques.

Robert d’Arbrissel poursuit sa prédication et crée des prieurés à travers la France, l’Espagne et l’Angleterre.

A la fin du XIIe siècle, 154 prieurés ont été fondés.

A partir du XIIIe siècle, l’abbaye connaît une longue décadence durant trois siècles. Les malheurs de la guerre de Cent ans dépeuplent les communautés. Dans les prieurés, le relâchement s’installe.

XV e SIECLE

Il faudra attendre l’Abbesse Marie de Bretagne – 25 éme Abbesse- (1457-1477) pour qu’un mouvement de réforme s’ébauche. Avec l’aide de conseillers délégués du Saint Siège, elle rédige de nouveaux statuts qui furent approuvés par le Pape Sixte IV en 1475.

XVII e SIECLE

Puis encore deux siècles pour que l’ordre retrouve sa prospérité initiale grâce aux abbesses de la famille de Bourbon pour finalement s’éteindre avec l’expulsion de la dernière abbesse Julie de Pardaillan d’Antin le 21 septembre 1792.

XVIII e SIECLE

Madame d’Antin, 36e et dernière abbesse (1725-1792)

Julie d’Antin est née le 2 avril 1725 à Paris, fille du duc et pair de France Monsieur Louis d’Epernon d’Antin.

Elle arrive à Fontevraud à l’âge de deux ans pour y être élevée.

A sa majorité, elle retourne dans le monde, mais demande bientôt de revenir à l’abbaye où elle devient novice en 1742, à l’âge de 16 ans. Elle s’occupe de l’éducation des filles de Louis XV.

Elle y devient professe en 1753, à l’âge de 18 ans.

A la mort de l’abbesse, Mesdames de France, c’est à dire les filles du roi Louis XV,  lui écrivent pour qu’il nomme Abbesse leur ancienne institutrice du temps  qu’elles étaient en l’Abbaye royale.

Ce qui fut fait le 10 juillet 1765 jour où elle  prit possession de sa nouvelle dignité

Trois jours de fête s’en suivirent ainsi que les manifestations suivantes

  • soutenance d’une thèse de théologie dédiée à l’abbesse
  • feu d’artifice donné par les religieux sur les hauteurs des bois

La nouvelle  Abbesse  se fit ensuite bénir à Paris afin d’obtenir la confirmation de tous les privilèges royaux. Son absence durera deux ans.

Madame d’Antin revient à Fontevraud le 3 septembre 1767.

Les carabiniers et les gardes de la prévôté de Saumur l’accompagnent jusqu’à l’abbaye où elle est accueillie par le prieur de Saint-Jean-de-l’Habit et par l’ensemble de la communauté.

Un dîner en son honneur, avec le Père Curé, réunit 29 personnes.

Elle va rendre visite aux moines de Saint-Jean-de-l’Habit, puis rentre par la grande porte, accompagnée par les religieux, les troupes de son escorte, et par plus de 2 000 personnes.

Un Te Deum est chanté dans l’église, et ce seront trois jours de festivités.

Le faste ne lui fait pas oublier la charge qui l’attend. Elle se consacre à l’administration de l’ordre, qui comprend encore 52 prieurés, et révise la Règle.

julie

                   http://www.cite-ideale.fr/julie-dantin-en-trois-mots/

La prospérité de l’abbaye n’est qu’apparente. Dès 1760, un édit ordonne la suppression des couvents isolés comptant moins de 16 religieux.

L’abbesse est obligée de fermer plusieurs prieurés dont celui des Loges à La Breille-les-Pins (49390).

P1060648.JPGUn relâchement s’installe chez les moines. Certains quitteront leur cloître pour aller vivre hors clôture à la Segrétainerie en bordure de l’actuelle rue Saint Jean de l’Habit  qui conduit au cimetière du bourg.

<——–( Photo de la Segrétainerie ci-contre)

Lettre de Madame l’abbesse en date du 17 juin 1786 :

Mandement du 17 juin 1786.

 » Chères filles et bien-aimées religieuses…

… mais aujourd’hui notre douleur est à son comble à la vue du triste spectacle de dissipation, de relâchement et d’insubordination qui règne dans la plupart de nos communautés où la piété, la ferveur, la régularité qui les caractérisaient autrefois ne nous laissent apercevoir aujourd’hui que les tristes restes de leur première splendeur.

