99- IL ETAIT UNE FOI … ROBERT ET PETRONILLE AU PAYS DES FONTEVRISTES

      Table des matières du récit :    » Il était une  Foi … Robert et Pétronille               au pays des Fontevristes« .       

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            I. DEUX JEUNES PELERINS EN CHEMIN                                                     II. LES PRIEURES FONTEVRISTES DE LA CLARTE-DIEU 

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 I. DEUX JEUNES PELERINS EN CHEMIN

     Après tout ce  pouvait bien  être  la  sonnerie de l’Angélus (1)  (7 heures)  qui réveilla  Pétronille , jeune  fille  connue  pour  avoir  le sommeil beaucoup plus léger  que celui de  son compagnon de  pèlerinage, Robert,  à moins que ce ne  fût  dans son rêve.

    Pétronille  profita  donc  de  cette légère avance pour  se signer  dévotement  en confiant à son Créateur  le bien qu’elle pourrait accomplir  et les rencontres qu’elle  pourrait  faire. Ceci accompli,  elle se passa  de l’eau sur le  visage et  sur les mains  grâce au pot en étain  et  à l’écuelle  en terre  cuite  que l’aubergiste, homme prévoyant  , avait mis à leur disposition sur le palier  séparant les deux  chambres de  l’Auberge  « A la roue d’or »  où ils avaient pris pension pour la nuit.

Après quoi, , elle  toqua à la porte  de la soupente , moins  confortable que le havre où elle s’était assoupie, recrue de fatigue , mais  son compagnon de voyage ,Robert était un homme galant … , soupente d’où  le jeune  homme  finit par émerger  , un peu hirsute  comme  à son habitude. Le  petit  déjeuner pris dans la salle  commune où le feu n’avait pas en  été rallumé  dans la  grande  cheminée, les deux jeunes gens se remirent en route.

L’auberge  qu’il venait de  quitter  était bâtie à la croisée  de deux chemins , l’un longeait la crête de la petite  colline à peu de distance du sommet , l’autre  qu’ils avaient  suivi jusque là en finissait l’ascension avant de redescendre, sans  doute, de l’autre côté. S’étant  signé  devant la  croix protégeant ce  carrefour , symbole des  ces  choix parfois difficile , entre plusieurs options  qu’offrait  souvent la vie, les pèlerins se remirent  en route décidant de  suivre celle des deux pistes  qui allait leur permettre  d’ici relativement  peu de pas de  se retrouver au sommet de la  colline.

Frappant en cadence  le chemin de  leur  bourdon (2), bâton au bout ferré , de façon à se donner  du courage, le jeune  couple atteignit rapidement le  sommet  visé et là s’étant assis dans l’herbe, au pied  d’un grand  chêne, ils  contemplèrent le paysage  qui s’offrait  largement à eux .

* * *

      La pente  était sensiblement plus douce  de  ce  coté -ci, le paysage  plus ouvert aussi  si l ‘on voulait  bien excepter  le petit  bois de hêtres qui ne coupait  qu’à peine la perspective  vers le fond de la vallée. Des  cloches au son différent appelaient maintenant  de pieux reclus à l’office de tierce  (9H30), celui dont Joris Karl Huysmans dit qu’il est la  figure de l’adolescence de l’homme (3) . Ils leur fallait  hâter  un peu le pas  s’ils  voulaient pouvoir assister à la messe de semaine, messe  qui était   dite  à 10 heures, leur avait assuré le tenancier  de La roue d’or.

     Une grande paix enveloppait  nos deux jeunes marcheurs. Même s’ils  ne  voyaient pas en encore  très clairement l’endroit où ils voulaient que leurs pas les  conduisent , brume du matin oblige, ils savaient  bien qu’une   fois traversé le bois, ils  distingueraient plus clairement le pieux  asile où ils avaient  décidé de se ressourcer  quelques jours.  Pour l’heure et  sans  que cela ne nuise aucunement à leur paix intérieure, bien au contraire,  les oiseaux  avaient  commencé  une symphonie : des trilles, des sifflements, des caquètements et des trilles â nouveau .

   Grâce à Dieu , nos  jeunes marcheurs avaient  été très  bien renseignés.  Laissant à main gauche une maison forte  dont les tours au toit  coiffés en poivrières habillés d’ardoise  contrastaient avec les  briques de la demeure et des communs serrés autour d’elle, ils ne tardèrent pas à voir  un petit  cours d’eau bordé de frênes, de  saules et d’ormes . Il était probable que certaines de  ces plantations , effectuées  à coup sur par les religieux d’un prieuré proche,  étaient plus anciennes que d’autres car là où des  tiges  plus jeunes  que d’autre montraient  des feuillages d’un vert plus tendre , la berge apparaissait  moins stabilisée  qu’elle l’était ailleurs par des racines plus anciennes et  donc mieux établies.

   Un berger  confirma leur espérance , les deux  clochers émergeant un peu plus loin,  de l’autre côté  du ponceau à une arche (4) enjambant l’Envigne (5),  étaient  bien ceux  du prieuré  fontevriste  double  de la Clarté-Dieu.                                                                     Pour autant avant d’aller  jusque là les deux jeunes gens s’accordèrent un moment de fraîcheur  en regardant un moulin à  roue à augets, dans lequel, leur avait-on expliqué à l’auberge ,  l’eau passe par- dessus la roue. S’il n’appartenait pas à un seigneur proche, il était  sûrement  la propriété de Madame la Prieure (6).

 NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

(1)- Angelus. Prière de l’Église catholique d’Occident qui commémore l’ Annonciation de la naissance du Christ faite à Marie et qui  tire son nom de ses premiers mots, « AngelusDomini nuntiavit Mariæ« … L’Ange du Seigneur porta l’annonce à Marie.  

(2) -Bourdon

(3) –  Le roman de Durtal p. 600.

(4) Il résulte  des termes  d’un acte  de 1586  que   ce pont à l’arche unique  en plein-cintre qui  enjambe un petit affluent de l’ Auvignon, rivière  qui se jette dans la Garonne, dans la commune de Feugaroles (47230) même,  fut élevé sous l’ autorité de Marie de Monluc, prieure du couvent  fontevriste du Paravis.

(5)– D’une longueur de 32,3 kilomètres, l’Envigne naît sur le territoire de la commune  , à trois kilomètres au nord de Mirebeau. Sa direction générale va d’ouest en est. Elle se jette dans la Vienne, à Châtellerault (86) (rive gauche)http://fr.wikipedia.org/wiki/Envigne                                                                                  après  avoir longé les prieurés fontevristes de Lencloître

(6) C’est ainsi – entre de très nombreux exemples- que la prieure  du prieuré fontevriste de Saint-Laurent (-sur-Save) (31230)  possédait un moulin bladier  (c’est-à-dire  à moudre le blé).

II. LES PRIEURES FONTEVRISTES DE LA CLARTE-DIEU (1)

      Le lecteur  sait  sans  aucun doute  que les prieurés Fontevristes avaient été initialement  conçus sur le modèle d’un prieuré  double :  l’un abritant les moniales et l’autre les moines. L’évolution fit  certes , dans un grand nombre de  cas , réduire le prieuré masculin au seul Prieur  chargé d’apporter les secours spirituels aux moniales, mais à l’époque où nous nous plaçons, cers  prieurés étaient  bien doubles. Le lecteur sait  nécessairement aussi qu’à l’imitation de  ce  qui se passait  dans la noble, grande  et prestigieuse abbaye royale de Fontevraud, la Prieure du lieu commandait  aussi bien à ses moniales qu’aux moines  voisins, membres  eux aussi de l’ordre monastique de Fontevraud.                                                                                                                                                Prieuré double ne  voulant  naturellement pas dire prieuré mixte, le moment  était  venu pour Robert et Pétronille de se  séparer quelque  temps . La Providence leur avait  heureusement  suggéré de se  munir  chacun d’une cage  avec deux pigeons  voyageurs  qu’ils déposeraient  naturellement à la porterie de chacun de leur  asile . Lorsque l’un ou l’autre, l’un et l’autre, déciderait  de mettre  fin à sa retraite, il pourrait  ainsi le dire à l’autre mais  ceci ne  devrait pas se produire avant  que les  clepsydres des prieurés aient mesuré  sept jours.                                                                      Le séjour  que s’apprêtaient à faire en ces pieux asiles Pétronille et Robert   allaient  en très  grande partie  déterminer leur  avenir. Les deux jeunes gens s’interrogeaient  fort  , depuis quelques  temps déjà, sur la possibilité  qu’il y avait  d’intégrer   le prieuré  double de la Clarté-Dieu  et c’était  bien , sans jeu de mots, la clarté  sur  ce  que Dieu attendait d’eux  qu’ils étaient  venus  chercher derrière ces hauts murs. Ils n’ignoraient  certes pas  que  ce n’était pas parce que l’on était  en clos en un prieuré  que les bruits du monde   cesseraient , comme  par miracle, de parvenir jusqu’à eux  mais, du moins, avait-il la ferme espérance qu’ils  n’en auraient ainsi plus qu’un écho assourdi.

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                                      NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

(1)-Le nom de ce prieuré ne  sonne pas vraiment  » fontevriste », ce type de « nom » serait plutôt  l’apanage des  « maisons de prière » cis-tercienne , au  même titre que : l’ Abbaye de la Joie-Notre- Dame, l’Abbaye Notre-Dame de Bonlieu, l’Abbaye de Bonnefontaine, l’ Abbaye de Fontfroide , l’ Abbaye Notre-Dame de l’Eau,                                                                                                                                                           Pour autant , la « Clarté-Dieu » rend un si beau son que nous n’avons pas   estimé possible de nous-et de  vous- en priver.

                                                                                        Jean de l’Habit

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2 réponses à “99- IL ETAIT UNE FOI … ROBERT ET PETRONILLE AU PAYS DES FONTEVRISTES

  1. Thank you for another excellent article. Where else may just anybody get that type of information in such an ideal method of writing? I have a presentation subsequent week, and I’m on the look for such information.

    • Je suis content que que ce que j’écris puisse vous être de quelque utilité. S’agissant de cette rubrique plus particulièrement , m^me si sa forme est romancée . Ce que j’y dis est rigoureusement exact.

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