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-M-L’abbaye de Fontevraud et son musée éphémère

Entretien de Philippe  Ifri avec Sylvie Marie-Scipion, directrice du cabinet in situ-muséo

Pour restituer aux publics, l’histoire de l’abbaye de Fontevraud, tour à tour lieu de culte, prison et centre culturel, le choix s’est porté sur un dispositif muséographique en mouvement et en transformation, un musée éphémère qui propose différentes lectures architecturales de l’espace organisées autour de composantes mêlant l’histoire, les sciences et les arts.

Sylvie Marie-Scipion : Lorsque Éric Verrier et moi-même avons été missionnés par le comité scientifique du Centre Culturel de l’Ouest (abbaye de Fontevraud) pour réfléchir à un projet de mise en valeur du site pour les dix ans à venir, la faisabilité d’un musée « classique » ou d’un centre d’interprétation n’était pas envisagée. Le programme de réhabilitation engagé sur le bâti est lourd et échelonné dans le temps, sur plusieurs décennies. Ce chantier, qui déploie une énergie importante en termes humains et de ressources, s’accompagne donc d’une image de transformation. Ce contexte induit l’idée du laboratoire d’idées. Concrétiser un projet muséographique avant la fin de la restauration du monument est important pour la vie du site, notamment toute la démarche de médiation sur les aspects historiques en direction des publics. La conception de nouveaux outils de rencontre avec les visiteurs s’imposait auprès des 350 000 visiteurs qui passent ici chaque année. Apporter des clés de lecture historiques est aussi un élément incontournable. Notre réflexion de départ a été de partir concrètement du lieu et de ses contenus pour répondre à la question suivante : « Quel sens veut-on ou peut-on donner à ce lieu unique aujourd’hui ? ».

Fontevraud est un perpétuel chantier. Depuis sa création, de très nombreuses phases de construction, puis de restructurations successives ont été identifiées. Sa fonction d’origine a, elle aussi, été modifiée pour une transformation radicale, celle d’abbaye en prison après la Révolution française. La forme « chantier permanent » est partie de la réponse pour Fontevraud. Aujourd’hui encore, il donne un visage particulier au lieu : mobilisation de savoir-faire issus de tous les corps de métiers, travaux physiques difficiles, changements et transformations lents qui se mesurent avec le temps. Dans ce contexte, le projet de valorisation doit donc rester modeste.

Le principe de l’exposition temporaire percute (NDLRB : ?)  l’idée du musée qualifié ici d’éphémère, pourriez-vous expliquer cette dénomination ?

La forme du paradoxe musée/éphémère permet de signaler aux visiteurs qu’ils vont prendre connaissance d’un état de la réflexion à un moment donné, en 2010. En choisissant une démarche de laboratoire, cela signifie aussi, qu’il n’y a pas une vision arrêtée de l’histoire. Ce lieu doit réaffirmer ses métamorphoses, ses fonctions et ses modes de relation avec la société : c’est tout un ensemble qui est donné à voir.

Dès 1840, l’abbatiale et le Grand-Moûtier sont classés au titre des Monuments Historiques. Depuis, Fontevraud a connu des phases de restauration importantes s’accompagnant de partis pris architecturaux. En optant pour le mode de l’éphémère, la temporalité des interprétations est soulignée. La pluralité des discours dit le paradoxe d’une part, d’un propos finalisé qui décrirait l’histoire du lieu du début à la fin et d’autre part, de celui qui assume progressions et remises en question (NDLRB : ?)  . La lecture proposée à travers différents portraits historiques ayant appartenu à des strates différentes de l’histoire de l’abbaye apporte la pluralité des points de vue confortés par chaque historien spécialiste d’une période ou d’un thème. Les portraits apportent au lieu des visages multiples.

La volonté de recréer des espaces de visite dans le monument n’est-elle pas en contradiction entre la création d’un dispositif muséographique construit dans un lieu qui suscite la rêverie et les méditations ?

5 La pratique du lieu se caractérise sous deux formes, le plein et le vide. Le plein est matérialisé par l’architecture et le vide se redessine par les cheminements multiples au travers des bâtiments. Les vides questionnent les espacesNDLRB : ?) . Dans ce projet, l’espace n’est pas considéré comme un volume à remplir, ni à agencer, encore moins à cloisonner. Il s’organise grâce à des composants mêlant histoire, sciences et arts. Les lectures architecturales proposées se font au travers d’une écriture aux confins de toutes les sciences (histoire des idées et de l’écriture, théologie, politique…) et des techniques architecturales.