Plusieurs de nos religieux, plus jaloux de briller aux yeux des hommes que de soutenir la gloire et la décence de leur état, rejettent avec mépris l’habit respectable que la religion leur a donné, pour lui préférer la soutane et même des habits courts, qu’ils ne rougissent point d’étaler dans les plaisirs du monde.

Ignorez-vous que dès les premières pierres d’un édifice commencent à tomber, tout s’ébranle, tout est sur le point de s’écrouler… »

La désaffection générale des monastères en France n’affecte pas Fontevraud car c’est un honneur pour une famille d’y faire entrer une de ses filles. Entre 1769 et 1789, il y aura 74 prises d’habits.

REVOLUTION

Le 2 novembre 1789, les biens du clergé sont confisqués.

La loi du 13 février 1790 supprime les vœux perpétuels.

Une seule moniale prêtera serment à la constitution civile du clergé national, Mademoiselle Delavau. Les autres moniales disent être bien à l’abbaye et ne pas vouloir la quitter.

Par contre, dans leur grande majorité, les moines préfèrent quitter l’abbaye et fonder une famille. Les autres refusent de prêter serment à la constitution civile du clergé et choisissent l’exil.

 

Le 19 juillet 1790, l’abbaye compte 70 dames professes et 39 sœurs converses.

La vie s’y poursuit tant bien que mal jusqu’en 1792 : le 17 août, un décret ordonne de libérer les maisons occupées par les religieuses.

La municipalité de Fontevraud, dont le maire est Alexandre Guerrier, ancien confesseur des moniales, https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2012/06/30/g-des-avis-divergents-sur-alexandre-guerrier-moine-defroque-de-saint-jean-de-lhabit-fontevraud-et-ancien-maire-de-la-commune/ donne à chaque religieuse une table, un bureau, une commode, un lit, un fauteuil et six chaises. Celles qui désirent rester dans la commune prêtent serment, la majorité décide de retourner dans leurs familles respectives.

Le 25 septembre 1792, Madame d’Antin est la dernière à quitter l’abbaye, déguisée en paysanne.

D’abord retirée à Angers, on la retrouve à Chartres (28000) en compagnie de l’ancien prieur de Saint-Jean-de-l’Habit. Elle mourra dans la misère à l’Hôtel-Dieu de Paris le 25 octobre 1797.

Les sœurs Liret, anciennes converses, Jeanne Rousseau, et Madame de Dillon, irlandaise de Dublin et ancienne sous-prieure vécurent à Fontevraud dans une maison de la Grande Rue( aujourd’hui rue Robert d’Arbrissel).

Elles ouvrirent une école pour les enfants du bourg et jouèrent le rôle d’infirmières.

Elles s’occuperont également de l’église paroissiale après la restauration du culte.

En 1794, Madame Aubert du Petit-Thouars, ex-chanoinesse de Fontevraud, fait une demande pour réclamer une partie des bâtiments de l’ancienne abbaye pour y loger trois ex-religieuses fontevristes qui vivent ensemble à Fontevraud et ne peuvent payer un logement à cause de leur moyens modiques. Elles n’ont reçu que le 1/6 de leur pension depuis trois ans, et ne vivent que des « petits ouvrages qu’on leur donne » ; elles pansent les malades et donnent des remèdes le plus souvent gratuitement.

Cette lettre fut-elle une approche pour essayer de faire revivre une communauté fontevriste à l’abbaye puisque Madame du Petit-Thouars termine sa lettre par « pourriez-vous accorder la même grâce à d’autres religieuses de cette même abbaye qui demeurent à Fontevraud par deux ou trois« , et précise « qu’il n’y aura aucune crainte qu’elles se réunissent en communauté« . Le renouveau fontevriste va suivre les événements politiques de l’époque.

 

Après la mort de Robespierre (28 juillet 1794), une accalmie se fait sentir, mais elle n’entraîne pas immédiatement la fin des persécutions religieuses.

Le 21 février 1795, la Convention étend la liberté du culte à toute la nation. La liberté continue sous le Directoire mais elle n’est pas entière. Les manifestations publiques, processions et cérémonies hors des églises, sont interdites.

DIRECTOIRE

Le coup d’État du 18 Fructidor an V (4 septembre 1797) ramène les Jacobins au pouvoir. Ils remettent en vigueur les lois persécutrices. Il faut attendre le Concordat de 1801 (15 juillet) pour que la liberté s’installe définitivement. Il n’est nullement question dans le Concordat des congrégations religieuses, mais le gouvernement commence à donner les premières autorisations aux sœurs de St Vincent-de-Paul durant les négociations du Concordat.

