Archives de Catégorie: Département 35

Promenade dans le pays d’Arbrissel (35130) sur les traces de Robert.

 Circuit Robert d’Arbrissel  , sur les traces de Robert, le fondateur de l’ordre monastique de Fontevraud et , par  suite , de  ce qui allait devenir l’abbaye royale homonyme. 2 h 30 de marche sur 10Km500  en partant  du bourg d’Arbrissel (1)  et en y revenant après être passé par  Moussé (2)                                                                                                                                                                          http://www.cc-rocheauxfees.fr/upload/gedit/1/la%20decouvrir/rando/3_arbrissel(1).pdf

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbrissel

(2)https://www.google.fr/maps/place/Mousse/@47.92356,-1.1338459,12z/data=!4m2!3m1!1s0x4808d20ae69e9f5d:0x40ca5cd36e4ad90

 

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Département 35

-V-ANNIVERSAIRE FONTEVRISTE.10 janvier 1794 . 220 eme anniversaire du « martyr »de la religieuse fontevriste Jeanne Vanmine.

VANMINE Jeanne, ex religieuse domiciliée à Fontevrault (49590),  resta dans son couvent après l’abolition des ordres monastiques ; arrêtée en 1793 et conduite à Port-Malo (Saint-Malo)(35400). Condamnée à mort comme contre-révolutionnaire,  par une commission militaire établie en cette ville, le 21 nivôse an II ; exécutée le même jour. 10 janvier 1794.

http://archive.org/stream/lespetitsbolland15gu/lespetitsbolland15gu_djvu.txt

Rappelons également le  souvenir de: Marie-Eléonore  OUVRARD de MONTIGNY de MAZE . ex noble, ex religieuse de Fontevrault, domiciliée à Fontevrault, département de Mayenne et Loire ( NDLRB. devenu Maine-et Loire), condamnée à mort comme conspiratrice, le 2 nivôse an 2, par la commission militaire de Saumur. Exécutée vraisembablement le même jour, soit le 22  décembre 1793

http://les.guillotines.free.fr/guillo-o.htm

2 Commentaires

Classé dans * Commémoration fontevriste, Département 35, Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud, Département 49 (c) hors commune de Fontevraud-L'Abbaye

-R- Robert d’Arbrissel à ARBRISSEL, PARIS, ANGERS et LA ROË

Robert d’Arbrissel

Robert d’Arbrissel, appelé du nom du village d’Arbrissel (Ille-et-Vilaine) dans le diocèse de Rennes en Bretagne où il est né vers 1047, est un religieux breton fondateur de l’ordre de Fontevraud et des abbayes de Fontevraud et de la Roë.

Le père de Robert d’Arbrissel était un prêtre nommé Damalioch et sa mère se nommait Orguen, étant descendants probables des Bretons venus de Grande-Bretagne et installés aux lisières romanes de l’Armorique, peut-être dans un but défensif sur la demande des ducs ou rois de Bretagne.
Robert d’Arbrissel aurait succédé à son père dans la charge de recteur d’Arbrissel (actuel village d’Ille et Vilaine, à 35 km au Sud Est de Rennes) et aurait comme lui vécu avec une femme (ce n’est qu’au Ier concile du Latran de 1123 que le mariage ou le concubinage des prêtres ont été réprimés en faisant de leurs enfants des bâtards interdits d’héritage).

Compromis dans l’élection irrégulière d’un évêque, il s’exile à Paris où il est converti à la réforme promue par le pape Grégoire VII. Il vint de bonne heure à Paris, où il fit des progrès rapides dans les lettres, et fut reçu docteur en théologie.

Les dignités d’archiprêtre et d’official
Son évêque, Silvestre de la Guerche, le rappela auprès de lui, s’aida de ses lumières, lui conféra les dignités d’archiprêtre et d’official, et eut la satisfaction de le voir combattre avec succès la simonie, l’incontinence et les autres vices de son clergé.

1- archiprêtre : Dans l’Église catholique, archiprêtre est un titre honorifique attribué à un prêtre, en général le curé d’une église importante, telle qu’une cathédrale ou une basilique. Anciennement, ce titre fut aussi porté par un prêtre qui remplaçait un évêque.
2- official : L’official ou vicaire judiciaire est un juge ecclésiastique.
3- La simonie est, pour les chrétiens, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’une charge ecclésiastique.