Le projet est une mise en valeur du vide afin de le rendre visible. Il ne cherche pas à meubler mais à mettre en relief tout ce qui se joue dans les vides. C’est précisément dans ces vides, que se développe la rêverie (NDLRB : ?)  et que s’instaure un rapport de dialogue entre les visiteurs, le lieu et la scénographie.

Le projet se construit par étapes, le discours scientifique se tisse au fil des rencontres avec les historiens. Il prend corps dans un espace limité. Il propose une interprétation historique à partir des matériaux historiques validés aujourd’hui. Le projet assume l’idée que ces discours pourront évoluer. C’est pourquoi, un dispositif non permanent, limité dans le temps a été mis en place. Chaque module présente un portrait d’un personnage ayant un lien avec l’histoire de l’abbaye. C’est un parti pris. L’éphémère est ici didactique, le dispositif est poétique.

Votre approche semble modéliser une démarche adaptée pour chaque module, comment s’est déterminée l’implantation des différents lieux d’exposition ?

8 Comment ne pas redire tout ce qui a déjà été dit sur l’histoire de l’abbaye et comment dire tout ce que ce lieu peut encore recouvrir de non révélé ? Que doit transmettre l’exposition ? Une vérité, un prisme de connaissances croisées ? Ou bien fallait-il rendre compte d’un état de la connaissance à un moment précis de l’histoire du monument alors que les recherches nous réapprennent à le redécouvrir ?

9 Pour réponse, nous nous sommes installés dans le champ de l’expérimentation. Très vite, il a alors fallu déterminer les lieux d’installation, proposer une trame simple pouvant faire référence pour chaque module, définir le niveau de restitution en phase avec le lieu. Il y avait nécessité à coller, d’une part, à l’immédiateté de la demande et d’autre part au respect dû à l’histoire dans sa complexité et la durée.

10 D’emblée le caractère éclaté du dispositif s’impose à nous, dans le temps et dans les espaces. C’est le postulat de départ sans être une contrainte. Le parti pris muséographique se construit alors à partir de notre propre expérience du lieu. S’ensuit un long travail d’étude et d’immersion dans l’espace. Nos pas se mêlent avec ceux des visiteurs. Puis nous explorons de nouveaux cheminements. Nous prenons le temps d’observer les visiteurs dans leurs postures, leurs stations, leurs rythmes. Notre connaissance du lieu commence à s’affiner. Composer avec les vides, subvenir à l’absence d’archives et interroger les grands espaces architecturaux nous obligent à regarder autrement le lieu. Les cheminements de visite nous amènent à produire un langage parallèle. De nouveaux espaces oubliés ou inexploités s’imposent. De nouvelles perspectives s’ajoutent. Du coup, s’est posée à nous la question de la fonctionnalité des cloîtres, allées, cellules, chapelle, réfectoire, selliers, de leur origine et de leur légitimité à l’échelle du site.

11 Dès ce moment, notre trame commence à se dessiner à partir de ces matériaux rudimentaires. La trame est autant spatiale que narrative. Les liens se tissent entre les différents modules historiques retraçant les portraits de six personnages appartenant à l’histoire de l’abbaye. Depuis son fondateur, Robert d’Arbrissel, jusqu’à son histoire carcérale récente au travers des textes de Jean Genet. Chaque séquence est autonome. Pourtant, un langage commun se met en forme progressivement. Il se construit au moment du lancement de l’opération, se déconstruit, puis se reconstruit – successivement et simultanément – lorsque le contenu s’affirme. Les installations investissent des lieux différemment de l’intérieur et des extérieurs. Tous convergent vers un même espace : la salle du Trésor. Chaque dispositif devient alors le théâtre d’un fait, d’une action, d’une portion de vie en lien avec un portrait des différents personnages présentés. Chaque personnage évoque une strate de l’histoire de l’abbaye, et avec lui une période historique et une histoire intime.

12 L’exposition s’écrit et continue de s’écrire au fur et à mesure des installations. Chaque inauguration convoque la précédente. Chaque atelier est une rencontre avec un historien. Chaque portrait s’installe dans un nouvel espace ignoré des flux de visiteurs. Chaque espace est un personnage, une histoire. Nous avançons progressivement et tenons compte des aléas. Nous ne connaissons pas la forme finale du projet. C’est un atelier en mouvement. C’est une expérience expographique.