CONSULAT

Les instituts de religieuses sont nombreux à voir le jour, plus ou moins clandestinement. Le renouveau du catholicisme se marque avec vigueur dans la renaissance des monastères.

Le renouveau fontevriste s’établit dans trois petites villes, Boulaur (Gers), Brioude (Haute-Loire) et Chemillé (Maine-et-Loire), dès 1801, dû à la volonté d’anciennes moniales regrettant la vie monastique.

Après la mort de Robespierre, deux moniales du prieuré fontevriste de Longages  -31410-(diocèse de Toulouse), et quatre autres religieuses venant de Toulouse font un premier essai de résurrection dans l’ancien prieuré fontevriste de Boulaur (Gers). Les habitants de Boulaur les accueillent avec beaucoup de plaisir et les aident à s’installer.

Malheureusement au bout d’un an, elles doivent quitter les lieux suite à des tracasseries politiques. Tandis que les autres religieuses gagnent Toulouse, les deux fontevristes restent à proximité de Boulaur. Après le Concordat, les deux fontevristes réintègrent le prieuré (1801).

A la même période, quatre religieuses de l’ancien prieuré de Brioude (Haute-Loire), après avoir été recueillies chez des habitants de Brioude et subi ensuite onze mois d’emprisonnement, se regroupent en 1801 dans un immeuble qu’elles viennent d’acheter dans les faubourgs de la ville de Brioude. Elles ne peuvent s’installer dans leur ancien prieuré car les bâtiments claustraux sont occupés par la mairie et la chapelle est détruite.

En 1800 la ville de Chemillé (Maine-et-Loire) se relève péniblement de ses ruines. Le curé de la paroisse de Notre-Dame songe en premier lieu à l’œuvre scolaire car la jeunesse est privée de l’instruction chrétienne. En accord avec le maire de Chemillé, il fait appel en 1802 aux deux sœurs Rosé, anciennes moniales de l’Ordre de Fontevraud, l’une de l’abbaye mère, l’autre du prieuré fontevriste de la Regrippière (44330)- (diocèse de Nantes). Ces anciennes moniales avaient en 1792 trouvé refuge chez leur père à Angers et, bien qu’elles soient insermentées, avaient ouvert une école où elles enseignaient la musique, l’arithmétique, la grammaire et le catéchisme. Les autorités peu après les condamnèrent car elles donnaient à leurs élèves une éducation « antirépublicaine« . Elles se séparèrent et devinrent institutrices, l’une dans un château des environs de Saumur, l’autre au château de la Sorinière de Chemillé.

A partir de 1801, des suppliques sont adressées par d’anciennes religieuses de l’abbaye mère pour le rétablissement d’une communauté dans l’ex abbaye mère ou à la Sénatorerie de Saint-Florent.

Certaines moniales en 1802 abjureront le serment de Liberté-Égalité.

1 er EMPIRE

Le curé de Notre-Dame de Chemillé, en 1805, choisit les sœurs Rosé pour diriger une école de filles dans sa paroisse.

Peu à peu, les anciennes religieuses de l’abbaye mère se joignent aux deux sœurs. Ce n’est pas encore la restauration de l’Ordre, mais elles pensent à reprendre une vie régulière et suivre de nouveau la règle de Fontevraud.

En 1805, elles écrivent au cardinal Caprara https://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Battista_Caprara, nonce de Pie VII à Paris, et évoquent leur ancienne abbaye.

Le nonce leur répond que Fontevraud ne peut redevenir un asile de prière et de silence, car un décret de 1804 l’a transformée en maison de force et de correction. Il leur permet toutefois de reprendre une vie communautaire et de faire des vœux simples et provisoires. Le curé Alliot rédige des statuts provisoires.

 

Une première profession, l’une des toutes premières du diocèse d’Angers, a lieu en 1806, dans l’église paroissiale. Les vœux sont rédigés en latin, selon l’usage de Fontevraud pour les religieuses de chœur. La formule des vœux se rapproche énormément de celle prononcée dans l’ex abbaye.

Plusieurs religieuses fontevristes de la Regrippière, https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2013/08/08/l-le-prieure-de-la-regrippiere-en-vallet-44330-detruit-en-1793-par-les-colonnes-infernales/ ancien prieuré fontevriste du diocèse de Nantes, entendent parler de la maison de Madame Rosé. Elles sollicitent la faveur d’y être admises.