 » L’exil  » à Angers
Après avoir travaillé pendant quatre ans à l’extirpation de ces désordres, Robert se vit exposé, par la mort de son protecteur, au ressentiment des ecclésiastiques qu’il avait humiliés ; et Marboclus, successeur de la Guerche, qui apparemment n’aimait pas autant que celui-ci les réformes et les réformateurs, le remercia de ses soins, et le laissa partir pour Angers, où il alla enseigner la théologie.

Il se lie à Angers avec Marbode, futur évêque de Rennes et Geoffroi, abbé de Vendôme qui apprécient ses qualités intellectuelles et religieuses.

Peu avant la fin du XIe siècle, Robert d’Arbrissel fait siens les principes de pauvreté prônés par Grégoire VII et, cédant à son goût pour la vie solitaire, va vivre en ermite dans la forêt de Craon, à proximité de la Bretagne et de son village d’origine, vers 1091.

La concession de sept masures
Le 11 février 1096 , le pape Urbain II, qui a lancé, un an auparavant, l’appel à la première croisade, était à Angers, accompagné de nombreux prélats et des plus nobles seigneurs de la région.

Robert d’Arbrissel se trouva à cette illustre assemblée ; il avait prêché la veille devant le pape à la consécration de l’église de Saint-Nicolas de Craon. C’est à Angers qu’Urbain II, qui l’entend prêcher, est si content de ses sermons, qu’il lui confére le titre de prédicateur apostolique.

Geoffroy de Mayenne, évêque d’Angers, le reçut dans sa chambre avec Renaud Ier de Craon, fils de Robert le Bourguignon, seigneur de Craon, et ses fils.

C’est là qu’eut lieu la concession de sept masures dans la forêt où les chanoines purent s’établir en paix.

L’Abbaye de La Roë
Bientôt, une foule d’ermites, appelés anachorètes, sont attirés par la renommée de ses vertus et de la sainte austérité de sa vie, le rejoignent.

Rassemblés sous la direction de leur chef, qui leur donna la règle des chanoines réguliers récemment réformée et refondue par Yves de Chartres, ils devinrent cénobites *

Sa réputation de sainteté se répand et de nombreux clercs et laïcs le rejoignent, ce qui conduit à créer des logements qui deviennent l’Abbaye de la Roë.

*Aux premiers temps du christianisme, le cénobitisme était une forme de vie monastique en communauté, propre aux cénobites. Par opposition, les anachorètes ou ermites, vivaient seuls une vie consacrée à la prière et la contemplation.

http://www.la-roe.com/index.php?pg=11&PHPSESSID=ba4ad0d87d666c52e5b40ada17124499Ë

Poster un commentaire

Classé dans Département 35, Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud

-F-La FONDATION DU PATRIMOINE vient au secours de l’église d’ARBRISSEL (35130).

180px-Arbrissel_Eglise_20070408La commune d’Arbrissel est située dans le sud du département d’Ille et Vilaine. Petite commune rurale à mi chemin entre La Guerche de Bretagne et Retiers, et à 40 kms de Rennes, connue grâce au  bienheureux  Robert d’Arbrissel (1405-1116), Arbrissel possède une église fleuron de l’art roman construite au XIème siècle. Cet édifice daterait de l’époque de Robert d’Arbrissel qui l’aurait reçue en héritage de son père. L’église est construite en divers matériaux et comprend une simple nef sans transept puis un choeur terminé par une abside semi-circulaire. ,En son centre, le rétable de l’Assomption daté  du XVIème siècle, est  constitué  de calcaire, marbre et stuc.                                                                                                                                                                                             De chaque côté de la nef, deux petits autels datés de 1704. L’un est daté, signé et surmonté d’un tableau figurant Saint Jean. Deux statues représentant Saint Fiacre et l’autre Saint Joseph et l’enfant l’accompagnent. Le second autel se constitue d’un retable représentant Marie-Madeleine. Le tableau central de la Sainte en prière est encadré de deux statuettes de Sainte Barbe et Sainte Marguerite. Au dessus de la porte d’entrée, une corniche est supportée par une série de modillons en tuffeau, sculptés de tête aux masques expressifs et de son archivolte décorée de pointes de diamant. Des travaux ont déjà été réalisés, notamment la réfection du clocher puis de la toiture en 1986.