Le fil rouge se comprend à deux niveaux – les portraits et l’abbaye –, comment se reconstruit cette double perception des lieux  ?

13 Une des particularités du musée éphémère réside dans son caractère doublement problématique de la perception de son objet-sujet. D’une part, sa fonction originelle, ses périodes historiques, ses relations spécifiques avec la société, douloureuses et passionnées entre le pouvoir royal puis avec l’institution judiciaire. D’autre part, l’image du monument et la perception que l’institution en a donné et nous en donne aujourd’hui. Classée Monument Historique, l’abbaye de Fontevraud est encore une prison jusqu’en 1963 mais une quarantaine de détenus y sont maintenus pour assurer les travaux de restauration jusqu’en 1985. Les cartes postales, envoyées depuis la région de Saumur, laissent voir un lieu spirituel ignorant la prison sauf à de rares exceptions. La carte postale écrite et envoyée par Jean Genet à son éditeur Barbezat évoque ce trouble d’image.

14 Le principe scénographique du premier module joue avec cette confusion : la carte manuscrite est placée, en transparence d’une fenêtre donnant sur la cour intérieure, et au coeur d’un panneau opaque présentant une multiplicité de cartes postales d’anonymes. Niée par le photographe, la prison est absente du regard. Pourtant plusieurs centaines d’hommes emprisonnés l’habitent.

15 Le second module raconte la fondation de l’abbaye. Le parti pris muséographique joue, lui aussi, avec cette double perception. Un immense cadre métallique surplombant une maquette géomorphologique de la fondation de l’abbaye oriente le regard du visiteur vers le chevet de l’abbatiale. L’immense carte postale raconte la présence des moniales au fil des siècles puisque le cimetière a ici disparu. Le parcours extérieur, installé sur une butte, sans doute un ancien remblai, embrasse l’ensemble du site et offre une vision d’ensemble parallèle à celle de la maquette. Les éléments paysagers se lisent au travers des panneaux décrivant un cercle récréant un espace construit imaginaire.

16 Enfin, le troisième module retraçant le fabuleux destin d’Aliénor d’Aquitaine instaure cette double perception en ménageant une perspective vers les gisants depuis l’entrée sur l’abbatiale, du haut de l’escalier en pierres taillées. Un axe dispose les différents « tapis » vers les cénotaphes. Chacun ranime les lumières des vitraux se reflétant sur le dallage de l’abbatiale. Les grands tapis colorés inventent une nouvelle perception du volume tout en respectant les postures et circulations des visiteurs qui traversent l’abbatiale jusqu’au transept en pointant le regard vers les voûtes tout en se dirigeant vers les gisants. Le dispositif ne perturbe pas la déambulation du visiteur. Il s’inscrit au plus près de ses pas. Une forme d’expérimentation de la visite, à partir des visiteurs.

  Les trois premiers modules ont été menés sous les directions scientifiques respectives de Jacques Dalarun, Philippe Artières et Martin Aurell. Pour le module Jean Genet : Philippe Artières, historien et anthropologue de l’écriture ; pour le module Robert d’Arbrissel : Jacques Dalarun, directeur de recherche à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (CNRS) ; pour le module Aliénor d’Aquitaine : Martin Aurell, professeur d’Histoire du Moyen-Âge à l’université de Poitiers

Et la salle du Trésor ?

17 La trame et la circulation d’un espace à l’autre est le fil rouge qui emboîte le pas du visiteur. La salle du Trésor, point de convergences et de rencontres, invite les visiteurs à entrer dans un espace plongé dans la pénombre, silencieux. Sur le sol au quadrillage noir et blanc, quelques objets « soclés » s’imposent aux visiteurs. Une mise en scène épurée, un éclairage minimaliste conçu par le scénographe Éric Verrier soulignent avec rigueur la dimension monacale du lieu. Pour chaque inauguration, de nouveaux objets sont installés, issus de leurs réserves respectives. Leur installation, par strates successives d’histoire, recrée un rituel contemporain .

Comment se conçoit la présentation des objets dans le projet ?

18 Le projet s’élabore et se construit à partir du fil rouge que sont les portraits de personnages. Le projet ne tourne pas autour des objets mais à l’intérieur même d’un ensemble architectural remarquable. Les objets ne sont pas au cœur du dispositif mais ils y prennent une place particulière, au point de rencontre et de convergence des différents cheminements proposés. Le projet relève plus de la captation d’objets que de la présentation d’une collection. La sélection des objets s’opère en fonction d’une grille stricte de sélection. Trois objets par portrait obligent à une grande rigueur.