En 1808, les locaux deviennent exigus et Madame Rosé, avec l’aide de ses parents et des pensions des anciennes religieuses, de nouveaux locaux sont achetés pour y installer la communauté naissante.

En 1809, deux anciennes fontevristes de l’abbaye mère s’ajoutent à la communauté. Les habitants de Chemillé appellent l’immeuble « le couvent de Fontevraud ».

Quelques jeunes filles de Chemillé sont admises comme sœurs converses et vont prononcer leurs vœux en français (rite de l’ancienne abbaye).

 

Peu à peu la vie de la communauté s’installe avec l’école, l’instruction des novices après les heures de classe.

Ensuite, elles se réunissent dans la chambre basse qui sert de salle commune et de réfectoire. Les anciennes professes récitent le grand office, les jeunes professeurs et les postulantes récitent le petit office de la Sainte Vierge.

Après la prière, Madame Rosé prend la parole, leur raconte l’histoire de l’abbaye de Fontevraud, la vie des religieuses, et donne un avis sur la manière de tenir une classe.

D’autres religieuses demandent au Ministre Secrétaire d’État, Ministère de l’Intérieur, la cession de la maison de Saint Florent.

RESTAURATION

En 1817, les religieuses reprennent leur habit de religieuse, et une cérémonie de profession a lieu le 28 août 1817 en présence de nombreux centres de la région d’Angers, Seiches (49140) , Brigné (49700) , St-Rémy-en-Mauges (49110). Trois novices font profession de foi dans l’église de Notre Dame de Chemillé, et seront reconduites au couvent.

La nouvelle se répand dans la région. Sept ancienne religieuses de l’abbaye viennent à Chemillé, avec l’espoir de retrouver leur vie cloîtrée, orante, et observer la règle sous laquelle elles avaient prononcé leurs vœux.

 

En 1818, elles obtiennent l’autorisation de construire une chapelle et d’y conserver le Saint-Sacrement. Cela leur permet d’organiser d’une manière plus régulière leur vie conventuelle, de visiter le Saint-Sacrement sans sortir de la communauté.

La bénédiction de l’oratoire a lieu le 22 janvier 1818. A cette occasion, Monseigneur Montault, (Charles Montault des Isles ?  http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1988_num_95_3_3294 évêque d’Angers, va nommer un confesseur ordinaire pour les religieuses.

En 1819, Madame Rosé écrit au Souverain Pontife afin de donner à son monastère le nom que portait le principal cloître de Fontevraud : Sainte Marie de Fontevraud. Elle fait également une demande auprès de Monseigneur Montault pour avoir un aumônier.

A partir de 1820, le but de Madame Rosé est de restaurer l’ordre de Fontevraud. Monseigneur Montault, entrant pleinement dans ses vues, entreprendra toutes les démarches auprès de la Papauté.

Pendant ce temps, Madame Rosé agrandit la maison, établit la clôture, construit un parloir, bâtit deux chambres basses et deux dortoirs car les pensionnaires sont de plus en plus nombreuses.

Deux anciennes fontevristes venues du prieuré de Montaigu (85000) se joignent à la communauté.

 

pont-neuf-1817

le Village du Pont-Neuf de Montaigu, 20 ans après le passage des troupes révolutionnaires (en rose, les bâtiments encore utilisés ; en jaune, les bâtiments ruinés – cadastre de 1814); http://montaiguvendee.fr/cms/index.php?page=montaigu-histoire-et-citoyennete

Deux ans plus tard, madame Rosé est très inquiète car elle n’a aucune nouvelle de la Papauté.

 

La vie continue. Monseigneur Montault nomme son premier vicaire général comme supérieur ecclésiastique de la communauté, et fait procéder à l’élection canonique de la Supérieure. L’élection a lieu le 25 juillet 1822 et les suffrages désignent Madame Rosé.

Mais aucun acte de l’autorité ecclésiastique ne vient entériner cette nomination et donner à la fondatrice le droit de commander au nom de l’Église. Malgré son titre de supérieure, elle signait tout simplement Rosé religieuse.

 

Deux longues années se passent encore dans l’attente. Enfin, le 30 septembre 1824, Monseigneur Montault se présente à la communauté en qualité de visiteur. Il interroge chaque sœur en particulier : il veut savoir si elle désire suivre la règle du Bienheureux Robert d’Arbrissel.