Aujourd’hui, des travaux de réhabilitation sont nécessaires afin de préserver ce patrimoine culturel et religieux. Le montant des travaux demeure néanmoins une charge importante au vu du budget d’une commune de 273 habitants. Les subventions de la
DRAC et du Conseil Régional nous permettent de financer la majorité mais un montant important reste encore à notre charge.
En partenariat avec la Fondation du Patrimoine Bretagne, la commune d’Arbrissel sollicite donc une souscription publique en faisant appel à la générosité de tous afin de mener à terme cette restauration. Particuliers, entreprises, artisans, commerçants… chacun peut devenir acteur de cette sauvegarde tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt. Nous remercions tous les futurs donateurs pour leur générosité.
Dominique SABA, Maire
avec la participation de la commission culturelle

Poster un commentaire

Classé dans Département 35

-N-Violette NOZIERE (1915-1966) La PARRICIDE condamnée à mort en 1934 et réhabilitée en 1963 EPOUSA en secondes noces le fils d’un COMPTABLE de la CENTRALE DE FONTEVRAUD.

Eugène Garnier : le véritable nom de famille est modifié.

Eugène Garnier est né le 20 février 1887. Fils unique, il exerçait le métier de scieur de long  , comme son père et les générations précédentes. L’une des filiations ascendantes est originaire de la  haute-Loire  département d’où vient la famille de Violette Nozière, sa future belle-fille …

Au cours de la Premiére Guerre mondiale  , Eugène Garnier incorpore le 80 e régiment  d’infanterie de ligne  Le 27 août 1916, il est blessé par balles sur la ligne de front, à Fleury  dans le département de la Meuse, pendant la  bataille de Verdun  . Eugène est hospitalisé plusieurs mois et à sa démobilisation, il n’a plus la capacité physique pour reprendre sa profession. Il intègre l’administration pénitentiaire et obtient sa première affectation le 17 mars 1919 à la maison centrale de Fontevraud dans le Maine-et-Loire, en qualité de gardien stagiaire. Titulaire à ce poste le 23 juillet 1919, il devient surveillant le 7 février 1920. Eugène souhaite s’orienter vers la comptabilité. Par un arrêté du 20 septembre 1922, il est promu commis-deniers à la maison centrale   de Clairvaux  …. Le 13 août 1941, les allemands occupent la citadelle, évacuent le personnel et une partie des détenus vers la Centrale de Fontevraud. Eugène Garnier se retrouve dans la Centrale de l’Anjou, là même où il avait commencé en 1919.. De son mariage avec Marguerite le 29 avril 1911, sont nés treize enfants de 1912 à 1935.

La nouvelle année 1945, revêt deux événements importants pour Violette : celui de sa libération tant attendue et l’arrivée à Rennes le 7 janvier 1945, du nouveau greffier-comptable : Eugène Garnier dont elle épousera  le  fils Pierre Garnier (né le 19 février 1919) à  Neuvy-sur-Loire (58450) , le 16 décembre 1946 . Cinq enfants  naitront de cette union.

Poster un commentaire

Classé dans Département 35, Département 49 (b) , Commune de Fontevraud-L’Abbaye excepté l' abbaye, Département 58

-E-ERMENGARDE D’ANJOU (1072-1146), HABITUEE DE L’ABBAYE ROYALE

2 éme édition de la notice .

Alain_Fergent%2C_duc_de_BretagneFille de Foulques IV le Réchin et de sa première épouse Audéarde de Beugeney, Eremengarde  née en 1072 (?) était la demi-soeur de Foulques V et l’ancienne épouse  répudiée de Guilaume  IX, comte de Poitiers. Elle épousa en secondes noces en 1093 Alain Fergent dit Alain IV.

En 1096, son époux étant parti en Palestine pour faire la première croisade, elle assume sans coup férir la garde du duché jusqu’en 1101.

<—- http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alain_Fergent,_duc_de_Bretagne.jpg

Trés cultivée, elle échangeât de la correspondance  avec Robert d’Arbrissel comme Directeur de  conscience.

En 1106, la duchesse de Bretagne, Ermengarde d’Anjou  serait venue en l’abbaye royale de Fontevraud  lui  apportant une renommée encore plus grande et l’appui de son frère Foulque V, duc d’Anjou. La duchesse se mêle aux moniales, partageant partiellement leurs prières.

Désireuse de quitter son second époux  le comte de Bretagne Alain IV  afin de devenir religieuse. Ermengarde,   alléguant  un mariage  consanguin demanda conseil à Robert d’Arbrissel qui lui demanda  d’abandonner cette idée, son mariage étant canoniquement  indissoluble et de faire son salut en assumant les obligations de son rang.