Le caractère précieux des objets apparaît fortement dans le dispositif de la salle du Trésor, que recouvre-t-il ?

19 Partant de l’idée que ce lieu est un réservoir de questionnements mais aussi, de désirs et d’expressions, la re-création d’une salle du Trésor est intéressante ; elle s’impose presque d’elle-même. Au sein d’une abbaye, un trésor a un sens liturgique. Il envoûte. Tout en resserrant les liens invisibles entre les éléments matériels, il canalise les pas des visiteurs. Il oblige à une posture de regardeur.

20 À Fontevraud, il n’y a pas de trésor comme celui de Conques. Pour autant, les différents cheminements des visiteurs se croisent et convergent vers le cloître et les salles qui l’entourent. La muséographie du projet conforte ces circulations qui ramènent les visiteurs vers la salle de l’ancien chauffoir. Le choix des trois objets permet la construction d’une trame serrée. Le caractère précieux de l’objet construit un corpus raisonné pour le musée éphémère. Les critères sont remis en jeu pour chaque module. Ce sont de petits objets insignifiants à nos yeux mais chers à leur propriétaire, tels, un minuscule poignard sculpté dans un débris de nacre et probablement réalisé en cachette par un prisonnier, un jeu de carte dessiné et peint par un détenu et retrouvé dissimulé entre les lattes du parquet, un cahier de chants pour les enfants. Mais ce sont aussi des objets rares ou uniques : le tau de Robert d’Arbrissel ou la Charte d’Aliénor d’Aquitaine.

Comment le musée éphémère s’adresse-t-il au visiteur ? En quoi est-il destiné au grand public ?

21 Le projet s’adresse à un large public parce qu’il raconte tout simplement l’histoire de l’abbaye au travers de personnages historiques. Ils sont autant de repères dans le temps pour parcourir 900 ans d’histoire. Ces figures sont toutes des personnalités fortes de l’histoire de l’Abbaye. Robert d’Arbrissel est le fondateur de l’abbaye de Fontevraud. Aliénor d’Aquitaine qui vécut un destin hors du commun y fit installer son gisant. Jean Genet fait de l’abbaye-prison, son personnage principal dans Miracle de la Rose. Pour expliquer les temps forts de cette abbaye confiée à des femmes, trois autres personnages ont été retenus : Marie de Bretagne, NDLRB : 25 éme Abbesse)  mère abbesse y introduit une nouvelle règle, Gabrielle de Rochechouart, femme de lettres (NDLRB : 32 éme  Abbesse !) fait venir ici tous les intellectuels de son époque et enfin Julie d’Antin est la dernière moniale (NDLRB : ? Moniale  -Sic-  il s’agit en fait de la 36 éme  Abbesse)   à quitter les lieux sous les feux de la Révolution française.

Aujourd’hui, un 3e dispositif muséographique est proposé aux visiteurs, comment s’organise l’évolution entre l’attente d’un projet initialement imaginé et les formes de son évolution ?

22 Nous n’avons aucune idée prédéfinie du résultat, seulement l’envie d’échafauder un travail en équipe, mêlant expériences et compétences complémentaires. L’installation des nouveaux modules valorise les précédents. Le sens se construit. C’est un chantier à taille humaine qui se dévoile au fur et à mesure de son avancement. Le calendrier s’adapte aussi à l’évolution du projet. La réflexion initiale a été lancée en 2008 et trois modules sont aujourd’hui installés. Les trois suivants feront partie du process mais nous n’en connaissons encore aucune orientation. Une fois installé, l’ensemble du dispositif aura une durée de vie indéterminée. Il est éphémère.

Philippe Ifri, « L’abbaye de Fontevraud et son musée éphémère », La Lettre de l’OCIM [En ligne], 133 | 2011, mis en ligne le 27 janvier 2011, consulté le 14 avril 2014. URL : http://ocim.revues.org/654 ; DOI : 10.4000/ocim.654

 

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-J- La journée d’un prisonnier dans la prison-manufacture de Fontevraud

La vie des détenus était rythmée au son des cloches et de leurs travaux quotidiens. Ces tâches constituées entre autre à : tisser le chanvre, fabriquer des chaises, fabriquer des boutons de nacres.