La communauté est reconnue par la Papauté. Ce n’est plus la communauté religieuse de Chemillé, mais bien l’Institution de « Sainte Marie de Fontevrault ».

Approuvée par le Pape, Madame Rosé veut l’être aussi par le Roi. Un dossier dressé par Monseigneur Montault est adressé au Ministère de l’Instruction Publique et des Affaires Ecclésiastiques.

Madame Rosé voulait aussi construire une chapelle extérieure pour isoler complètement les religieuses.

L’approbation du Roi Charles X est reçue à Chemillé au mois de février 1827.

Enfin, Madame Rosé, pour établir la clôture, pose la première pierre de la chapelle extérieure en mars 1827. La bénédiction de la chapelle aura lieu un an plus tard. A la même époque, elle fait bâtir plusieurs parloirs fermés par une grille.

Monseigneur Montault leur accorde l’autorisation d’établir un cimetière dans leur enclos.

La clôture est totalement rétablie. Il a fallu 22 ans à cette communauté pour enfin vivre une vie monastique au couvent de Saint Marie de Fontevrault de Chemillé.

 

La reconnaissance légale de la communauté de Brioude n’est obtenue qu’en 1829.

A Boulaur, devant la menace de fermeture de l’établissement, les religieuses demandent l’autorisation légale d’exister. Elles ne l’obtiendront qu’en 1847, après une enquête auprès du maire de la commune qui écrit : »que l’esprit de charité, de sagesse, de religion et d’ordre qui préside à la direction de ces sœurs a toujours concilié et leur concilie plus que jamais l’estime et la vénération des habitants du pays« .

II nde REPUBLIQUE

Réunion à Brioude, 1849 

Les trois prieurés de Chemillé, Brioude et Boulaur vivent indépendants les uns des autres. Les prieures vont se réunir en 1849 à Brioude. Peut-être voulaient-elles recréer l’Ordre qui est déjà amputé de la branche masculine. Elles vont réciter ensemble les 48 articles de la règle et unifier leur coutume.

Elles ne vont pas réformer l’Ordre de Fontevraud en plaçant une abbesse à la tête de l’Ordre : chaque supérieure dirigera indépendamment son couvent. Peut-être les évêques des trois diocèses n’ont-ils pas voulu voir diminuer leurs prérogatives sur ces couvents car l’abbaye de Fontevraud dépendait directement de la papauté.

 

Translation des cendres de Robert d’Arbrissel

Quelle ne fut pas la joie des religieuses de Chemillé lorsqu’elles reçurent en 1847 l’autorisation de la Préfecture d’Angers de transférer les cendres de Robert d’Arbrissel, le fondateur de l’Ordre de Fontevraud.

 

p1140729

  Les cendres qui sont restées depuis la Révolution à la Centrale de Fontevraud.

Elles écrivent à M. Lucas, Directeur de la Centrale. La capse qui renferme les cendres du Bienheureux Robert est remise aux religieuses de Chemillé le 22 octobre 1847. Cette capse en plomb, de forme ovoïde porte l’inscription suivante :

 » En ceste capse sont les os et cendres du digne corps du vénérable Robert d’Arbrissel, instituteur et fondateur de l’Ordre de Fontevraud, selon qu’on les trouva en son tombeau quand il fut livré et érigé en ce lieu pour faire le grand autel par le commandement et bon soing de digne abbesse et chef du dict Ordre Madame Louise de Bourbon le 5 octobre 1622« .

Après la translation des cendres, les supérieures de trois prieurés de Chemillé, Brioude et Boulaur se mobilisent de 1848 à 1860 pour obtenir de la Papauté la canonisation de leur bienheureux fondateur. Elles se font aider par Dom Guéranger, abbé de Solesmes, et par les évêques d’une dizaine de diocèses où existaient avant la Révolution des prieurés fontevristes. Une étude sérieuse serait nécessaire afin de savoir pourquoi cette canonisation n’a pas été obtenue.

La vie se poursuit dans les trois communautés.

Vie des nouvelles moniales fontevristes

Chaque jour :

5h       Signal du lever

Oraison qui dure une heure

Messe

Office de Tierce

10h     Office de Sexte

12h     None

15h     Vêpres

18h     Complies

20h     Matines et Laudes

Avant la Révolution, elles récitaient Matines et Laudes pendant la nuit, à minuit et 3h.