En 1112, atteint d’une maladie dangereuse,  son second mari Alain IV, duc de  Bretagne, céda le duché à Conan , son fils aîné  et se retira  à l’abbaye Saint Sauveur de Redon (35600) . Ermengarde put alors  enfin recevoir  le voile des mains du futur Saint Bernard  au prieuré  cistercien de Larrey, proche de Dijon,  qu’elle quitta après la mort de Robert  d’Arbrissel (1116). Elle reprit alors une  vie  « mondaine »  qui ne  fut pas sans lui attirer des critiques.

En 1129, Conan, duc de Bretagne, accompagna sa mère de retour  à Fontevraud  et fit une ample donation à cet établissement

En 1132, Ermengarde  entreprit  un  second pélérinage en terre Sainte , le premier datant de 1117.  Elle mourut le 1 er juin 1147 (ou 1146 ? ou 1148?)  pour certains  à Jérusalem comme moniale du couvent de sainte Anne même si d’autres sources la font mourir à Redon http://fr.wikipedia.org/wiki/Ermengarde_d’Anjou_(morte_en_1146)

Bienheureuse catholique, elle est fêtée le 1er juin.

 

1 commentaire

Classé dans * Palestine, Département 35, Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud

-A- VIE DE Robert d’ARBRISSEL par Evrault.

Robert d’Arbrissel né à Arbrissel, (dit autrement « arbresec »), vers 1045-1047, fils de Damalioch, recteur ( c’est-à-dire prêtre) d’Arbrissel (35130) , et de Orguen.

Ce breton (environs de Rennes), après des études médiocres, succède à son père. Il aurait probablement vécu en concubinage avec une femme (chose fort courante à l’époque pour un prêtre). En 1076, il favorise l’élection au trône épiscopal de Rennes d’un guerrier, Sylvestre de La Guerche (déposé en deux ans plus tard). Compromis dans l’élection irrégulière, Robert fuit à Paris pour étudier la théologie et  sera reçu docteur en théologie.

Cette période est marquée par la diffusion de la réforme dite « grégorienne » (Pape Grégoire VII) qui vise à un retour aux sources de la religion et plus particulièrement qui combat le mariage des prêtres et le trafic des charges de l’église (nicolaïsme & simonie). Robert semble y avoir été sensible.

En 1089, Sylvestre de La Guerche, chancelier du duc de Bretagne (Conan II), est rétabli sur son siège d’évêque de Rennes et gagné à la cause réformatrice grégorienne. Il nomme Robert archiprêtre et en fait son vicaire général. L’archiprêtre lance alors dans le diocèse des réformes, luttant contre simonie et nicolaïsme (clérogamie) en dépit de fortes oppositions rencontrées. Après avoir travaillé pendant quatre ans à l’extirpation  de ces désordres, il s’employa à pacifier les différents, à retirer les biens ecclésiastiques d’entre les mains des laïcs qui s’en étaient emparés, à rompre les mariages incestueux et à reformer le clergé.

La mort de son protecteur, en 1093, le laisse en butte à la vindicte des clercs. Il doit quitter Rennes et part pour Angers, où il va enseigner la théologie  comme écolâtre (directeur de l’école attachée à la cathédrale).

Au cours de ce séjour, il se lie à Angers avec Marbode, futur évêque de Rennes et Geoffroi, abbé de Vendôme, qui remarquent ses qualités  intellectuelles et religieuses.

Peu avant la fin  du siècle, vers 1095, il fait définitivement siens les principes de pauvreté et de pureté prônés par Grégoire VII et se retire comme ermite dans la forêt de Craon, en Anjou  mais pas trop éloigné d’Arbrissel. Il s’y vit bientôt  entouré d’une foule d’anachorètes attirés par la renommée de ses vertus et de la sainte austérité de sa vie. Sa réputation  de sainteté se répand et de nombreux clercs et laïcs le rejoignent, ce qui conduit à créer des logements qui deviennent  l’Abbaye de la Roë, octroyée le 11 février 1096 par Renaud, dit l’Allobroge ou le Bourguignon, seigneur de Craon. Il les partagea en trois colonies, se chargea d’en gouverner une et confia les autres à Vital de Mortain  et à Raoul de la Futaye.

Le 21 mars 1096, le concile de Tours le nomme prieur de l’abbaye de la Roë.