La journée d’un prisonnier d’organisé de cette façon :

6h40 : sonnerie de la cloche pénitentiaire

7h00 : levée des prisonniers

7h27 : descente au réfectoire pour le petit déjeuner

7h45 : première cigarette et début du travail dans les ateliers

11h30 : repas du midi qui était constitué d’une soupe, de choux, de fromage, et de pomme

12h30 : deuxième cigarette

13h45 : reprise du travail aux ateliers

17h30 : arrêt du travail

18h00 : diner

18h30 : troisième et dernière cigarette

19h25 : retour dans les cellules

22h00 : Extinction des feux

Tiré de l’ouvrage : L’ Abbaye de Fontevraud, la plus grande Abbaye d’Europe de Chantal Colleu-Dumond.

Retrouvez une analyse plus complête  grâce au lien ci-dessous :

http://patrimoinecarceral.blogspot.fr/2010/11/labbaye-de-fontevraud.html

 

 

travail

18h00 : diner

18h30 : troisième et dernière cigarette

19h25 : retour dans les cellules

22h00 : Extinction des feux

 

Tiré de l’ouvrage L’ Abbaye de Fontevraud, la plus grande Abbaye d’Europe de Chantal Colleu-Dumond.

 

Retrouvez une analyse plus complête  grâce au lien ci-dessous :

http://patrimoinecarceral.blogspot.fr/2010/11/labbaye-de-fontevraud.html

 

 

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-C- La centrale de Fontevrault dans la bibliographie de l’histoire de la justice française

Bibliographie de l’histoire de la justice française (1789-2011)