Nous retrouvons comme avant la Révolution deux classes de religieuses : religieuses de chœur astreintes à la prière religieuse, et converses plus particulièrement affectées aux travaux manuels (jardinage, ménage, étable, etc.).

Ces converses, souvent appelées les « Marthe » du couvent, suppléent à la récitation des offices par des prières et le chapelet tout en travaillant.

Comment  devient-on religieuse

Postulat

Une future religieuse rentre au postulat qui dure de six mois à un an. Elle s’initie aux usages de la maison.

Ensuite, elle entre au noviciat : la postulante prend la vêture, vêtue de blanc, comme une fiancée, couronnée de roses, elle est conduite par la sous-prieure et la maîtresse des novices devant la Révérende Mère Prieure qui se tient près de la grille, côté de l’Épître.

« Ma fille, que voulez-vous ?

Ma Mère, je demande la Miséricorde de Dieu, le pain et l’eau, votre Sainte Société et l’habit de Sainte Religieuse s’il vous plait de me l’accorder« .

Elle est dépouillée des livrées du monde.

Quelques instants après, la porte du fond du chœur s’ouvre et la postulante s’avance tête nue, portant une large robe de laine blanche. Un fichu blanc entoure le cou. Les cheveux flottent sur ses épaules. Elle s’avance vers le chœur en chantant le Veni Creator, tenant à la main un cierge allumé, et va s’agenouiller devant la Révérende Mère Prieure qui lui coupera trois longues mèches de cheveux et prononcera « que les boucles qui tombent de votre tête vous apprennent à retrancher de votre cœur les vanités du siècle« .

Elle reçoit alors le voile, la guimpe, le bandeau, la ceinture de laine, la coule, le voile blanc, ce voile qui symbolise l’humilité et la modestie.

La postulante devient novice.

Le postulat dure 12 à 18 mois. Elle se prépare à la profession.

Le jour de sa profession, elle fera les vœux de chasteté, de pauvreté, d’obéissance et de clôture. La profession se fera en latin pour les sœurs de chœur, en français pour les sœurs converses.

A Chemillé, en dehors de la prière, les religieuses se partagent entre les travaux manuels, les travaux d’aiguille (comme dans l’ex abbaye de Fontevraud) et l’enseignement.

Des religieuses enseignantes

Depuis 1806, le nombre d’élèves augmente considérablement.

Les religieuses enseignent le catéchisme, la lecture et l’écriture, les mathématiques, l’histoire et la géographie, et aussi des travaux manuels, la couture ordinaire et l’art de broder.

A partir de 1817, un pensionnat est ajouté à l’externat pour recevoir les élèves des environs (Chalonnes (49290) , Trémentines (49340), etc.).

Après les anciennes religieuses de l’ex abbaye de Fontevraud, la supérieure constate un affaiblissement dans l’enseignement donné aux enfants par les autres sœurs. Elle envoie une des sœurs de Chemillé reprendre des études à Angers.

II nde REPUBLIQUE

Mais à partir de 1850, une école s’ouvre à Notre Dame de Chemillé. Elles s’inquiètent, mais la confiance des parents va toujours aux dames fontevristes. Tandis que les autres écoles perdent des élèves, celle du monastère remonte et rivalise avec « les meilleurs établissements de ce genre ».

III éme REPUBLIQUE

A partir de 1875 toute une série de lois va entraîner la laïcisation de l’enseignement. Dès 1880, Jules Ferry s’attaque aux congrégations religieuses non autorisées qui tiennent des établissements scolaires. Les religieuses sont très inquiètes sur leur avenir. Peu à peu toutes ces lois aboutissent en 1901-1904 à la loi sur les associations et spoliation des ordres religieux et l’interdiction d’enseigner à tous les congréganistes.

imagesDès le 17 juin 1902 Waldeck-Rousseau ordonne par décret la fermeture de 135 établissements congréganistes. Sur 12000 dossiers de demande d’autorisation, 7500 sont rejetés sans examen. La loi du 13 juillet 1904 rompt avec le concordat de 1801. La loi de Séparation de l’Église et de l’État est l’aboutissement de la série de lois de laïcisation prise par la troisième République. La promulgation de la loi de juillet 1904 vise exclusivement les congrégations enseignantes condamnées à disparaître avant dix ans. Cette loi supprime le budget des cultes. Depuis lors l’Église de France vit sans statut légal. Pour obéir au Pape, elle fait le sacrifice de ses biens et accepte résolument la pauvreté.