La même année, le pape Urbain II  de passage à Angers, le nomme « missionnaire apostolique » avec la permission de prêcher « per universum mundum ». Robert, « pauper Christi » (pauvre du Christ), renonce donc à la vie paisible de prieur pour parcourir les villes et les campagnes (« semeur du verbe divin »). Son exemple est suivi par d’autres prédicateurs. Ces disciples se nomment eux-mêmes « pauvres de Jésus-Christ ». Clercs et laïcs, hommes et femmes, ils dorment en pleine forêt et attirent de facto l’attention des autorités religieuses. Le bienheureux Raoul (ou Radulphe) de la Futaie (ou de la Fustaie ou de la Futaye), bénédictin et prêtre à Saint-Jouin-de-Marnes, embrasse la vie érémitique dans la forêt de Craon avec Robert d’Arbrissel, le « prince du désert ».Vital de Mortain rejoint Robert et Raoul. Bernard de Ponthieu, qui vient les trouver, et Vital de Mortain iront fonder, l’un le monastère de Tiron au diocèse de Chartres, l’autre, celui de Savigny au diocèse d’Avranches. Raoul (†1129) aidera Robert d’Arbrissel à fonder Fontevraud; et comme Robert, il fondera « en 1112 ou 1115, selon dom Morice, dans la forêt du Nid-de-Merle au diocèse et à trois lieues vers le Nord-Nord-Est de Rennes » la double abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt dont l’abbesse avait le gouvernement tant des religieux que des religieuses.

Il prêche la parole de Dieu, et partout entraînant après lui  une foule admirative d’hommes et de femmes de tout âge et toute condition: nobles, brigands, prostituées, miséreux, soldats, lépreux … Bien évidemment, et très rapidement, cette « cohabitation » est toute en contradiction avec les us et les coutumes du moment, et le scandale survient. Deux lettres contemporaines au moins en témoignent :

  • l’une de Geoffroy, Abbé de Vendôme, bien que lié avec Robert, l’accuse  d’indiscrétion dans sa trop grande familiarité avec les femmes qu’il gouvernait. Voici un passage de cette  lettre : « Foeminarum quasdam, ut dicilitr, mmis familiariter tecum habitare permittis, et curn ipsis etiam, et inler ipsas noclu  fréquenter cubare permittis ».
  • L’autre de l’évêque de Rennes, Marbode, qui adresse à Robert, vers 1100, une longue et sévère lettre de reproches. Elle remet en cause la justesse des pratiques évangéliques et celle de la nova religio que Robert a instituée dans sa communauté itinérante. Il lui reproche ses excès, notamment de vivre au milieu des femmes (pratique du synéïsaktisme, consitant à éprouver  sa foi en  dormant entre deux femmes), de porter un costume ridicule (vêtu de haillons), de stigmatiser les vices du peuple et plus encore ceux des grands et du clergé.

L’évêque Marbode et un concile ( avec les évêques Pierre II de Poitiers et Girard II d’Angoulême) réuni à Poitiers, en novembre 1100, imposent à Robert de se fixer quelque part et de « régler » la vie communautaire de ces hommes et femmes réunis autour de lui. Ainsi, avec l’appui de l’évêque Pierre II de Poitiers il va  fonder une abbaye dans le vallon de Fontevraud, diocèse de Poitiers, mais à l’intersection toutefois de trois provinces,et donc trois diocèses : Anjou, Poitou et Touraine.

Le site est propice car à l’emplacement d’une source nommée la fontaine d’Evrault (fons Ebraldi), bandit de légende, la forêt est généreuse (forêt de Bore) et le sous-sol un véritable gruyère de tuffeau . Il s’y installe vers Pâques 1101.

Il confie à deux femmes, les plus fidèles de ses disciples, Hersende de Champagne, parente du comte d’Anjou et veuve du seigneur de Montsoreau (village à une lieue au nord, en bord de Loire), comme prieure, secondée par Pétronille de Chemillé (plus tard la première abbesse de Fontevraud), le soin de veiller à la construction et à l’organisation du monastère, pendant qu’il repart en errance prêcher.

Cet ensemble monastique est constitué :

  • d’une abbaye-mère, le Grand Moustier où se retrouvent les nobles vierges ou  veuves, « de grande vertu » ; elles constitueront les moniales de chœur ;
  • du prieuré Saine Marie Madeleine, pour les anciennes prostituées et les femmes de « moindre vertu » ; sœurs converses ;
  • du prieuré Saint Jean de l’Habit, pour les hommes (soumis à la règle de Saint Augustin)
  • et du prieuré Saint Lazare, regroupant les moniales qui soigneront les lépreux.