– Boizeau (Léandre). La traque : la triple évasion de Fontevrault, Châteauroux, la Bouinotte éd., 2002, 151 p.
– Breton (Louis). Mes bagnes de la Loire au Danube : Orléans-Fontevraud-Mauthausen, Orléans, chez l’auteur, Impr. L.-V., 1986, 232 p.
– Cardot (Michel). Être prisonnier à Fontevraud à la fin du XIXe siècle, Service éducatif des archives départementales du Maine-et-Loire, 1979, 27 p.
– Chédaille (Jean). Fontevraud de toutes les pénitences : histoire d’une prison de 1804 à 1963, Saintes, les Chemins de la mémoire éd., 2003, 148 p.
– Dufay (François). Fontevraud, de l’abbaye à la prison, L’Histoire, 2004, n° 286, p. 77-83.
– Enguehard (H.). Fontevraud, les dernières années du pénitencier, Mémoires de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts d’Angers, 1981-1982, p. 235-240.
– Foare (Albert). Internés à Fontevraud natifs de la Sarthe du 01.08.1814 au 18.10.1816, Le Bordager. Bulletin trimestriel du Cercle généalogique Maine et Perche, 1999, n° 54, p. 21-25.
– Foare (Albert). Maison centrale de détention de Fontevraud (Maine-et-Loire). Registre d’écrou n° 1. Du 01.08.1814 au 18.10.1816, Le Bordager. Bulletin trimestriel du cercle généalogique Maine et Perche, 2000, n° 55, p. 5-10.
– Foare (Albert). Notes et documents. Détenus cantaliens à Fontevraud, Revue de la Haute-Auvergne, 1999, 100e année, tome 61, octobre-décembre, p. 509.
– Giraud-Labalte (Claire). D’une clôture à l’autre : l’abbaye de Fontevraud devient prison, 303. Pays de la Loire, recherches et créations, 2000, n° 67, p. 51-59.
– Giraud-Labalte (Claire). Fontevraud au XIXe siècle : une prison dans une abbaye, 303. Pays de la Loire, recherches et créations, 1984, n° 0, p. 8-25.
– Giraud-Labalte (Claire). Iconographie de l’ancienne abbaye de Fontevraud, Paris, Ministère de la Culture, 1981, 281 p.
– Goiffon (Jean-Yves). La Maison centrale de Fontevrault sous le Second Empire, mémoire de maîtrise, Histoire, Angers, 1992, dact.
– Gringore (Julie). Les débuts de la libération conditionnelle à la maison centrale de Fontevraud (1885-1911), mémoire de maîtrise, Histoire, Angers, 2000, dact., 150 f°.
– Héron (Pierre-Marie). Jean Genet et Fontevraud [Maine-et-Loire] : une mythologie à usage privé, Fontevraud, 1992, n° 1, p. 33-44.
– Lopes (Anna). Femmes détenues à la maison centrale de Fontevrault (1814-1850), mémoire de maîtrise, Histoire, Angers, 1998, dact., VII-176 f°.
– Mayaud (Xavier). 206 légitimistes emprisonnés à Fontevrault, Savoir. Bulletin de l’Association Vendée militaire-Louis XVII, 1995, n° 34, p. 29-55.
– Mayaud (Xavier). Deux cents six légitimistes emprisonnés à Fontevraud de 1834 à 1840, Société des lettres, sciences et arts du Saumurois, 1998, 89e année, n° 147 bis, p. 97-130.
–  Niget (David). De Fontevraud à Saint-Hilaire, itinéraire des enfants coupables au XIXe siècle, Fontevraud. Histoire. Archéologie, n° 3, 1996, p. 75-92.
– Ostenc (Michel). Les enfants détenus à la maison centrale de Fontevrault au XIXe siècle, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1985, tome 92, n° 1, p. 63-77; 1986, p. 327-346.
– Pegis (Olivier). La vie quotidienne des prisonniers à la Centrale de Fontevrault (1814-1885), mémoire de maîtrise, Histoire, Angers, 1990, dact., 232 f°.
– Petit (Jacques-Guy), Dassé (M.). Les prisonniers de Fontevraud de 1812 à 1862 : enquête et dénombrement, communication au Colloque international d’histoire pénitentiaire, Fontevraud, 24-26 septembre 1982, dact., 66 p.
– Petit (Jacques-Guy). Des détenus par milliers, Fontevraud, n° spécial de Notre Histoire, n° 41, juin 1991, p. 42-46.
– Petit (Jacques-Guy). Fontevraud, prison centrale, 1804-1963, L’Abbaye royale de Fontevraud, Fontevraud, 1984, p. 27-32.
– Petit (Jacques-Guy). Les débuts de la manufacture carcérale de Fontevraud (1793-1845), in Les industries textiles dans l’Ouest, XVIIIe-XXe siècles, Colloque régional organisé par les Amis du musée du Textile choletais, Cholet, 16-18 novembre 1989, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1990, tome 97, n° 3, p. 329-342.
– Poitevin (Roger). Abbaye-Bagne de Fontevraud 1940-1944, des Résistants dans une ancienne Abbaye, Éditions AFMD, 2009, 230 p.
– Quinton (M.). La maison centrale de Fontevrault au XIXe siècle, mémoire de maîtrise, Histoire, Angers, 1981, dact.
– Rigault (Antony). Les directeurs de la maison centrale de Fontevraud, mémoire de maîtrise, Histoire, Angers, 2001, dact.
– Sacheau (Florence). Étude de la vie quotidienne des détenus politiques de la centrale de Fontevrault de 1940 à 1963 ou la question d’une éventuelle détermination géosociologique, mémoire de D.E.A., Histoire, Angers, 2001, dact., 99 f°.
– Sache (Marc). Justices seigneuriales et justices de paix : le juge de paix de Fontevrault, La Province d’Anjou, tome VII, 1932, p. 163-165.

http://criminocorpus.cnrs.fr/bibliographie/recherche/?lieu=Fontevraud

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-T- TEMOIGNAGE SUR LA VIE DE LA PRISON CENTRALE DE FONTEVRAULT (1945-1946)

Fonds ( d’archives) Robert Aron

Grégory Cingal

Nanterre

BDIC 2004

P. 8 :

1 à 16. – Sources sur l’histoire de l’épuration :

16. – Documentation diverse sur l’épuration :

16/2. – Dossier « Vie en prison » : témoignage anonyme d’une infirmière de Thiers (septembre 1963) sur les conditions d’internement en août 1944 ; note sur la prison centrale de Font(e)vrault (décembre 1945-mars 1946) ; témoignage de Madame Régis-Leroy sur les femmes dans les prisons de Rennes, Paris et Fresnes.

http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=Calames-201071316743960106

http://www.123people.fr/ext/frm?ti=person%20finder&search_term=leroy%20régis&search_country=FR&st=person%20finder&target_url=aHR0cDovL3d3dy5iZGljLmZyL3BkZi9hcm9uLnBkZg%3D%3D&section=document&wrt_id=274

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-G- GRAND MOUTIER où Moûtier Sainte-Marie

L’ensemble  conventuel du Grand-Moûtier est  composé de l’église abbatiale, du cloître Sainte-Marie, du Réfectoire, de la salle Capitulaire, du dortoir, du noviciat, des cuisines.

