Archives de Tag: Abbesse Françoise de Rochechouart

-C- CLOÎTRE DU GRAND-MOUTIER ou cloître Sainte-Marie

   Contigu à l’église  abbatiale; le cloître du XVI e  siècle  qui succéda  au cloître roman complétement  disparu, est unique par ses dimensions (56 m. sur les côtés E et O; 59 m. sur les côtés N et S, 4,30 m. de largeur, 4,84 m de  hauteur  sous la clef). Il fut  réalisé en deux temps.

  L’Abbesse Renée de Bourbon fit  bâtir  l’aile sud en 1519 juste après la  construction  du rèfectoire  contre  lequel elle s’appuie. Elle eut recours à des maçons locaux venus de Doué-la-Fontaine et de Beaufort-en-Vallée. Cette galerie à l’intérieur encore  gothique avec ses  voûtes  d’ogives surprend  par son extérieur aux arcades en plein cintre moulurées avec délicatesse  surmontées  par un bandeau  de pierres nues délimité par deux  corniches. Entre les travées,  alternent avec  de lourds  contreforts, des pilastres ornés de roses, dans la goût de la première Renaissance italienne.

  L’aile Ouest ( avant 1597) , détériorée à cause  de la déclivité  du sol , dut être   entièrement  reconstruite  au XIX siècle. Seul  a subsisté  de l’état antérieur des lieux , un culot  représentant  une salamandre.

 L’aile Est ( 1548-1551) ouvre sur la salle capitulaire par une importante porte centrale au-dessus de laquelle figurait un blason aux armes des Abbesses Louise de  Bourbon de Lavedan (30 éme) et de Françoise de Rochechouart (33 éme). Cette aile  donne également sur le chauffoir et l’escalier droit  sans  retour (1542) communiquant  avec  les dortoirs.

   L’aile Nord ( vers 1560) est la seule aile recouverte d’un toît en appentis tandis que les trois autres supportent une galerie couverte.

  Ainsi  l’intérieur de l’ensemble du cloître offre un aspect assez unifié mais, en revanche, l’extérieur  est  contrasté. Le  côté Sud  a  conservé les contreforts entre les arcades tandis que les trois autres possédent des  colonnes jumelées deux par deux et  abritées  par un châpiteau de style ionique.

   Dans l’angle Nord-est du cloître, sont  situées   les  chambres du Mont-Sain-Michel.

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Classé dans Département 49 (a) , Abbaye royale de Fontevraud

-E- Françoise de ROCHECHOUART, Grande Prieure puis ABBESSE DE L’ORDRE de Fontevraud PREND LES EAUX A BOURBON L’ARCHAMBEAUD.

Françoise de Rochechouart, cinquième fille du duc de Vivonne, devint, en 1694, grande prieure de l’abbaye de Fontevrault, dont sa tante, Marie-Madeleine-Gabrielle, était abbesse depuis 1670. Elle avait alors environ trente ans. En 1704, elle en devint elle-même abbesse et le resta jusqu’à sa mort en 1742. En 1696 et en 1703, elle séjourna à Bourbon ( l’Archambeaud) pour y prendre les eaux. A chacun de ses séjours, elle envoya une lettre plaisante, en vers, au vieil évêque d’Avranches, Daniel Huet. 

Après avoir bien bu sans soif la matinée,

on ne peut sans ennui remplir une journée.

Quoique l’on trouve ici des gens de qualité,

pleins d’esprit, d’agrément et de capacité,

d’un aimable entretien, propres pour les visites,

au coucher du soleil nous devenons hermites :

nous sommes séquestrés ; d’un empire absolu,

les médecins en corps l’ont ainsi résolu.

Ce n’est pas qu’un dîner souvent ne nous rassemble :

nous avons le plaisir de nous trouver ensemble,

d’y rire, d’y jouer, soit chez un cardinal,

soit chez un duc et pair, ou chez un maréchal.

Les titres à Bourbon y sont en abondance :

cardinaux, princes, ducs et maréchaux de France,

ministres, présidents, abbés, religieux,

filles de duc et pair, tout accourt en ces lieux. […]

Il y vient de méchants carrosses

en arbalète avec trois rosses,

dont un homme défiguré

sort, et se tient fort assuré

de guérir en quelques semaines

en buvant à perdre haleine,

y joignant bains et douche aussi

(comme la plupart font ici)

ou chez eux ou sur la fontaine.

Et ceux dont la bourse est plus pleine

les prennent plus commodément,

au lit, dans leur appartement.

On quitte enfin ce langoureux séjour ;

on reprend le chemin de Paris, de la cour.

Lorsqu’on a bu des eaux tout le cours d’une lune,

on quitte la règle importune

qui veut qu’on mange peu le soir. […]

Pour épuiser notre matière,

par un effet presque miraculeux,

languissants, contrefaits, impotents, malheureux,

vrais modèles de mascarade,

se trouvent à la promenade,

et nous ne reconnaissons plus

ceux que nous avons vu perclus.

Et c’est dessus une terrasse,

que toute cette scène passe.

Car vous devez savoir que, tout proche des bains,

est le couvent des Capucins :

il fournit au public une allée agréable

à la hauteur du château de Bourbon ;

on s’y va promener sur l’herbe ou sur le sable ;

l’air que l’on y respire est estimé très bon.

C’est où vont se montrer tous ces paralytiques,

tous ces désopilés qu’on prenait pour étiques :

les boiteux marchent droit, les bouches de travers,

reprenant leur figure, y vont chanter des airs ;

et les convalescents, pour y jouer leur rôle,

                        y montent triomphants ainsi qu’au Capitole.

http://www.bude-orleans.org/Geolitteraire/Regions/03-Bourbon-l%27Archambault.html

 

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