Robert dédie son ordre à la Vierge Marie. En choisissant  comme devise pour son sceau la parole du Christ sur la croix à Jean: « Fils, voilà ta mère », il remet, de facto, toute l’autorité aux mains d’une femme, l’abbesse, à laquelle même les moines devront obéissance et respect filial ; et ce à une époque où la tradition populaire régionale annonçait qu’à la naissance « garçon de paille vaut fille d’or ! » C’est la grande originalité de Fontevraud.

Il jette ainsi les bases définitives de cette nouvelle communauté, placée sous la règle de Saint-Benoît mais avec une adaptation, mettant l’accent sur l’abstinence et le silence perpétuels. L’ordre monastique est placé sous le vocable de Notre-Dame du Calvaire. Robert peut alors reprendre sa vie errante, prêcher et fonder des monastères : Les Loges, Chantenois, Lencloître, La Puïe, La Lande, Tuçon en Poitou , Orsan, dans le Berry ; La Madeleine d’Orléans sur la Loire , Boubon , le prieuré de la Gasconnière, le couvent de Cadouin et celui de Haute-Bruyère près de Chartres.

L’ordre de Fontevrault, fondée par ses soins, devint en peu de temps considérable et célèbre (plus de cent prieurés).

En 1104, Robert d’Arbrissel, qui refuse d’être appelé « abbé » ou « seigneur » mais se considère comme le « magister », assiste au concile de Beaugency puis à celui de Paris où il persuade Bertrade de Montfort de se séparer du roi Philippe Ier (dont elle est l’épouse illégitime) et de renoncer au monde. Bertrade quitte la cour et se rend à Fontevraud où elle prendra le voile (elle s’éteindra vers 1117 après avoir fondé le prieuré de Haute-Bruyère). La même année meurt Renaud ou Régnault, ancien chanoine à Soissons et disciple de Robert.

L’Evêque de Poitiers  fut si satisfait de sa doctrine et des lois qu’il avait données à ses disciples, qu’il sollicita auprès du Saint-Siège les bulles  de confirmation, et, en les délivrant, le pape Pascal II déclara qu’il prenait cet ordre sous sa protection spéciale (privilège d’immédiateté). Il approuva la fondation le 25 avril 1106 puis la confirma le 5 avril des années 1112 et 1117. En 1106, la venue à l’abbaye de la duchesse de Bretagne, Ermengarde d’Anjou, apporte une renommée encore plus grande et l’appui de son frère Foulque V, duc d’Anjou.  La reine Bertrade prendra également le voile à Fontevraud.

Cependant, Robert persiste dans sa « mortification » ; et vers 1106-1107, Geoffroy, abbé de la Trinité Vendôme, lui écrit:

« Nous avons appris en effet que tu te comportes à l’égard du sexe féminin que tu as entrepris de diriger de deux manières tout à fait opposées l’une à l’autre, au point que tu excèdes totalement la règle de la mesure dans les deux cas. À certaines des femmes tu permets, dit-on, d’habiter trop familièrement avec toi, tu leur parles très souvent en privé et tu ne rougis même pas de coucher fréquemment la nuit avec elles et au milieu d’elles. Tu penses ainsi, affirmes-tu, porter dignement la croix du Seigneur sauveur, quand tu t’efforces d’éteindre l’ardeur de la chair allumée à tort. Si tu agis ainsi, ou si tu l’as parfois fait, tu as inventé un genre de martyre nouveau et sans précédent, mais sans fruit. Certes on ne peut attendre aucune sorte d’utilité ou de fruit de ce qui a été d’évidence entrepris contre la raison. »

Toujours en errance de prédicateur, en 1115, il place l’ensemble monastique sous l’autorité de Pétronille de Chemillé.

Le 18 février 1116, il tombe gravement malade en Berri, au cours d’un déplacement. Il meurt le 25 février dans le prieuré fontevriste d’Orsan (Cher). Une lutte âpre s’engage alors autour de sa dépouille (culte des reliques). Finalement, son corps regagne Fontevraud le 7 mars 1116. Il est enterré à droite du maître autel de l’abbatiale, contrairement à ses vœux (il souhaitait être enterré dans « la boue du cimetière »).

