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L’article « Fontevraud » dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

(Géographie et Histoire monastique) Font-Evraud, et suivant Ménage, Fontévaux, Font-Ebraldi, est un bourg en Anjou à trois lieues de Saumur. Long. 17. 41. 54. lat. 47. 10. 47.

Ce bourg n’est cependant connu que par une célèbre abbaye de filles, chef d’ordre érigée par le bienheureux Robert d’Arbrissel, né en 1047, et mort en 1117, personnage trop singulier, pour ne pas rappeler dans cette occasion un petit mot de sa mémoire et de l’ordre qu’il fonda.

Après avoir fixé ses tabernacles à la forêt de Fontevraud, il prit l’emploi de prédicateur ambulant, et parcourut nuds-piés les provinces du royaume, afin d’exhorter principalement à la pénitence les femmes débauchées, et les attirer dans son cloitre de Marie-Magdeleine. Il y réussit merveilleusement, fit en ce genre de grandes conversions, et entr’autres celle de toutes les filles de joie qu’il trouva dans un lieu de débauche à Rouen, où il était entré pour y annoncer la parole de vie. On sait encore qu’il persuada à la reine Bertrade, si connue dans l’histoire, de prendre l’habit de Fontevraud, et qu’il eut le bonheur d’établir son ordre par toute la France.

Le pape Paschal II. le mit sous la protection du saint siège en 1106, le confirma par une bulle en 1113, et ses successeurs lui ont accordé de magnifiques privilèges. Robert d’Arbrissel en conféra quelques temps avant sa mort le généralat à une dame nommée Pétronille de Chemillé ; mais il ne se contenta pas seulement de vouloir que son ordre put tomber en quenouille, il voulut de plus qu’il y tombât toujours, et que toujours une femme succédât à une autre femme dans la dignité de chef de l’ordre, commandant également aux religieux comme aux religieuses.

Il n’y a rien sans-doute de plus singulier dans le monde monastique, que de voir tout un grand ordre composé des deux sexes, reconnaitre une femme pour son général, c’est néanmoins ce que font les moines et les nones de Fontevraud, en vertu de l’institut du fondateur. Ses volontés ont été exécutées, et même avec un éclat surprenant ; car parmi les trente-quatre ou trente-cinq abbesses qui ont succédé jusqu’à ce jour (1756) à l’heureuse Pétronille de Chemillé, on compte quatorze princesses, et dans ce nombre, cinq de la maison de Bourbon.

L’ordre de Fontevraud est divisé en quatre provinces, qui sont celles de France, d’Aquittaine, d’Auvergne, et de Bretagne. Il y a quinze prieurés dans la première, quatorze dans la seconde, quinze dans la troisième, et treize dans la quatrième. C’est sur cet ordre, si l’on veut satisfaire pleinement sa curiosité, qu’il faut lire Sainte-Marthe dans le IV. vol. du Gallia christiana, et surtout l’ouvrage du P. de la Mainferme, religieux de Fontevraud, intitulé Clypeus ordinis Fontebraldensis. Le premier volume fut imprimé en 1684, le second en 1688, le troisième en 1692 ; et il faut joindre à cette lecture, celle de l’article de Fontevraud dans la dernière édition du Dictionnaire de Bayle. (D.J.)

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Article « Fontevraud ». Louis de Fontanes. Dictionnaire de l’histoire de France. Larousse

Fontevraud (abbaye de)

Abbaye située près de Saumur qui, dès sa création en 1101, s’affirme comme le lieu d’une expérience originale, tout en se rapprochant rapidement du régime bénédictin.

Robert d’Arbrissel, son fondateur, choisit en effet d’instaurer un monastère double accueillant à la fois des hommes et des femmes. La communauté se répartit en cinq ensembles : le Grand Cloître, ou Grand Moutier, avec l’église Notre-Dame, abrite les moniales ; les frères (prêtres ou laïcs) se regroupent à Saint-Jean-de-l’Habit ; Sainte-Marie-Madeleine est destinée aux repenties ; Saint-Lazare, aux lépreu

 

Robert d’Arbrissel désire que la communauté soit égalitaire ; lui-même n’accepte que le titre de « maître » et se fait assister par une prieure. En 1115, il désigne comme supérieur une femme, Pétronille de Chemillé (morte en 1149), qui devient la première abbesse de Fontevraud. Issues pour la plupart de l’aristocratie, les moniales affirment leur prééminence par leur nombre et par leur vocation contemplative. Les statuts, souvent remaniés, accentuent la séparation des moniales et des frères, en renforçant l’assujettissement des seconds, ce qui suscite quelques réactions. L’abbesse dispose de tous les pouvoirs. Fontevraud présente donc la particularité d’être un ordre double, mais où l’égalité primitive a laissé la place à une subordination des religieux aux religieuses et à l’abbesse, qui dirige la congrégation.

L’abbaye de Fontevraud a bénéficié de la protection des Plantagenêts, qui en ont fait leur nécropole : l’église renferme les gisants d’Henri II, d’Aliénor d’Aquitaine et de Richard Cœur de Lion. L’ordre a été supprimé pendant la Révolution, en 1792.

Louis de Fontanes . Dictionnaire de l’histoire de France. Larousse

http://www.larousse.fr/archives/histoire_de_france/page/475

http://www.larousse.fr/archives/histoire_de_france/page/476

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