Du XII e siècle, il ne reste plus que l’église abbatiale et la cuisine romane, tout le reste a été rebâti au XVI e siècle par les abbesses  de  la  famille de Bourbon puis remanié  à l’époque du Pénitencier .

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HISTOIRE ET ENERGIE à l’Abbaye royale de Fontevraud : le retour au bois

Dès le XIIe siècle, les ressources naturelles déterminent le choix du site pour l’implantation de la communauté religieuse.

La fontaine d’Evraud alimente la communauté en eau et donne son nom au lieu. Des carrières de tuffeau fournissent le matériau nécessaire à la construction des bâtiments.

La forêt environnante permet l’approvisionnement en bois pour les constructions (les charpentes, les menuiseries, les planchers, les cloisons, les parquets ou encore les lambris et les escaliers) et pour le chauffage.

http://www.abbayedefontevraud.com/fontevraud-cite-durable/histoire-et-energie-a-fontevraud

Une grande chaufferie à bois réchauffera bientôt la magnifique abbaye de Fontevraud

Située dans la région de Maine-et-Loire, cette abbaye bénédictine classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est en pleine rénovation depuis janvier 2012. Une nouvelle chaufferie au  bois  doit apparaitre sur le site monastique en autonome, suite au programme d’efficacité énergétique de la région. L’installation de ce nouvel appareil de chauffage, placé dans le grand bâtiment en partie enterré, est censée diminuer sérieusement la consommation d’énergie de l’abbaye et réduire ses émissions polluantes de CO2.  Alimentée en granulés de bois, fournis par la région, cette chaudière peut rester totalement autonome pendant 21 jours, ce qui est pratique pendant la période de grand froid hivernal.  Selon David Martin, le directeur général délégué de l’abbaye, Fontevraud a déjà effectué plusieurs opérations dans le cadre du programme d’amélioration de l’efficacité énergétique et ne cessera de faire de nouveaux pas vers l’environnement.

http://www.se-chauffer-au-bois.com/blog/abbaye-de-fontevraud-se-convertit-au-bois/

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-P- PROMENADES DE L’HISTOIRE en octobre 2012. VISITES CONFERENCES EN L’ABBAYE ROYALE.

NDLRB. Nous avons trop souvent regretté que les animations prenant place au sein de l’Abbaye  royale soient sans rapport – aucun- avec  que  ce  qui a fait  sa spécificité et sa grandeur  ainsi que   celle de l’Ordre issue  d’elle, à  savoir sa  vocation monastique, pour ne pas nous réjouir du thème des trois  visites-conférences ci-dessous .

Les visites conférences de l’automne

Venez cheminer dans Fontevraud et son histoire en compagnie d’un historien ou d’un archéologue, d’un historien de l’art ou d’un spécialiste de la restauration des monuments historiques en participant aux « Promenades de l’Histoire » de l’automne 2012 à l’Abbaye.

« La règle et l’architecture » avec Michel Melot

Samedi 13 octobre à 11h

L’architecture est l’art d’imaginer, de concevoir et de réaliser des édifices, parfois avec une pensée philosophique et/ou religieuse. Michel Melot, archiviste et historien d’art français, propose un décryptage du plan et de l’architecture de l’Abbaye en suivant la Règle de la Réforme de Fontevraud au XVIIe siècle.

« Plantes et jardins au Moyen âge » avec Michel Cambornac

Samedi 20 octobre à 11 h

Michel Cambornac, ethnobotanistes, vous emmène dans les jardins de Fontevraud pour se pencher sur les rapports des hommes avec le monde végétal, source d’aliments et de plantes médicinales. Il vous expliquera comment la reconstitution des jardins s’est faite d’après le Capitulaire de Villis (ou de Charlemagne), le Physica d’Hildegarde de Bingen et le plan du monastère de St Gall en Suisse.

« L’administration pénitentiaire depuis la Révolution française »
avec Jack Garçon et Jean-François Alonzo.

Samedi 27 octobre à 11 h

Cette promenade de l’histoire abordera l’évolution de l’administration pénitentiaire et de la justice pénale depuis la Révolution française. Elle se déroulera en deux temps : conférence en salle puis déambulation dans les espaces pénitentiaires encore visibles (cages à poules, cachots…).