Le pape Callixtre II consacre en personne l’église et l’abbaye en 1119. La renommée de l’abbaye de Fontevraud gagne l’Espagne et l’Angleterre où des prieurés sont fondés.

La fondation de Fontevraud est contemporaine de la restauration de l’observance bénédictine par un saint moine, Robert, vers 1098, puis par saint Bernard (1113) à Cîteaux, diocèse de Châlons-sur-Marne. C’est de début de l’ère cistercienne, dont finalement, Robert, avait été, peu ou prou, le précurseur.

 Epitaphe :

En 1655, Louise de Bourbon, abbesse de Fontevraud, fît placer les restes de Robert dans un superbe tombeau de marbre,  sur lequel on lisait l’épitaphe qu’Hildebert, Evêque du Mans, avait faite en son honneur, et dont voici quelques vers :

« Attrivit lorica laïus, silis arida fauces, Dura famés stomacbum, lumina cura vigil. Induisit raro requiem sibi, rarius eseam. Gultura pascebat graraiue, corda Deo. Legibus est subjecta carq dominas rationis. Et sapor unus ei, sed sapor ille Deus ». »

Robert d’Arbrissel n’a jamais connu de culte manifeste. Pourtant certaines abbesses entameront une demande de canonisation qui fut toujours refusé.  Sa personnalité empreinte de contradictions dans lesquelles il se débattra toute sa vie ne facilitera en rien la constitution de cette demande :

  • dualité entre sa vie d’errance et son souhait de stabilité religieuse,
  • sa condition d’homme et sa dévotion à la vierge Marie et à la femme , promoteur de son émancipation ;
  •  sa pauvreté réelle et son attirance pour la richesse (puissance de l’ordre) et la noblesse.

De même, le choix fait par la première abbesse de l’inhumer dans le choeur de l’abbatiale ne permettra pas aux foules de venir de se recueillir et empêchera ainsi toute constitution de miracle.

Citations

  • Cependant, voyant augmenter la foule de ceux qui le suivaient, il décida, pour éviter tout acte inconsidéré, et puisqu’il importait que les femmes habitassent avec les hommes, de rechercher un lieu où ils pussent vivre sans scandale et de trouver un désert, s’il en rencontrait. Or, il y avait un lieu, inculte et aride, planté de buissons épineux, appelé Fontevraud depuis les temps anciens…                                            (Baudri de Bourgueil 1046-1130, évêque de Dol, Vie du bienheureux Robert d’Arbrissel)                                                                                                                       
  • A ce grand saint qui se plut à coucher                                                                                                                                                   Entre les bras de deux nonnes fessues,                                                                                                                                           A caresser quatre cuisses dodues,                                                                                                                                              Quatre tétons, et le tout sans pécher.                                                                                                                                         (Voltaire 1694-1778, 4e chant de la Pucelle)
Sources 
*     Les sept vies de Robert d’Arbrissel                           Jacques DALARUN

*   Robert d’Arbrissel et la vie religieuse dans l’ouest de la France  Jacques DALAUN

*     Robert d’Arbrissel, fondateur de Fontevraud                 Jacques DALARUN

*   L’impossible sainteté, ou la vie retrouvée de Robert d’Arbrissel  Jacques DALARUN

*    Petite vie de Robert d’Arbrissel                    Jacqueline MARTIN- BAGNAUDEZ

*    L’ étonnant fondateur de Fontevraud                   Jean-Marc BIENVENU

* Vie du bienheureux Robert d’Arbrissel                                       Maître André DESMOTS

                                                                                                              Evrault

1 commentaire

Classé dans Département 35, Département 36, Département 49 (b) , Commune de Fontevraud-L’Abbaye excepté l' abbaye, Département 53, Département 86

-E- L’EREMITISME ET ROBERT D’ARBRISSEL.

L’érémitisme, pratique  remontant au IV e siècle  héritée des antiques Pères du désert d’Egypte, de Palestine, de Syrie, fut répandue en Occident par un courant  celto-Irlandais et  connut  notamment un grand succès en Italie au X e siècle.

Dans la deuxième moitié du XII e siècle, dans les régions de l’ouest de la France, l’Eglise traversant alors une période de crise, de nombreux moines se réfugièrent  dans l’érémitisme:

  • Guillaume Firmat  dans le Maine,
  • Vital de Savigny en Normandie,
  • Bernard de Tiron entre le Poitou et le Perche.