L’exil

Les religieuses tentent une démarche auprès de la Direction des cultes, alléguant que les communautés ne sont pas qu’enseignantes mais aussi contemplatives. Peine perdue car, dans l’optique du gouvernement d’alors, il convient de faire disparaître aussi les communautés contemplatives.

La suppression des communautés enseignantes met un terme à une période de prospérité et oblige les sœurs à s’exiler à l’étranger, condamnant à brève échéance le développement, voire l’existence même de l’Ordre.

Seules les sœurs de Chemillé obtiennent l’autorisation de demeurer dans leur prieuré à titre d’occupantes avec néanmoins l’interdiction de recruter et d’enseigner.

Boulaur

Les habitants de Boulaur vont en pèlerinage à Notre Dame de Cahuzac pour demander la conservation du monastère. Les pères et les mères considèrent la présence des sœurs comme un honneur et un précieux avantage pour le village.

Le liquidateur fait un inventaire et expulse définitivement les religieuses le 11 novembre 1904. Il fait appel à la force armée car les habitants de Boulaur défendent le monastère. Certaines religieuses sont accueillies dans les familles, d’autres vont se séculariser.

Les habitants vont les aider à s’exiler en portant par des chemins détournés les effets de religieuses jusqu’à la frontière espagnole.

Elles vont s’installer à Vera en Navarre.

Elles commencent par demander l’autorisation au gouvernement espagnol de pouvoir vivre en communauté, de les autoriser ensuite à revêtir leur habit religieux, à dire la Saint Messe chez elles tous les jours.

Les habitants de Vera vont les aider à s’installer, et l’évêque de Pampelune leur donne l’autorisation de vivre en communauté, de suivre leur règle, et d’ouvrir une école où elles peuvent enseigner le français.

En 1910, elles accueillent avec joie les religieuses de Brioude.

Et la vie continue. Elles recrutent parmi les espagnoles.

En février 1916, elles célèbrent le huitième centenaire de la mort du Bienheureux Robert d’Arbrissel.

Souvenirs d’une implantation fontevriste à Vera (Navarre-Espagne)Voir des photos de cette implantation en activant le lien ci-aprés :

https://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/2017/02/02/souvenirs-dune-implantation-fontevriste-a-vera-navarre-espagne/

Brioude

Les religieuses infirmes sont autorisées à rester dans leur couvent.

Les sœurs valides s’exilent dans la province de Navarre. Elles font deux essais de reconstitution à Lesaca et Elizondo, non loin de Vera où sont installées celles de Boulaur.

Elles enseignent le français, l’anglais et le dessin.

Mais les difficultés financières les obligent à se joindre à la communauté de Boulaur exilée à Vera en 1910.

Mais elles sont inquiètes pour celles qui sont restées à Brioude car le prieuré va être mis en vente.

Chemillé

Les sœurs valides de Chemillé veulent rejoindre celles de Boulaur et de Brioude en Espagne, mais aucun bâtiment n’est libre pour les accueillir.

Elles se dirigent vers l’Italie où elles s’installent dans une « villa » dès 1906 aux environs de Turin.

Le prieur de l’Ordre de Cîteaux en Italie, Monseigneur l’évêque de Turin et Monseigneur Baudriller Évêque d’Angers feront tout pour les aider à s’installer par des donations.

Elles projettent d’ouvrir un pensionnat.

Plusieurs prises d’habit ont lieu en 1911 et 1913.

Elles appellent leur villa  italienne le « Petit Fontevraud ».

La première guerre mondiale favorise le retour des religieuses : les exilées italiennes réintègrent Chemillé dès le début du conflit. Elles essaieront vainement de faire rapatrier leur mobilier et effets restés en garde meuble dans la cité du Bon Pasteur de Turin.

Durant la guerre, les religieuses ouvrent une ambulance, puis un hôpital où elles vont soigner les blessés de guerre.

Elles reçoivent des décorations en 1919.

Puis dès 1921 les relations officielles entre la France et le Vatican sont rétablies.

La vie communautaire reprend avec beaucoup de difficultés, sans reconnaissance légale.

Brioude (43100)

Le couvent est transformé en caserne pendant la guerre 1914/1918. Les religieuses infirmes occupent une partie des bâtiments.

Afin de les aider, deux religieuses exilées en Espagne reviennent à Brioude en 1916.

Le reste de la communauté exilée en Espagne regagne le couvent de Brioude en 1921.