Avantage Pass Fontevraud

Les 10 premiers inscrits bénéficient de la gratuité des promenades.

http://www.abbayedefontevraud.com/visite/visites-conference/les-promenades-de-l-histoire?utm_source=Promenades-histoire-automne-2012&utm_medium=email&utm_campaign=Promenades-histoire-automne-2012

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-M- DE FONTEVRAUD A METTRAY, la naissance d’une colonie pénitentiaire.

« 22 janvier 1840. 10 heures du soir. Par une belle nuit d’hiver, deux voitures, celle deMonsieur de Courteilles et une autre de location, quittaient Fontevraud pour prendre la route menant à Mettray. Le matin même, à trois heures, M. Demetz, fondateur de la colonie, M. de Courteilles, donateur des terrains, et M. Blanchard, jeune moniteur qui sera trente ans plus tard maire de Mettray, avaient quitté cette commune et étaient arrivés à midi à Fontevraud. Là, sous le préau de la maison centrale, M. Demetz avait choisi huit détenus qui devaient former le noyau de la colonie naissant. M. Hello, directeur de la maison centrale, offrit à tout le monde un dîner à l’hôtel de la Place, et les jeunes garçons ne furent pas les derniers étonnés de se voir libres et admis à la table de tous ces honorables messieurs. Puis on se mit en route aux applaudissements de la population émue. La nuit se passa en bavardages. On changea de voiture à Azay-le-Rideau et il faisait grand jour quand on arriva à Tours pour être reçu par M. Béranger, poète et chansonnier célèbre. A dix heures du matin, le 23 janvier, la caravane arrivait à la colonie où le personnel fit aux nouveaux colons une réception toute fraternelle. Après une messe dite par l’abbé Brault dans une petite chapelle, les huit garçons s’installèrent dans un pavillon nouvellement construit en bordure d’un immense chantier. »

http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/le-ministere-dans-lhistoire-10289/histoire-de-la-protection-judiciaire-de-la-jeunesse-16946.html

Les premiers colons, au nombre de huit et issus de la centrale pénitentiaire de Fontevraud, arrivent à Mettray le 22 janvier 1840. Au fronton du portail d’entrée, ils découvrent cette maxime : « Mieux vaut prévenir que réprimer »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Colonie_pénitentiaire_de_Mettray

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-ENFANTS DETENUS A LA MAISON CENTRALE DE FONTEVRAULT.

Ostenc Michel. Les enfants détenus à la maison centrale de Fontevrault au XIXe siècle. In: Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest. Tome 92, numéro 1, 1985. pp. 63-77.

doi : 10.3406/abpo.1985.3181

url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0399-0826_1985_num_92_1_3181

p. 64.  » Beaucoup de jeunes détenus appartiennent à des familles désorganisées; Les orphelins de Père et de Mère sont nombreux. La grande majorité  est orpheline de l’un des deux parents…. Certains enfants sont  déclarés de parents inconnus. D’autres de mère morte et abandonnés par leur père C’est le cas de  fils de saltimbanque nombreux dans la population pénitentiaire de Fontevrault … Un rapport de mai 1912 sur la famille d’un jeune détenu constate  qu’il est né de parents inconnus, car  nomades.  p. 65 . En 1890, une mère refuse de reprendre son enfant parce qu’elle est  veuve et sans autre ressource  que  son travail de lingère. Elle a  sa  charge, une  fille de 21 ans, infirme et un autre  garçon de  neuf ans. Elle est  secourue  par le  bureau de  bienfaisance; Elle n’est pas disposée à demander la mise  en liberté  de son fils  qui lui deviendrait une charge. Mais d’autres cas permettent de  douter  d’une règle générale en la matière.

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-F- Oeuvre de fiction. UN MOINE DE SAINT JEAN DE L’HABIT(abbaye royale), ADSO ou ADSON, un des héros de « Au nom de la rose » S’EST REFUGIE A MELK (Autriche).

Des personnages de la série des  » Julie Lantilly « 

Adso ou Adson, A 42. Moine de Saint Jean de l’Habit à Fontevraud qui se réfugie au monastère de Melk en Autriche. C’est l’un des héros du livre  » Au nom de la rose  » d’Umberto Eco.

A.42  La lettre derrière le nom renvoie au livre dans lequel le personnage apparaît et le nombre est le numéro de la page où il apparaît pour la première fois dans l’édition de chez Cheminements.

 

De l’or  sous les verrous de Fontevrault                                                        http://www.gino-blandin.com/verrous.htm

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