C’est le  grand prédicateur Geoffroi du Louroux dit « Babion », qui enseignait à Angers dans les années  vers 1093-1095, qui communiqua  à Robert d’Arbrissel  » la tentation du désert ». Ce dernier partit dés lors dans la forêt de Craon à La Roé non loin de son village natal d’Arbrissel (35130), en compagnie d’un autre prêtre, à l’imitation des disciples en voyés deux par deux  par le Christ. Il pratiqua alors une  sévère ascèse,  précha avec  véhémence , attirant ainsi à lui une foule  composée d’hommes et  de femmes de tous milieux, de riches et de pauvres, de femmes vertueuses et de prostituées,  qu’il amena à la pénitence et à la  conversion et  qu’il désigna sous le nom de « Pauperes Christi » (les pauvres du Christ »).

Poster un commentaire

Classé dans Département 35, Département 49 (b) , Commune de Fontevraud-L’Abbaye excepté l' abbaye

-V- VISITEURS DE L’ORDRE DE FONTEVRAUD

– Cantien HUE, Recteur de l’université de Paris, 

  né en 1442 . Prieur du Prieuré fontevriste de l’Encloître  en Gironde  en 1485.

Visiteur , encore en 1501, de l’ordre de Fontevraud

Mort le 4 avril 1502 et inhumé  dans une des chapelles  de l’église  fontevriste des Filles -Dieu de Paris , église démolie en 1798.

Son épitaphe a été heureusement  conservée :

Ci –Gist 

Cantien Hûe, digne de mention

Du monde,  de la chair, du diable

Ayant  victoire, de louable

Et celeste  conversation ;

    Lequel,an mil cinq cent et deux,

    De Saint Ambroise, jour  et feste,

    Sexagénai ret vertueux

     Rend l’esprit, eléve l’ateste*.

* Comprendre que c’est un de ses anciens élèves qui l’atteste.

http://www.corpusetampois.com/cle-16-1502epitaphedecantienhue.html

– Le RP Dom Gabriel de Sainte-Marie, Prieur  claustral des  Religieux du monastère  des pères bénédictins anglais  de Saint Malo,  ayant été  nommé  Visiteur de l’Ordre de Fontevrault  dés l’année 1619  et en suite appelé pour prêcher  dans l’église cathédrale Notre-Dame de Paris . Il fut fait évêque d’Archidal  à la sollicitation de Madame Marie de Lorraine , Abbesse de Chelles  qui affectionnait beaucoup ce Révérend  Père  à cause de ses grandes qualités et de son rare mérite.

http://www.infobretagne.com/saintmalo-monastere-saintbenoit.htm

Guillaume Richer de Monthéard, abbé de Saint Vincent du Mans en 1614, député aux états généraux  de 1614 et visiteur de l’Ordre de Fontevraud.

– Dans une lettre autographe  signé « L. de France » , Jeanne–Baptiste de Bourbon s’adresse au visiteur de la province d’Auvergne au sujet du conflit entre la prieure de Brioude  et le confesseur du prieuré : elle lui donne le pouvoir de régler  ce litige.

– Archives départementales de la Haute-Vienne. Relations avec l’ordre de Fontevrault

24 H 1   Registre des procès-verbaux des visites du prieuré de Boubon prés Cussac  établis par les visiteurs de l’ordre de Fontevrault pour la province de Bretagne. 1653-1788

Registre sur papier, non folioté, couverture cartonnée couverte de papier. Des feuillets manquent au début du registre et le premier procès-verbal a été ultérieurement relié. Chaque procès-verbal est scellé soit d’un timbre sec, soit du petit ou du grand sceau de l’ordre de Fontevrault.

http://www.archives-hautevienne.com/inventaires/inventaire_detail_popup.php4?idInventaire=790

– Au prieuré de Jourcey (Rhône), le compte -rendu de la visite faite  en 1489  par Jean Moreau, prieur de Saint-Laurent- de -Fontevraud  et  visiteur de l’Ordre  dévoile un prieuré  en bien mauvais état , materiel comme spirituel.  Il demande au  Prieur  de défendre les droits financiers de son Prieuré.

Bibliographie.

Les hommes et la terre en Forez à la fin du Moyen-âge: la seigneurie rurale … Par Claude Colombet-Lasseigne.p. 335.

Poster un commentaire

Classé dans Département 35, Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud, Département 69, Département 72, Département 75, Département 77, Département 86, Département 87