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-T-1804-1814. LA TRANSFORMATION DE L’ABBAYE ROYALE EN PRISON. L’une des plus dures prisons de France…

La vie monastique prend fin à la Révolution. Récupérée par l’Etat français après la période révolutionnaire, l’Abbaye est reconvertie en prison centrale par un décret napoléonien du 18 octobre 1804. Elle est ainsi sauvée d’une disparition certaine.

La cité pénitentiaire de Fontevraud, prévue pour 1 000 détenus, nécessite de vastes transformations pour pouvoir les accueillir. Elles sont conduites avec le souci de maintenir « les formes et l’ordonnance primitive, ainsi que la similitude dans le genre de construction et l’assemblage des matériaux ».

Une caserne (actuel bâtiment d’accueil) est aménagée dans la cour du dehors ; tous les bâtiments monastiques sont transformés en dortoirs, ateliers et espaces communs ; de nouveaux bâtiments sont construits (à l’emplacement actuel des jardins et au chevet de l’abbatiale par exemple) pour augmenter les surfaces d’occupation des lieux.

Travail et réclusion

Les premiers prisonniers, hommes, femmes et enfants, arrivent en 1814 ( Ouverture, le 3 août). La centrale de Fontevraud en a accueilli jusqu’à 2000, et elle est réputée la « plus dure de France après Clairvaux ». Les détenus y travaillent dans des ateliers de serrurerie, de tissanderie, de rempaillage de chaises, de taille de boutons de nacre…

Pour les prévenus de droit commun, comme pour les prisonniers politiques, les conditions de vie y sont particulièrement rudes, avec une mortalité d’un prisonnier sur sept. Au 20e siècle, Fontevraud a notamment accueilli entre ses murs des résistants, dont certains ont été fusillés.

La vie des prisonniers fait un écho sombre à la celle des moniales, ritualisée, rythmée par le travail, cernée par le silence et la réclusion. Ils ont laissé sur les murs gravures et graffitis pour exprimer leur désespoir, leur solitude, leur colère…

La vie pénitentiaire est aussi émaillée de tentatives d’évasion célèbres dont la presse a gardé la mémoire et qui ont fait une grande partie de la réputation de la prison de Fontevraud.

Début de la restauration

Paradoxalement, pendant ces années sombres, le site se restaure et se visite partiellement. Classée sur la première liste des monuments historiques par Prosper Mérimée en 1840, l’Abbaye de Fontevraud voit débuter dès la fin du 19e siècle de vastes campagnes de restauration, dont celle de l’église abbatiale sous la conduite de l’architecte Lucien Magne.

Le 1 er juillet 1963, la prison ferme ses portes et la restauration prend une ampleur jusqu’alors unique en Europe. L’ouverture totale au public a lieu en 1985  après que le dernier  détenu ait  quitté les lieux en septembre.

http://www.abbayedefontevraud.com/histoire/cite-penitentiaire/transformation-de-labbaye-en-prison

 

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Classé dans * Commémoration fontevriste, Département 49 (d) Abbaye-Bagne de Fontevraud-L’Abbaye

-R- CAMPAGNES DE RESTAURATION DE l’ABBAYE ROYALE DE FONTEVRAUD.

1840-1860 :  Le service des monuments historiques sollicité par Prosper Mérimée  et  certains archéologues  commença les restaurations du Grand Moûtier  classé en 1840 ( Pierres de base de l’abside et des croisillons).                                                                                                                                                                      1860-1900 : D’importants  travaux  furent entrepris afin de restaurer le grand  cloître, la Salle  capitulaire, puis le Réfectoire .                                                                                                                                                                 1900-1910 : L’architecte Lucien Magne (1849-1916)  http://elec.enc.sorbonne.fr/architectes/344                                                                             reçut la direction des chantiers. Il s’occupa principalement  de la cuisine à laquelle il ajouta malencontreusement des clochetons et de l’église abbatiale  dans laquelle il supprima des planchers, dégagea des baies, refit  les coupoles  et certaines sculptures.                                                                                            1911-1962 : Le quartier Saint- Benoît fut classé monument historique en 1909 et remis en état en 1913. On dalla la nef de cette chapelle en 1930. Puis en 1936 on couvrit l’aile Ouest du cloître du Grand Moûtier et on reconstruisit la lucarne du trottoir. En 1941 on restaura  également  le pigon  du croisillon sud.                                                                     1963-1974 : La  prison (maison centrale)  ayant été supprimée, de très  gros travaux  furent  engagés afin d’éliminer les aménagements  de l’époque pénitentiaire.                                                                                                1975-1983. Le centre  culturel de l’Ouest dont le siège fut fixé à l’abbaye en 1975 entreprit une nouvelle campagne de restauration  dont le coùt s’éleva à 14 553 00 Francs.

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-C-CUISINES DE L’ABBAYE ROYALE NOTRE-DAME DE FONTEVRAUD

A l’extrémité  du réfectoire du Grand-Moûtier s’élève un curieux bâtiment  qui, autrefois  suscita de nombreuses hypothèses: on y vit le repaire  du bandit Evrault,  une chapelle  funéraire et en fin Prosper Mérimée pensa  qu’il s’agissait  d’un baptistère du XII e . Ce fut un archéologue anglais qui trouva la  solution en reconnaissant là une cuisine romane. Au XII e  siècle, il existait une  dizaine de telles  constructions  dans les abbayes  bénedictines  situées dans le bassin de la Loire moyenne,  mais  celle de Fontevraud  est une des rares parvenues jusqu’à nous.

Bâtie  grâce à un don d’Henri II Plantagenêt entre 1144 et 1189, cette vaste  cuisine  circulaire en pierre appareillée, comprenant  cinq  fours et  vingt  cheminées  était nécessaire afin de nourrir  les cinq cent personnes résidant  au monastère au XII e siècle, consommant  des  viandes  et des  poissons fumés.

A l’origine, sans doute pour  éviter des risques d’incendie, la  cuisine était indépendante. isolée  à l’ouest du refectoire. Au XVI e, elle fut  désaffectée  à cause de la  construction  de nouvelles cuisines . Celles-ci élevées dans le prolongement  du réfectoires se  rattachérent  aux  cuisines romanes en entraînant  la suppression de deux alvéoles  qui manquent toujours aujourd’hui.

S’agissant de la cuisine romane,  sa technique de construction  est  remarquable, seules des formes simples ont été utilisées afin de réaliser  ce  chef d’oeuvre  d’architecture  fonctionnelle. Les parties hautes sont  recouvertes d’écailles, selon une  habitude typiquement angevine. . Les huit absides  initiales  correspondaient aux  foyers. Sa qualité de  construction est égale à l’ensemble de l’abbaye

De l’octogone de  base où sont  disposés les foyers, on passe à un volume carré  défini par quatre grands arcs  et limité aux angles par  quatre trompes servant d’appui à la pyramide  à nouveau de  forme octogonale. Au sommet, sont ordonnés  géométriquement  les conduits d’évacuation de la fumée autour du  conduit central. En 1902, Lucien Magne  chargé de « restaurer » l’édifice, prit la  liberté d’ajouter des clochetons  de style  byzantin .

Dans cette ancienne cuisine  à l’excellente acoustique peuvent être  donnés des  concerts de musique de chambre.

Marie-Christine GRAVE-du-BOURG

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