Au début des années quarante, Brioude est fermée par l’évêque du Puy.

Les deux sœurs qui restent, après un séjour dans la communauté de la Visitation de Brioude, regagnent le prieuré de Chemillé en 1942.

Boulaur (32450)

En 1919 à la demande des habitants de Boulaur et de l’archevêque d’Auch, les religieuses exilées à Vera envoient deux d’entre elles pour préparer et restaurer leur couvent de Boulaur, en vue du retour de la communauté.

Les deux religieuses d’origine française vivront seules dans leur couvent de Boulaur.

En 1926, elles louent plusieurs pièces de leur couvent, ouvrent une école, un ouvroir, et espèrent le retour des exilées.

Mère Eutrope meurt en 1932. Mère Medous reste seule. Elle ouvre son couvent à des réfugiés espagnols en 1939. Puis un établissement d’enfants anormaux s’installe en 1940 avec tout son personnel.

Le retour des exilées ne se fera pas pour des raisons liées au recrutement opéré pendant les années d’exil : la presque totalité des sœurs est d’origine espagnole et elles ne se sentent pas d’affinité particulière avec la France.

 

En Espagne

vera-1915

Vera en 1915 tiré du livre des soeurs de Boulaur exilées en Navarra, Espagne.

En 1931, les troubles politiques en Espagne inquiètent la communauté. Des lois franc-maçonniques et de spoliation sont votées contre l’Église en Espagne. En 1932, l’enseignement libre est supprimé, et les communautés doivent avoir 1/3 de leurs membres de nationalité espagnole pour exister.

En 1933 les écoles tenues par les religieux sont fermées.

La communauté des religieuses exilées de Boulaur à Vera n’a plus de moyen d’existence.

 

vera

  Vera en 1996. Photo Joëlle Ernoul (APF)  

Monseigneur Baudriller Évêque d’Angers refuse de recevoir ces exilées à Chemillé.

Le défaut de recrutement et les difficultés matérielles les obligent à fusionner avec la communauté bénédictine de Lumbier (Navarre) en 1941.

La Mère Medous, restée seule à Boulaur, y mourra en octobre 1960.

REGIME DE VICHY

Après la loi Pétain du 8 avril 1942 *,  le couvent Sainte Marie de Fontevraud à Chemillé sera reconnu légalement en juillet 1942.

  • Loi n° 505 du 8 avril 1942 modifiant l’article 13 de la loi du 1er juillet 1901

  • Art. 1er. – L’article 13 de la loi du 1er juillet 1901 est abrogé et remplacé par les dispositions suivantes :

        « Art. 13. – Toute congrégation religieuse peut obtenir la reconnaissance légale par décret rendu sur avis conforme du conseil d’État;

IV éme REPUBLIQUE

A la fin de la seconde guerre mondiale commence une période d’agonie pour la communauté de Chemillé, seule survivante, due au décès des sœurs et à la crise du recrutement.

La dernière fontevriste de Brioude vivant à Chemillé meurt en 1955. L’avenir des fontevristes est incertain. L’évêque d’Angers( Mgr Chappoulie) pense sérieusement à les intégrer dans une autre communauté.

En 1951, une association des « Amis de Fontevraud » est créée dans le but de perpétuer le souvenir de l’abbaye. En 1952, cette association fait estimer les bâtiments et jardins de la communauté des fontevristes de Chemillé dans l’espoir de les acquérir.

En 1953, Monseigneur Henri-Alexandre Chappoulie, Évêque d’Angers, leur rend visite et parle toujours de leur fusion. Il leur propose une fusion avec les Bénédictines Missionnaires de Vanves.

« Fusion extinctive »

Le 4 mars 1956, les fontevristes de Chemillé intègrent la congrégation missionnaire de Vanves (92170) http://www.benedictines-ste-bathilde.fr/ . Le monastère de Chemillé est en très mauvais état. Il est préférable de chercher une autre maison.

En 1959, elles s’installent à la Barre à Martigné-Briand (49540), où elles ouvrent une hôtellerie

Le 18 septembre 1963 a lieu la translation des restes des religieuses fontevristes et de leurs aumôniers de Chemillé à Martigné-Briand. A cette occasion, les Chemillois montrent leur gratitude envers les fontevristes sœur Thérèse et sœur Gabrielle.

« Le monastère de Chemillé est le dernier du Grand Ordre de Fontevraud qui fut si florissant en France » (Cardinal Feltin, Paris 1956).

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